Après la chute du président égyptien : Niasse souhaite que Wade suive Moubarak

Publié le par thruthway

http://www.seneweb.com/dynamic/modules/news/images/gen/l/9561692d835882bd6f3ccdd1e564af98.jpgWade n’a qu’à surveiller ses arrières et suivre les mises en garde de son ancien Premier ministre. Moustapha Niasse qui était à Tivaouane pour une visite de courtoisie à la veille du Maouloud pense que ce qui s’est passé en Tunisie et en Egypte peut, demain, bel et bien, arriver au Sénégal

(Correspondance) - ‘Ce qui se passe aujourd’hui en Afrique du Nord est le signe annonciateur de ce que les peuples du continent africain ont maintenant pris conscience de se prendre en charge et prendre leur souveraineté et de la manifester face à des pouvoirs totalement absolus pour dire maintenant : ‘y en a assez’’. Moustapha Niasse, leader de l’Alliance des forces du progrès (Afp) réagissait ainsi à la démission du président égyptien Hosni Moubarak. C’était à l’occasion de la visite de courtoisie qu’il a rendue hier au Khalife des tidianes, Serigne Mansour Sy et à son porte-parole Serigne Abdoul Aziz Sy Al Amine.

Pour Moustapha Niasse qui était à la tête d’une forte délégation de sa formation politique, ce qui s’est passé en Tunisie et en Egypte peut, demain, bel et bien arriver au Sénégal. ‘Le président Wade n’a qu’à frémir, c’est son problème’, selon le progressiste. Ce qui reste évident, poursuit-il, est que si le pouvoir politique sénégalais continue de piétiner les libertés, les dispositions de la Constitution et d’ignorer les droits inaliénables des Sénégalais, tout peut arriver.

Et le leader de l’Afp de dire souhaiter que cela arrive mais pas avec violence. ‘Je ne peux pas ne pas souhaiter que le pouvoir qui est place disparaisse. Si cela pouvait se passer aujourd’hui, j’en serais heureux mais pas avec violence’. En effet, estime le leader de l’Afp, la paix n’a pas de prix. Aussi tout dirigeant politique, doit, lorsqu’il souhaite des changements dans des situations difficiles et bloquées comme celles que vivent les Sénégalais, souhaiter que tout se passe dans la paix et la sécurité afin que les familles soient protégées et que leurs biens soient préservés mais aussi qu’il n’y ait ni mort d’homme ni sang versé.

Moustapha Niasse a aussi réagi face aux déclarations du président Wade qui, à l’occasion du forum des altermondialistes, soutenait que le Sénégal a atteint l’autosuffisance alimentaire. Ainsi dira-t-il que l’autosuffisance alimentaire existe au Sénégal seulement au niveau de Wade et de sa famille. En dehors d’eux, qui a atteint cette autosuffisance, s’est-il demandé. Aussi et pour preuve de l’inexactitude d’une telle déclaration, il fera noter le sourire narquois des chefs d’Etat qui étaient présents à la séance quand la déclaration a été faite. ‘Lui, il a connu la faim, Wade a connu les privations et les manquements. Maintenant, il ne les connaît plus. C’est pourquoi, il n’arrive pas à faire le dédoublement fonctionnel sans lequel le chef de l’Etat ne peut pas se souvenir de son passé’, dit-il. Pis, le leader de l’Afp estime que c’est grave que Wade aille jusqu’ soutenir que le Sénégal exporte du mil et de l’arachide vers la Chine. ‘Je peux, de manière formelle, affirmer ici que c’est faux’, dit-il.

Revenant sur le sens de sa visite proprement dite, Moustapha Niass dira qu’elle s’inscrit dans le cadre de la tradition qui veut que, à l’occasion de cérémonies comme le Maouloud, les personnalités sénégalaises et même de l’étranger rendent visite aux khalifes généraux des confréries. A ce titre, il dira que le Sénégal est un pays de tradition. Une tradition dans laquelle les religions constituent une donnée culturelle et sociale fondamentale. Or, dans la pratique musulmane sénégalaise, il y a les confréries qui constituent des cadres de développement, de synthèse et de conduite des synergies qui, chaque fois, doivent rappeler aux croyants leurs obligations religieuses vis-à-vis de Dieu.

Aussi se réjouira-t-il du message de Serigne Abdoul Sy Al Amine. Lequel correspond parfaitement à l’introduction que Moustapha Niasse a faite en lui transmettant les salutations de sa délégation et dans laquelle il lui disait que les guides religieux ont la charge de porter sur leur dos une diversité de croyances, d’adhésion politique et de choix de société. Par conséquent, il faut les comprendre tels quels pour pouvoir travailler avec eux. Aussi Moustapha Niasse de comprendre l’opposition comme comportement en tant que porteur des libertés individuelles et collectives qui permettent de dire non quand il le faut. Etant entendu qu’il y a une manière de le dire mais que tout dépend de celui à qui on le dit. Car, fait-il savoir, il y a des dirigeants qui, dans certains pays, se comportent comme des opposants. Selon Niasse, ils ont tellement duré dans l’opposition qu’ils n’arrivent plus à faire le dédoublement fonctionnel qu’il faut.

Par Sidy DIENG

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