ABIDJAN / LA CHASSE A L’HOMME CONTINUE: UNE VICTIME DE LA BARBARIE DES PRO-OUATTARA TEMOIGNE…

Publié le par thruthway

Agressé après le meeting du Fpi

Gnaboto Ferdinand raconte son calvaire

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Gnaboto Ferdinand a été agressé par des militants du Rdr après le meeting du

Fpi, samedi dernier. Il raconte ici son calvaire.

 

 

Notre Voie : Vous avez été agressé, samedi dernier, à Yopougon après le meeting du Fpi. Peut-on savoir dans quelles conditions cela s’est passé ?

 

Gnaboto Ferdinand : En quittant le meeting, j’étais avec mon doyen, Billy Gballou, le secrétaire fédéral Fpi de Gagnoa. Il a pu trouver une occasion pour aller à Port-Bouët au Lavage. J’ai ensuite vu le fédéral Allou Kouamé avec qui j’ai cheminé. L’atmosphère était vraiment tendue parce que les militants du Rdr nous pourchassaient partout avec des gourdins et des machettes. J’avais enfoui ma chemise Fpi dans la poche. Nous marchions donc en faisant beaucoup attention quand nous avons encerclés par un groupe de gens à côté d’un véhicule des Frci.

 

N.V : Que s’est-il passé ensuite ?

 

G.F : Ils nous ont demandé si on venait du meeting du Fpi et ils voulaient savoir ce que j’avais dans ma poche. L’un d’entre a déchiré mon pantalon avec une lame pour récupérer la chemise que j’avais mise dans la poche pendant que les autres me maîtrisaient. « Vous venez d’une réunion pour tuer les gens, vous allez voir », nous ont-ils invectivé en me donnant des coups. J’ai reçu deux coups au bas ventre qui m’ont affaibli et je me suis écroulé. Mais avant, ils m’ont dépouillé de mes deux téléphones portables et de la somme de 20.000 fcfa que j’avais sur moi.

 

N.V : Pendant ce temps, qu’est devenu votre compagnon?

 

G.F : Je ne sais même pas ce qu’il est devenu ni ce qu’ils ont fait de lui. Je sais seulement que j’ai reçu plusieurs coups, partout avec du bois et même sur la tête. J’ai été traîné sur le bitume. J’étais vraiment mal en point.

 

N.V : Mais comment avezvous pu vous en sortir ?

 

G.F : A un certain moment, un d’entre eux est intervenu. Il s’agit d’un élément Frci en

civil. Il a dit : «Ne le tuez pas, on a assez de problèmes comme ça». Ils m’ont donc pris et m’ont déposé dans une petite infirmerie privée du coin.

 

N.V : Vous avez donc reçu les soins appropriés ?

 

G.F : Rien du tout. L’infirmier était absent. Et il n’est venu que plus d’une heure et demie après. Pendant ce temps, je saignais abondamment. Mais plus grave, l’un de mes bourreaux était resté à l’entrée de l’infirmerie m’interdisant d’appeler les responsables du Fpi. Il a donc fallu un moment d’inattention de sa part pour que quelqu’un qui s’inquiétait pour moi m’aide à appeler. C’est ainsi qu’on est venu me chercher. Mes habits ayant été complètement déchirés, c’est une âme généreuse qui m’a prêté quelques vieux habits afin que je puisse partir. Quand on est venu me chercher, l’homme qui me gardait était déjà parti et le véhicule 4x4 des Frci n’était plus là.

 

Entretien réalisé par

Augustin Kouyo

Publié dans Droit de l'homme

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