Bingerville/Grogne contre les Frci : Les Gbaka débrayent.

Publié le par thruthway

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Les Frci (Forces pro-ouattara) continuent de faire parler d’eux, en dépit des mises en garde des ministres de l’Intérieur Hamed Bakayoko et délégué à la Défense Paul Koffi Koffi, du gouvernement Ouattara, bien impuissants à les contenir. Ils se sont donné en spectacle, comme cela est fréquent, dans l’aprèsmidi du samedi 28 août dernier, à l’entrée de la ville de Bingerville.

 

Selon les témoins, il est 16h quand le Gbaka conduit par un certain «Rougeot», en provenance d’Adjamé, pointe au barrage tenu à cet endroit par les Frci. Après lui avoir retiré ses pièces pour le contrôle d’usage, les Frci lui intiment de s’acquitter d’un droit de passage qui s’élèverait à 2000 Fcfa. Face au refus du conducteur de se soumettre à leur diktat, les Frci décident de lui faire passer un sale quart d’heure. Rougeot se débat et réussit à s’échapper.

 

Une battue est aussitôt organisée pour le rattraper et lui faire payer son zèle. Rougeot ne devra son salut qu’à l’agilité de ses jambes. Informés, des chauffeurs de la ligne Adjamé-Bingerville qui ne cachent pas leur ras-le-bol face aux abus et racket des Frci décident de marquer leur solidarité avec Rougeot. Tous dénoncent le comportement des «militaires» dont la plupart sont pourtant d’anciens conducteurs ou apprentis de Gbaka, mécaniciens, menuisiers, etc.

 

Dans les instants qui suivent, et alors que leur collègue est encore recherché, plusieurs dizaines de gbakas rallient l’entrée de la ville. Une fois sur place, les chauffeurs font stationner leurs véhicules en pleine chaussée, barrant ainsi la voie. Impossible dès lors d’accéder à la ville de Bingerville par voiture. Et la situation restera en l’état jusqu’à ce que les Frci décident d’abandonner la traque contre Rougeot. Les usagers, contraints à la marche, marqueront également leur soutien aux chauffeurs qui ont débrayé à l’improviste pour manifester contre le racket et la brutalité des Frci.

 

Il aura fallu plus d’une heure, soit au-delà de 17 heures, pour que les Frci entendent raison et que les Gbaka acceptent de dégager la voie.

 

Edouard Amichia

Publié dans Fronde sociale

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