Abidjan-Yopougon : Des détenus brûlés au fer dans un camp de concentration

Publié le par thruthway

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Non, ce n’est pas de la blague… Non, vous n’êtes pas dans l’Allemagne de Hitler, mais bien en Côte d’ivoire, plus précisément dans la commune de Yopougon supposée pro-Gbagbo. Oui dans ce quartier le régime Ouattara a installé un camp de concentration.

 

Lorsque vous arrivez à Yopougon, dites au chauffeur de vous déposer au feu tricolore du complexe sportif. Vous prenez par la suite la direction du nouveau quartier, tous les chauffeurs de taxi connaissent. Vous dites à la place de la liberté (un site qui pourtant appartient au Fpi, le parti de Laurent Gbagbo), là où se trouve le camp des Frci qui regroupe à ce jour tous les miliciens qui ont combattu pour le régime en place, le régime Ouattara. C’est sur ce site, occupé illégalement par les forces pro-ouattara, que se trouve ce camp de concentration. Au moment où nous mettons sous presse (ce samedi 12 mai 2012), ce camp de torture est présentement fonctionnel avec des milliers prisonniers.

 

Ces jeunes que vous voyez dans l'image ci-dessus, dont on n’avait aucune nouvelle, sont actuellement dans ce camp selon de nombreuses indiscrétions. D’autres malheureusement ont succombé aux tortures atroces qui leur ont été infligées par ces miliciens pro-ouattara.

 

 

Dans ce camp de concentration, les pratiques qui ont cours sont véritablement inhumaines. Tortures, exactions, violations des droits de l’homme… Tout y passe à l’abri des regards, nous rapporte le quotidien ivoirien « notre voie ». Les témoignages des individus qui ont pu en sortir vivants, mais en loques humaines, donnent froid dans le dos.  Selon eux, il s’agit d’un véritable camp de concentration, un mouroir qui fait penser au camp Boiro de la Guinée-Conakry sous le dictateur Sékou Touré. « Quand on nous envoie dans ce camp, on plonge nos têtes dans des barriques d’eau pour tenter de nous asphyxier afin de nous arracher des aveux. On nous a sérieusement battus tout le temps qu’on est restés aux mains des FRCI. On met du plastique au feu et on nous colle les flammes au corps pour nous brûler dans l’espoir de nous arracher des aveux. On nous brûle aussi au fer. C’est la torture que j’y ai vécu », confie une récente victime du camp. Témoignage rapporté par ce même quotidien.

 

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Un autre jeune torturé par les Frci

 

 

C’est une victime totalement diminuée avec des pieds enflés et le corps plein de brûlures au fer qu’il nous est amené de voir. « On nous bat tout le temps avec du fil de fer, nous dormons sous une bâche au sol nus et nos portables et argent sont confisqués par nos bourreaux. Nous ne mangeons pratiquement pas et on nous interdit toutes les visites et communications téléphoniques. Je sors du camp avec tous mes pieds enflés du fait des tortures et je suis prêt à poser pour des photographies afin de porter à la connaissance de l’opinion internationale toutes les pratiques inhumaines que des personnes injustement détenus subissent aux mains des Frci (forces pro-ouattara). J’ai laissé derrière moi, dans ce camp, des centaines de personnes notamment des policiers, gendarmes, militaires et des civils qui côtoient quotidiennement la mort », explique la victime.

 

 

Selon de nombreux témoignages, les arrestations arbitraires dans la commune de Yopougon sont quotidiennes. Ces arrestations se font sur une base ethnique et sur une simple dénonciation sans preuve d’un partisan de Ouattara. Les détenus n’ont droit à aucun procès. C’est le règne de la justice des vainqueurs. « Des gens ont été pris au kilomètre 17 où un élément des Frci, un Burkinabé appelé chef Bamba sévit sans retenue. Il arrête des personnes et les conduits au camp Frci du nouveau quartier où ils sont torturés. Les organisations de défense des droits de l’homme doivent faire quelque chose, sinon il sera trop tard pour les autres détenus que j’ai laissés là-bas », poursuit la victime. Avant de préciser : « suite à la torture, je suis tombé dans un coma. Les Frci m’ont envoyé à l’hôpital militaire d’Abidjan où ils m’ont abandonné. Ils sont revenus me reprendre avant de me libérer sans soins lorsque j’ai repris connaissance ».

 

Les riverains du camp Frci au nouveau-quartier de Youpogon vivent également un cauchemar. Selon eux, chaque nuit pratiquement ils sont victimes de vols. « Les Frci s’introduisent dans nos maisons quand ils veulent et surtout lorsqu’ils sont en manque d’argent pour nous voler sous la menace de leurs armes », soutiennent des riverains.

Publié dans Droit de l'homme

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