ARRESTATION DES JOURNALISTES DE NOTRE VOIE, LE MONDE DE LA PRESSE SE MOBILISE…VOICI LES REACTIONS

Publié le par thruthway

journalistes-en-prison-notre-voie.3.PNG

 

      

 Les trois journalistes de « Notre Voie » transférés au Parquet d’Abidjan

César Etou, Boga Sivori et Didier Dépry du quotidien Notre Voie, proche du Front populaire ivoirien (FPI), fondé par Laurent Gbagbo, ont été transférés ce mardi de la Police criminelle d'Abidjan, dans la commune du Plateau, au Parquet d'Abidjan, dans la même commune. Ils sont désormais au "violon" (cellule de passage) du tribunal. Ils devraient être situés dans les prochaines heures sur leur relaxe ou sur une éventuelle inculpation.

 

Les trois journalistes avaient été arrêtés jeudi dernier et mis en cause pour "offense au chef de l'Etat" et "atteinte à l'économie nationale", pour avoir écrit deux articles. Le premier s'indignait de l'achat de 40 voitures de luxe par le gouvernement "alors que les Ivoiriens ont faim", et le second affirmait qu'une seconde dévaluation du franc CFA aurait lieu.

 

Source : Le nouveau courrier

 

Les JV11 appellent le régime à mettre fin à la répression

 

Le jeudi 24 novembre, la direction de la police criminelle agissant sur instruction du procureur de la république d’Abidjan-Plateau a mis aux arrêts trois journalistes du quotidien Notre Voie, à savoir César Etou (Directeur Général et Directeur de publication), Didier Dépry (Secrétaire Général de la rédaction) et Boga Sivori (chef du service).

 

Il leur est reproché d’avoir commis les délits d’offense au chef de l’Etat et d’atteinte à l’économie nationale pour avoir pointé du doigt le gaspillage

au sommet de l’Etat marqué par l’achat de 40 nouvelles Mercédès et pour avoir écrit que la dévaluation du FCFA était inéluctable en dépit des assurances du Gouverneur de la BCEAO. Depuis, les trois journalistes sont tenus loin de leurs familles, côtoyant dans de menus cellules des caïds de la pègre nationale.

 

Les Journaux victimes du 11 avril 2011 en abrégé JV11, organisation créée pour la défense des intérêts de ses membres et de l’ensemble des journalistes observe que les autorités ivoiriennes violent la loi de 2004 portant régime juridique de la presse interdisant la détention des journalistes pour des délits de presse.

 

JV11 constate qu’une politique de répression systématique est mise en oeuvre par les autorités ivoiriennes à l’encontre de ses membres. Ainsi, après les suspensions abusives et ciblées des membres de JV11, les autorités inaugurent avec la détention illégale des trois journalistes de Notre Voie, la phase des arrestations et des détentions arbitraires.

 

JV11 estime que cette politique est contraire à la promesse faite par le nouveau chef de l’Etat de promouvoir une presse totalement libre et débarrassée des entraves de toutes sortes. En conséquence, JV11 exige la libération immédiate et sans condition des trois journalistes arrêtés et détenus arbitrairement.

 

JV11 appelle les autorités ivoiriennes à mettre immédiatement fin à toute politique de répression dirigée contre les journalistes et les organes de presse indépendants du pouvoir en place.

 

JV11 appelle le conseil national de la presse (CNP) et toutes les organisations du secteur de la presse à joindre leurs efforts pour obtenir des autorités ivoiriennes un engagement ferme et définitif à respecter de façon scrupuleuse la liberté de la presse. Pour marquer sa solidarité aux journalistes arrêtés et détenus arbitrairement, les membres de JV11 décident de ne pas participer au séminaire organisé par le CNP en collaboration avec l’ONUCI à Yamoussoukro du lundi 28 au mercredi 30 novembre sur le thème de la couverture des élections législatives.

Fait à Abidjan, le 28 novembre 2011

 

Pour les JV11

Notre Voie

Le Temps

Le Nouveau Courrier

Aujourd’hui

 

 

Serge Bilé : ‘‘C’est scandaleux de museler les médias !’’

http://www.ledevoir.com/images_galerie/d_11285_41599/image.jpg

Serge Bilé, journaliste-écrivain franco-ivoirien, soutient ses confrères ivoiriens et amis César Etou, Didier Dépry, et Boga Sivori, arrêtés et jetés en prison jeudi dernier, par le nouveau pouvoir, pour une soi-disant "offense au Chef de l'Etat" et une prétendue "atteinte à l’économie nationale", suite à la publication de deux articles, l'un dénonçant l’achat par Alassane Ouattara d’une flotte de voitures de luxe en temps de récession, et l'autre annonçant que le franc CFA serait bientôt dévalué. C'est scandaleux qu'un président, qui se dit démocrate, puisse faire fi de la liberté élémentaire de la presse et laisser sa justice, forcément aux ordres, et son ministre de l’Intérieur, museler ainsi les médias. La mascarade continue...

 

Serge Bilé

Journaliste

 

 

Le GEPCI marque son indignation


Le Groupement des Editeurs de Presse de Cote d'Ivoire (GEPCI) a appris l'interpellation et la garde à vue à la Police criminelle, le jeudi 24 novembre 2011 de César Etou, Directeur général par intérim de la Refondation et Directeur de publication du quotidien Notre Voie, ainsi que celle de Boga Sivori et Didier Depri, journalistes au même quotidien. Selon le Procureur de la République, ils ont été gardes a vue pour offense au Chef de l'Etat et pour atteinte à l'économie nationale.

 

Le GEPCI exprime sa solidarité aux confrères interpellés.

 

Le GEPCI dénonce le principe de la garde à vue, alors que les journalistes présentent toutes les garanties de représentation pour s'être présentés librement à la police criminelle.

 

Le GEPCI condamne le fait de priver le journaliste de sa liberté, lors de l'enquête pour délit de presse, contrairement aux dispositions de la Loi portant régime juridique de la presse.

 

Le Groupement des éditeurs de presse de Cote d’Ivoire appelle à la relaxe des trois journalistes interpelés et gardes a vue.

 

Le GEPCI appelle, par ailleurs, tous les professionnels des médias à une observation rigoureuse et stricte des règles professionnelles du métier et les encourage à la facilitation du processus de réconciliation nationale en cours.

 

Pour le Bureau Exécutif

Le Président

ASSI Adon Amédée

 

 


Le CPJ dénonce l’impunité des FRCI pendant que les journalistes sont en prison

 

L'administration de Côte-d'Ivoire dirigé par le président Alassane Ouattara détient, sans inculpation, trois journalistes d'un journal d'opposition depuis jeudi, en violation du propre droit sur la presse et de la constitution du pays, a déclaré aujourd'hui, le Committee to Protect Journalistes (CPJ).

 

Kouadio Simplice, le Procureur de la République, a ordonné aux policiers d'arrêter César Etou, éditeur, Didier Dépry, rédacteur en chef et Boga Sivori, chef du bureau politique, du quotidien Notre Voie , un journal favorable à l'ancien leader, Laurent Gbagbo, en liaison avec des histoires critiques sur le gouvernement qui ont été publiés la semaine dernière, selon des journaux locaux et plusieurs journalistes. Les trois journalistes ont été détenus sans inculpation formelle dans un poste de police de la capitale économique Abidjan, au delà de la limite constitutionnelle sur la détention préventive de 48 heures, et en violation du droit de 2004 sur la presse en Côte-d'Ivoire, qui interdit les détentions de journalistes pour des questions liés à la presse.

 

"Le président Alassane Ouattara, a pris ses fonctions avec la promesse de respecter la démocratie et la primauté du droit et de rompre avec les tactiques d'intimidation de Laurent Gbagbo envers la presse ", a déclaré Mohamed Keita coordonnateur du Plaidoyer pour l’Afrique au CPJ. "Nous appelons les autorités ivoiriennes à libérer immédiatement César Etou, Didier Dépry et Boga Sivori et mettre fin à la persécution des médias, qui ont un droit constitutionnel à l'examen critique du gouvernement."

 

Les autorités judiciaires ont interrogé Etou et Sivori sur des accusations d'«infraction au chef de l'Etat» sur une ‘‘Une’’ du 21 Novembre intitulée «Bien que les Ivoiriens meurent de faim et de maladies, Ouattara achète 40 Mercedes de francs CFA 1460000000 [2,07 millions de dollars Etats-Unis]», a déclaré au CPJ l'avocat Serge Essouo en charge de leur défense. L'article est tiré d’un bulletin d'affaires africains Lettre du Continent du 17 Novembre, basé à Paris, qui a publié rapport contrasté sur l'acquisition présumée du gouvernement de 40 Mercedes de Classe E pour les membres du cabinet, alors que des services sociaux fondamentaux manquent aux Ivoiriens ordinaires.

 

Les autorités judiciaires accusent Dépry de «saper l'économie nationale», avec son article publié le 24 Novembre qui a critiqué la réaction méprisante du gouvernement envers un précédent rapport de Notre Voie sur une imminente dévaluation du franc CFA, a dit au CPJ Me Essouo, avocat de Notre Voie. Commentant ces arrestations, dimanche, M. Ouattara a dit que les allégations de Notre Voie "sont inacceptables", et dit que la justice devrait être autorisé à suivre son cours normal, selon le quotidien privé Le Nouveau Réveil. "Je pense que les journalistes, bien sûr, peuvent exprimer leurs opinions, mais il faut des faits avérés", a t-il dit. «Vous savez, je suis pour la liberté d'expression. Rappelez-vous que c'est sous mon mandat comme premier ministre que les stations de presse et la radio ont été libéralisés», a déclaré M. Ouattara, selon l’article.

 

Toutefois, le CPJ indique que le gouvernement n'a pas tenu opportun de demander de rendre compte les combattants des forces républicain de la Côte-d'Ivoire (FRCI) pro-Ouattara impliqués dans les saccages et l’occupation illégale pendant cinq mois du siège de Notre Voie.

 

Les autorités ivoiriennes n’ont procédé à aucune arrestation dans deux incidents séparés impliquant des combattants FRCI dans laquelle deux journalistes de radio ont perdu leur vie :

 

- Le 8 mai assassinat du journaliste de radio Sylvain Lago Gagnetaud

- Et la mort le 19 Novembre de Gilles Tutsi Dabe Murris.

 

Le Front populaire Ivoire (FPI) parti pro-Gbagbo dans un communiqué de presse, a condamné les arrestations des trois journalistes.

 

Mohamed Kéita

Coordonnateur en chef du Plaidoyer

pour l’Afrique

Comité de Protection des

Journalistes (CPJ)

New York, le 28 Novembre2011

 

 

 

Délit de presse, délit par voie de presse,  Monsieur, pas de confusion

 avocat.PNG

 

Ce n’est pourtant pas de la mer à boire. Un délit de presse est un délit commis par voie de presse. La loi de décembre 2004 qui encadre le régime de la presse en Côte d’Ivoire a établi clairement que tout délit commis par voie de presse est désormais dépénalisé. Très clairement dit, un journaliste qui, dans l’exercice de ses fonctions de journaliste, commet une faute susceptible de le priver de sa liberté ne subit pas la sanction ancienne que l’on retrouve dans la loi de 1991.

 

Cette loi, qui n’était que la copie conforme de la loi française de 1881, avait été prise sous le gouvernement Ouattara pour empêcher les journalistes de faire leur travail de critique. De sorte que, pour peu, un journaliste se retrouvait en prison avec son directeur de publication. La loi de 2004 dont la lettre et l’esprit sont pour que les journalistes n’aillent plus en prison pour ce qu’ils auront écrit, dit et pour leur opinion n’est pas abrogée. Elle est toujours en vigueur en Côte d’Ivoire. Un journaliste qui n’a pas tué, volé, agressé son semblable ne peut être détenu plus de 4 jours durant dans un violon de la police.

 

A notre aîné, avocat de son état, qui veut coûte que coûte que les journalistes de Notre Voie soient incarcérés en tentant de travestir la loi, nous répondons qu’il n’y a pas a priori de délit de presse ou de délit par voie de presse. Par exemple, une offense au chef de l’Etat, une atteinte à l’ordre public, un appel à la xénophobie ou une atteinte aux bonnes mœurs ne sont pas d’emblée des délits de presse. S’ils sont commis par un avocat, un fonctionnaire, un banquier, un footballeur, un instituteur ou une sage-femme, ces délits ne seront pas qualifiés de délit de presse. Les personnes qui les auront commis feront la prison ou seront sanctionnés par la loi en vigueur dans le pays. Mais si ces délits sont commis par un ou des journalistes dans l’exercice de leur fonction, alors ils sont des délits de presse. Parce que, simplement,

ils ont été commis par voie de presse. Dans ce cas précis, la loi demande aux juges de ne point faire perdre à ces journalistes leur liberté. C’est-à-dire la loi demande aux hommes de loi de signifier aux journalistes qu’ils ont commis une ou des fautes et de les remettre en liberté.

 

Selon les informations recueillies auprès du parquet et de nombreux avocats qui s’intéressent à l’affaire des 3 journalistes de Notre Voie, le procureur de la République leur a signifié que, respectant la loi sur la presse qui ne veut pas qu’on mette un journaliste en prison pour ses opinions exprimées dans son travail, il a demandé aux deux enquêteurs de la Police criminelle de libérer nos collègues.

 

Mais, contre toute attente, toujours selon les informations recueillies par les organisations de défense des droits humains, des consignes sont arrivées du ministère de l’Intérieur pour que nos collègues ne recouvrent pas la liberté. C’est la seule et unique raison qui fait que César Etou, Didier Depry et Boga Sivori sont maintenus au violon de la Police criminelle au Plateau.

 

Dans ce dossier, la politique est entrée au palais avec force par la porte faisant fuir le droit par la fenêtre. C’est pourquoi, depuis hier, tous les regards sont tournés vers le nouvel homme fort d’Abidjan dont le bras droit piétine dangereusement la justice et la liberté de la presse. Nous ne sommes plus en 1991 où la loi liberticide votée pour réprimer la presse de l’opposition faisait rage. Laurent Gbagbo est passé par là entretemps et a remis les choses dans l’ordre.

 

Respectons cet ordre !

Abdoulaye Villard Sanogo

 

 


Après 5 jours de détention à la police criminelle

Les journalistes entament une grève de la faim

 

Les trois journalistes de Notre Voie arrêtés depuis le jeudi dernier et détenus abusivement à la direction de la police criminelle au Plateau ont entamé une grève de la faim depuis hier. César Etou (directeur général par intérim et directeur de publication), Didier Dépry (secrétaire général) et Boga Sivori (chef du service politique) de Notre Voie protestent ainsi contre la violation flagrante de leurs droits et le mépris dont ils sont l’objet de la part du pouvoir en place.

 

 

En effet, les trois journalistes viennent de passer leur cinquième nuit en détention à la police criminelle en dépit de l’existence d’une loi votée en décembre 2004 et qui stipule qu’un journaliste ne peut être emprisonné pour ses écrits. Mais, plus grave, alors qu’ils ont largement dépassé le délai légal de garde à vue qui est de 48h, les journalistes sont maintenus en détention sans aucune justification. Personne, ni le procureur de la république qui, semble-t-il, est l’initiateur de la procédure, ni le directeur de la police criminelle, n’ose expliquer aux détenus les raisons de leur maintien en détention.

 

 

Joint par téléphone hier, le procureur Simplice Koffi Kouadio a demandé que l’on s’adresse à son substitut Noël Djè pour toute information. Joint à son tour, ce dernier n’a pas caché sa surprise. De toute évidence, il n’était au courant de rien. Les trois journalistes ont alors compris qu’ils sont pris

dans un jeu de ping-pong où personne n’ose assumer ses responsabilités.

 

César Etou, Didier Dépry et Boga Sivori en ont conclu que le pouvoir a décidé de les humilier en bafouant leurs droits à une justice équitable.

 

Augustin Kouyo

Publié dans Droit de l'homme

Commenter cet article

K
Je suis de tout cœur avec ces trois journalistes. Dans tous les cas ils seront libérés, car toute chose a une fin. Pour qui se prend cet Hamed bakayoko? Il pense qu'il est arrivé? Qu'il sache que
très très très bientôt, il n'aura que ces yeux pour pleurer s'il n'est pas mort bien sûr.
Dire ce qu'on vit ou ce qu'on pense est-il un crime? ses FRCI assassins là les a t-il condamné? Qu'il commence par éduquer d'abord ses sauvageons avant de s'en prendre aux journalistes qui font
consciencieusement leur boulot. Qu’Allah le tout puissant les délivre des griffes de ces diables (ouattara-soro-hamed bakayoko).
Répondre