Abidjan : La construction d’une mosquée dans un établissement publique, la laïcité de l’Etat en danger…

Publié le par thruthway

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Est-ce la charte de nord qui est en marche ?

 

En tout cas pour ce qui nous est donné de voir à travers le port de voile, la construction de mosquées dans certains établissements publiques et le phénomène du « rattrapage » dans les administrations publiques ivoiriennes, la question mérite d’être posée. Bien plus lorsque nous lisons cet article publié dans le quotidien ivoirien « notre voie ».

 

 

 

La rentrée scolaire 2012-2013 au lycée classique d’Abidjan promet des lendemains tumultueux. En effet, la construction en cours d’une mosquée pour les personnels et élèves de cet établissement, risque si l’on n’y prend garde de mettre le feu aux poudres. Elle est loin de faire l’unanimité même si les personnels administratif et technique musulmans, les élèves musulmans y trouvent leur compte. De peur d’être victimes de représailles, des enseignants et des élèves d’autres confessions religieuses (évangélique, protestant, catholique...) ruminent en sourdine leur colère.

 

Dénonçant une discrimination religieuse, ils pointent du doigt le proviseur de ce lycée, M Koné Alain Victor qu’ils accusent ouvertement de faire plus de faveur aux personnels et élèves musulmans en autorisant la construction d’une mosquée. «Notre proviseur qui cherche une autre promotion, veut tout simplement faire plaisir à la ministre de l’Education nationale, parce qu’elle est musulmane. Il faut qu’il construise aussi d’autres édifices religieux parce qu’il n’y a pas que des musulmans dans ce lycée» confie G.J, un élève de Terminale qui dit être chrétien catholique.

 

Pour la plupart des enseignants non musulmans interrogés, c’est la laîcité de l’Etat qui est violée. Une grande première selon eux depuis la création de ce lycée il y a un peu plus de 50 ans. Ils sont tous d’avis que tous les élèves et le personnel de bords religieux différents peuvent prier dans des endroits précis s’ils en font la demande au chef d’établissement. Selon eux, au nom de la laïcité de l’Etat, des élèves et des agents ne peuvent pas construire une mosquée dans une école publique. «Depuis que les régimes se sont succédés jusqu’à la prise du pouvoir Ouattara, nous n’avions jamais vu ça. Les élèves non musulmans, constitués en cellules de prière, ont toujours prié dans des salles de classes, après autorisation. Les élèves musulmans en plein air. Ça n’a jamais posé de problème. D’où vient cette histoire de construire une mosquée en plein lycée public! Ca dépasse l’entendement. Je ne sais pas à quoi ça répond» lance J. D, un professeur.

 

Dépassé par cette construction, des enseignants plaident pour que la laïcité de l’Etat soit respectée dans les écoles publiques. «L’article 30 de la constitution ivoirienne du 1er août 2000 dit que la République de Côte d’Ivoire est une et indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure à tous l’égalité devant la loi, sans distinction d’origine, de race, d’ethnie, de sexe et de religion. Elle respecte toutes les croyances...» argumente F.G, un autre enseignant, également sous le sceau de l’anonymat.

 

 Le proviseur qui soutient avoir été roulé dans la farine reconnait que c’est lui qui après demande, a accordé cette autorisation. Pas dit-il pour construire une mosquée mais un petit endroit pour la prière. «Je n’ai jamais pensé qu’ils allaient construire une mosquée. Nous allons la détruire, à défaut la transformer en salle de réunion des clubs du lycée. C’est tout !» a-t-il rassuré la communauté éducative de son établissement.

 

Mais aura-t-il le courage de le faire après l’avoir autorisée ?

 

Affaire à suivre….

 

Source : Notre voie

Publié dans Actualités politiques

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