Abidjan: Présence d’un bateau de guerre français, voici ce que vous devez savoir

Publié le par thruthway

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Un bateau de guerre de l’armée française mouille en ce moment dans les eaux ivoiriennes et ce, depuis l’après midi du mardi 8 Mai. La présence de ce navire peu commun et inhabituel aux usagers du port autonome d’Abidjan inquiète les populations qui n’arrivent plus à fermer l’œil.

 

Il faut rappeler que les ivoiriens sont traumatisés par dix années de crise militaro-politique couronnée par une guerre fratricide de deux semaines qui a laissé des séquelles. Selon des confidences, la mission de cette flotte n’aurait rien de commercial. C’est d’ailleurs ce qui intrigue, d’autant plus que le pays n’est plus en conflit et la guerre est derrière nous. Et surtout, comme on pouvait s’y attendre avec un régime biberonné à l’instar de celui d’Abidjan, c’est avec l’accord des nouvelles autorités ivoiriennes. Du moins, c’est ce que révèle le communiqué de la force licorne dont nous avons reçu copie. Ainsi libellé : « En accord avec les autorités ivoiriennes, le 07 Mai 2012, le bâtiment de projection et de commandement (Bpc) Tonnerre a accosté au port d’Abidjan. La mission Corymbe est une mission de présence permanente des ramées françaises dans le golf de Guinée, en place depuis 1990. Corymbe est conduit par le bâtiment de projection et de commandement (bpc) Tonnerre qui a réalisé plusieurs entraînement et exercices amphibies avec les forces françaises pré-positionnées et avec les forces des pays riverains du golf de Guinée. Des exercices seront réalisés jusqu’au 12 Mai 2012 afin de maintenir la capacité amphibie de la force licorne, en commun avec les forces armées ivoiriennes. Fin. »

 

Les termes du communiqué qui définissent la mission confiée au navire de guerre Tonnerre dans le cadrer de l’opération Corymbe « des exercices seront réalisés jusqu’au 12 mai 2012 afin de maintenir la capacité amphibie de la force licorne, en commun avec les forces armées ivoiriennes », ne sont pas sans éveiller la suspicion du reste légitime des ivoiriens.

 

De fait, dans la bataille pour le contrôle d’Abidjan au plus fort de la crise postélectorale, l’armée française, on s’en souvient avait usé de perfidie. Elle avait réorienté à son gré et selon son agenda secret sa mission initialement placée sous l’égide des nations unies. La licorne, en effet, avait déversé des combattants rebelles dans des zones ciblées. Elle avait également héliporté des snippers sur des bâtiments civiles en vue de neutraliser les forces régulières ivoiriennes (Fds-Ci). Un an après le drame ivoirien, un navire français accoste dans les eaux ivoiriennes. De quoi alimenter les supputations. Que se passe-t-il dans le pays exactement ? Que veut encore l’armée française aux ivoiriens ? Tonnerre a-t-il livré des armes au régime Ouattara en violation de l’embargo imposé par le conseil de sécurité de l’organisation des nations unes ?

 

Beaucoup de zones d’ombres restent à éclaircir et un communiqué officiel de l’Etat major des Frci ne serait pas de trop. Mais pour l’instant en lieu et place d’une déclaration, les autorités militaires préfèrent la dissuasion.

 

Depuis le début de cette semaine, de jour comme de nuit, des chars des casques bleus de l’opération des nations unies en Côte d’ivoire (Onuci) sillonnent les rues d’Abidjan. Ils prennent position à des endroits stratégiques de la capitale économique. Les patrouilles pédestres nocturnes et diurnes des Frci (Forces pro-ouattara) se multiplie. Des hélicoptères de la licorne et de l’onuci volent à basse altitude comme pour repérer des objectifs suspects. Que prépare-t-on dans le dos des populations ? Pourquoi le gouvernement ne communique-t-il pas pour les rassurer ? Qu’est-ce qui explique cette frilosité au sommet de l’Etat ?

 

En sus, il nous revient de manière récurrente que Alassane Dramane Ouattara a momentanément abandonné la Riviera Golf où se trouve sa résidence officielle. Il aurait aménagé à Assinie, un peu plus au sud-est d’Abidjan, de source digne de foi. Il effectuerait, selon nos sources, tous ses déplacements en hélicoptère depuis la baie d’Assinie jusqu’à son bureau au palais d’Abidjan-Plateau. Faut-il comprendre la proximité du navire français qui mouille en haute mer et le paisible village balnéaire à quelques mètres seulement de l’embouchure ? De quoi aurait peur la chef de l’Etat ivoirien pour prendre de telles précautions ?

 

Quelque chose cloche dans cette affaire que les gouvernants cachent aux populations. Par ailleurs, il pourrait avoir un lien entre la présence du bâtiment de guerre français et les tensions sociopolitiques dans les pays du golf de Guinée. La cedeao a du mal à traiter l’os malien. La France du temps de Nicolas Sarkozy avait promis son aide afin de régler la crise au Mali ou la junte, le cnrdr du capitaine Amadou Sanogo, a éjecté le général Amadou Toumani Touré du pouvoir. Alors que la ceadeo avait bandé les muscles sans s’assurer les moyens de sa bravoure, une autre crise politico-militaire s’est ouverte en Guinée Bissau. Deux fronts pour Alassane Dramane Ouattara sous la houlette de qui l’institution sous régionale a un impératif de paix.


Source : Le Temps.

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