Alassane Ouattara face aux défis du pouvoir

Publié le par thruthway

http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcThb-yPVXzXgzyVNxNdlWt2R2C6L6_feRs2GzRNVDU7r00E4o-sL'arrestation du président Laurent Gbagbo par l'armée française, contrairement à ce que semble faire croire les médias français, ne signe pas la fin de la crise en Côte d'Ivoire. La situation sécuritaire à Abidjan est plus que préoccupante. Pendant que les troupes d'Alassane Ouattara se livrent aux pillages, les soldats restés loyaux au président Gbagbo refusent de déposer les armes. Tous les camps miltaires d'Abidjan sont encore dans leurs mains.

Les gendarmes et militaires du Camp Agban disent ne pas se reconnaître dans les propos du général Kassaraté, les invitants à faire allégeance à Alassane Ouattara. Tous ces généraux qui ont fait allégeance à Outtara sont considérés par ces soldats comme des traîtres. Gagner la paix, on le voit, sera plus difficile que gagner la guerre.

« Je souhaite qu'on dépose les armes », a déclaré Laurent Gbagbo au Golf Hôtel, lundi après-midi, peu après son arrestation à la résidence de Cocody en fin de matinée, avec son épouse Simone Gbagbo et d'autres proches.

.Alassane Ouattara a tenu a peu près le même langage le soir même dans une brève allocution télévisée.

« J’en appelle donc à tous mes compatriotes qui seraient gagnés par un sentiment de vengeance, à s’abstenir de tout acte de représailles ou de violence. [...] Aux jeunes, transformés en miliciens, ils doivent comprendre que leur combat n’a plus de sens aujourd’hui. Je leur demande de déposer les armes dès à présent », a déclaré le président reconnu que par la communauté internationale.

Mais ces appels sont restés pour le moment lettre morte. Puisque selon plusieurs témoins, les soldats de Ouattara continuent les pillages dans la ville d'Abidjan.

Naissance d'une opposition armée ?

Pis, des affrontements sporadiques entre d'un côté FDS non ralliées et de l'autre, FRCI (les forces rebelles de Ouattara), ont continué après l'arrestation du président Gbagbo dans certains quartiers comme le Plateau. Il n'est pas exclu que Ouattara puisse se trouver confronté, à peine installé, à une opposition armée (même embryonnaire) en plein cœur de la capitale économique. Les habitants ne s'y sont pas trompés et les scènes de liesse populaire dans les quartiers pro-Ouattara sont plutôt rares. Car tout le monde Abidjan sait que c'est en réalité les forces françaises qui ont combattu l'armée nationale. Qu'adviendra-t-il si elles quittent la Côte d'Ivoire? 

Bien plus le président Laurent Gbagbo n'a pas encore reconnu la légitimité de son rival, et quand bien même le ferait-il, ne serait-ce pas sous la contrainte ?

Alassane Ouattara est actuellement dans l'illégalité puisqu'il n'a pas prêté serment devant le conseil constitutionel seule institution habilitée, selon la constitution, a lui conférer le statut de président de la république.

Dans cette situation et selon la même constitution ivoirienne, le pouvoir doit revenir normalement au président de l'Assemblée nationale, c'est-à-dire, M. Mamadou Coulibaly.

Le pouvoir de Ouattara fragilisé

Quelque soit les démenties de Paris, une chose est sûre : l'histoire retiendra que sans les forces françaises, le président Laurent Gbagbo n'aurait jamais été capturé. Et cette certitude fragilise d'entrée de jeu le pouvoir d'Alassane Ouattara. « Nous sommes en face d'un coup d'État organisé par l'armée française », a commenté mardi matin sur RFI Pascal Affi N'Guessan, le président du Front populaire ivoirien (FPI, parti de Laurent Gbagbo). 

Dans cette situation, que peut faire le nouveau président ?

Outre favoriser la réconciliation en mettant sur pied une commission ad-hoc, comme il l'a annoncé dans son discours lundi soir, il doit rapidement remettre les fonctionnaires au travail en les payant. La sécurisation et la normalisation de la capitale économique dépendra d'abord de la rapidité de la réouverture des banques et de la régularisation des salaires des fonctionnaires et agents de l'Etat; de la réouverture des écoles et universités. Voici un autre problème à régler dans l'urgence si le camp ouattara veut sauver l'école ivoirienne d'une année blanche.

Comment cela pourra être possible quant on sait que des universités ont été entièrement détruite avec tous les documents administratifs (comme l'université d'abobo) par les forces rebelles de Ouattara?  Qu'en est-il des résidences universitaires (de williamsville, port-bouët, d'abobo) qui ont été enflammées, par ces mêmes forces? Commet les étudiants seront-ils logés et qu'en est-il de leurs documents de travail brûlés?

Autre question : comment les FDS et les FRCI vont-ils désormais travailler ensemble ?

Comment la police nationale pourra-t-elle travailler quant on sait que la plupart des commissariats ont été mis à feu et sac?

Le camp a mis du bordel à Abidjan et dans toutes les villes occupées qu'il devra assumer.

Ce qui est certain depuis le coup d'Etat perpétré par la France et le camp Ouattara, la Côte d'ivoire est arrêtée. aucune administration publique et même privée, ainsi que les banques ne fonctionnent.

Source: jeuneafrique

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