Carnet de voyage d'un ivoirien à peine rentré du Ghana, attention… on doit s’inquiéter…

Publié le par thruthway

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Bonjour mon frère, je viens de rentrer de mon voyage. Tu sais à cause de la fermeture de la frontière, j'ai du faire un long détour par le Burkina-Faso, et c'est finalement dans un village appelé Cinkassé à la frontière entre le Togo et le Burkina-Faso que j'ai rencontré mon contact et ensemble nous nous sommes rendus au Ghana. Tout d'abord, laisse-moi te dire que je comprends pourquoi Blaise Compaoré n'est pas prêt de laisser le pouvoir. Ce monsieur maintient sa population dans un illettrisme incroyable. A l'équivalent du plateau à Ouagadougou, c'est à peine si j'ai rencontré 2-5 personnes parlant couramment français.



Ces personnes sans formation fuient quotidiennement leur pays pour l'Ouest de la Côte d'Ivoire sans subir contrôle d'aucun genre et moyennant 1000 francs CFA par barrage FRCI. J'ai pleuré en voyant ce spectacle. Mon frère, de Yakro jusqu'à l’extrême nord le Côte d'Ivoire rien que des burkinabé et des dioula, au point où même le français est entrain progressivement de disparaitre de ces régions. Le plus douloureux pour moi a été mon passage à Bouaké. Dans l'endroit où j'ai passé la nuit, j'ai été obligé d'entendre certaines de ces personnes rire aux éclats en racontant les massacres à l'Ouest. Ces personnes parlaient en particulier d'un village qui se trouvait tout prêt d'un camp de l'ONUCI qu'ils avaient complètement rasé. Et les rires aux éclats ont redoublé lorsqu'une des personnes qui racontaient cette histoire a précisé que toute vie avait été éliminée de ce village, y compris les chiens, considérés comme leurs patrons, opposants d'ADO.



Mon frère, ce voyage m'a ouvert les yeux sur l'ampleur du combat qui nous attend. Lorsqu'on part de Bouaké pour le Burkina, à aucun moment l'on ne se rend compte qu'on est passé d'un territoire à un autre. Aucun contrôle sérieux, les policiers et les gendarmes se contentant de racketter les voyageurs. 



Voilà un peu ce que j'ai découvert sur mon pays, grâce à la fermeture de la frontière ivoiro-Ghanéenne par ADO.



D'un observateur d'ACC-Côte d'Ivoire à peine rentré du Ghana

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