1er MAI C'EST LA FETE DU TRAVAIL : L’EXCEPTION IVOIRIENNE.

Publié le par thruthway

LES TRAVAILLEURS ABANDONNES. OUATTARA EN FRANCE POUR SOUTENIR SARKOZY A QUI IL DOIT TOUT.

 

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Ceux qui ont lancé l’idée de « l’exception ivoirienne » n’ont pas eu tord. Souvent, ils bonifient cette idée avec une autre expression bien ancrée dans les mœurs : « découragement n’est pas ivoirien. » Et bien, les ivoiriens doivent être forts dans la tête, ne jamais se décourager parce qu’ils en ont pour un bout.

 

Le 1er Mai, fête du travail, les travailleurs seront particulièrement malheureux et précairement orphelins. Leur chef, le Président qui les aime si bien, ne sera pas auprès d’eux pour les entendre soit rire, soit pleurer. Préférons dire pleurer car selon Lamartine : « Un seul être vous manque et tout est dépeuplé ». Le Président n’est pas n’importe qui, c’est un être SPECIAL!

 

A la veille donc de la fête du travail, notre Président à décidé d’aller fêter les travailleurs de d’autres cieux, « les vrais travailleurs » selon Sarkozy. Je ne me permettrai pas de dire comme l’homme de la haye que c’est un candidat de l’étranger. Non pas ça, il n’est pas un candidat de l’étranger. Il est le vrai candidat de la Côte d’Ivoire, le digne fils d’éburnie, celui dont le cœur bas au rythme des besoins vitaux du peuple ivoirien. Je ne ferai pas non plus comme cet hebdomadaire satirique qui parle de Magellan. Non il n’est pas Magellan c’est pourquoi, cette importante fête, il va les faire en dehors du territoire national. Nous sommes dans un monde globalisé, c’est un village planétaire, à Paris il est comme au Burkina Faso où en Pennsylvanie. Que nul ne soit choqué, étant à Paris, il recevra les travailleurs, les travailleurs Bleu Blanc Rouge.

 

Je creusais cette réflexion lorsqu’un ami mien me vit assis tout seul et vint partager ma solitude. Avant de commencer son propos, il prit la peine de préciser que le Président fuit les travailleurs ivoiriens. Tout en transe il m’égrena toutes les souffrances qu’il vivait en tant que petit salarié. Il me parla pèle mêle de son salaire qui ne pouvait pas lui permettre d’épargner, du Smig minable, de la cherté de la vie. Il termina sa douleur par cette question : « Dis-moi Alain, connais-tu un Président qui fête le 1er Mai dans un pays autre que le sien? ». Je fouillai dans mes souvenirs et ne trouvai aucun exemple. Je lui répondis « non cher ami ». Il me regarda la colère dans les yeux et rétorqua : « Tu vois, je dis que ce monsieur a peur de nos revendications, il ne veut  pas nous écouter, il ne veut pas voir l’ombre de tous les licenciés jetés dans les rues par son pouvoir…. Frère c’est du jamais vu, il se moque de notre souffrance, c’est inadmissible ». Je le regardai tout malheureux, brisé par le coup. Je tentai de chercher quelques mots pour le soulager. Je ne trouvai pas et je lâchai : «c’est l’exception ivoirienne ». Il ne jugea pas utile de continuer, se leva et parti non sans me dire au revoir.

 

Le bref échange avec l’ami me permit de mesurer la portée de l’acte posé par mon Président. En effet, le 1er Mai est un symbole qui constitue l’épine dorsale d’un Etat. Si un état tient débout, c’est parce qu’il y a une force de travail interne qui le soutien. C’est pourquoi toutes ces personnes qui œuvrent à la croissance, doivent être honorées par leur chef à cette date. Mais notre Président en a décidé autrement par amour pour les travailleurs. Houphouët Boigny, Konan Bédié, Guéhi Robert et Laurent Gbagbo aimaient peu les travailleurs, ceux là qui, au lieu d’aller en visite privé sur les bords de la seine le 1er Mai préféraient s’asseoir écouter les travailleurs ivoiriens. De Gaulle, Pompidou, Giscard d’Estaing, François Mitterrand, Jacques Chirac et Sarkozy, abandonnaient les travailleurs français à leur « Jeannot Ahoussou » pour venir se la couler douce au bord de la lagune Ebrié. Une telle attitude en Europe est un scandale. Mais sous les tropiques, le pouvoir brandit l’information avec une telle condescendance qu’elle confirme l’exception ivoirienne.

 

A la vérité, en Côte d’Ivoire les cas exceptionnels constituent la règle. Il y a des candidats exceptionnels, des présidents exceptionnels, des propriétaires fonciers exceptionnels, des usufruitiers exceptionnels, des fonctionnaires exceptionnels et même des hommes politiques exceptionnels Dorénavant, les travailleurs devront ingérer cette nouvelle donne et savoir que la précarité qui est la leur est désormais un fait divers. Le Président qui les aime tant a les oreilles posées sur leurs cœurs à 6000 lieues du territoire ivoirien.

 

Défilez donc au son de l’exception ivoirienne.

 

Que Dieu nous soutienne.


 

Les Pamphlets d’Alain Bouikalo.

bouikhalaud10@gmail.com

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