Côte d'Ivoire, attaque contre la centrale thermique d'Azito: Une vulgaire mise en scène du Gouvernement Ouattara.

Publié le par thruthway

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La journée du 15 octobre 2012 aura été une journée très mouvementée en Côte d'Ivoire, Et pour cause! Alors que la veille les panafricains s’apprêtaient à célébrer comme il se doit le Capitaine Thomas Sankara, à l 'occasion du 25éme anniversaire de son assassinat des mains de son ”ami” Blaise Compaoré , vers 22h30 GMT les ivoiriens sont informés que plusieurs attaques simultanées sont en cours contre les positions des FRCI (forces pro-Ouattara) à Bonoua et ses environs. Les ivoiriens passent donc toute la nuit du 14 au 15 octobre 2012, et une bonne partie de la matinée du 15 à aller à la chasse d'informations pouvant leur permettre de comprendre ce qui s'est passé ou est entrain de se passer à Bonoua. Dans la matinée, il devient clair à tous, que les forces pro-Ouattara ont subi une nouvelle déculottée à Bonoua et ses environs, et que comme toujours, après avoir mis en déroute les forces pro-Ouattara et fait provisions d'armes et de munitions, les assaillants ont réussi à se fondre dans la nature.

 

L'on n'attend donc plus que l'habituelle mise au point triomphaliste des autorités ivoiriennes, qui après chaque attaque de ce genre ne manquent pas de vanter les mérites de leur miliciens qui tels des guerriers intrépides fléchissent mais ne rompent pas . La mise au point ne tardera pas à arriver, et c'est à travers une dépêche de l'AFP que les autorités ivoiriennes choisissent de s'adresser à leurs concitoyens.. Et là surprise! M. Paul Koffi Koffi, ne parle pas de l'attaque de Bonoua, mais de celle de la centrale Thermique d'Azito! (?) Les événements de Bonoua qui ont tenu éveillé les ivoiriens toute la nuit sont évoqués dans une phrase à la fin de la dépêche! 



Même son de cloche lors du journal télévisé de 20h (voir la vidéo ci-dessous). L'on parle en long et en large de l'attaque d'Azito, mais aucune trace de l’attaque de Bonoua. Comme si les autorités ivoiriennes avaient décidé de concentrer l'attention des citoyens sur cet événement particulier. Mais en regardant attentivement à la RTI le service consacré à cette attaque, on ne peut que se poser plusieurs questions.

 

 


 



Les assaillants auraient pris d'assaut vers 3h du matin la centrale thermique d'Azito. Vêtus de tenues militaires, ils auraient neutralisé leurs collègues en poste sur le site, et se seraient emparés du centre de contrôle de la centrale thermique. Ils seraient ensuite allés vers les turbines où ils auraient endommagé l'une d'entre elles à l'aide d'une grenade. Dans le service, on présente les dégâts causés par les assaillants. La vitre d'une armoire électrique brisée, et l'écran d'un ordinateur endommagé dans la centrale de contrôle. Pas d'Image de la turbine détruite à l'aide d'une grenade.



Expliquons à nos lecteurs pour ceux qui ne le savent pas que la centrale de contrôle c'est le cerveau d'une centrale électrique. Ce qui veut dire que si l'objectif des assaillants avaient été de plonger la ville d'Abidjan dans l'obscurité, ils auraient simplement pu mitrailler, (et cela sans risque pour eux) tous les appareils (ordinateurs) et les armoires électriques présents dans la centrale de contrôle. Meme pas besoin de grenades. De simples Kalachnikovs auraient suffi pour plonger la ville d'Abidjan (et pas seulement elle) dans le noir pour une longue période. Mais qu'est ce qu'on voit, sur les images présentées par la RTI ? Juste une vitre cassée et un ordinateur égratigné. Vraiment trop peu si l'on souhaite détruire une centrale thermique.

Comme déjà dit, dans le service présenté par la RTI, pas de trace de la turbine Détruite. C'est pourtant elle qui selon les autorités auraient subi plus de dommages, mais là rien, aucune image.



Pourquoi cette mise en scène? Pourquoi faire croire que les assaillants ont attaqué et endommagé la centrale thermique d'Azito alors qu'il n'en est rien? Plusieurs réponses pourraient être apportées à cette question.



Objectifs politiques



L'une des particularités des assaillants jusqu'à ce jour a été de ne s'en prendre qu'à des objectifs militaires. En faisant croire que les assaillants s'attaquent désormais à des objectifs civils, non seulement le gouvernement Ouattara apporte de l'eau au moulin du fameux rapport des “experts” de l'ONU sorti il y' a quelques jours et qui accusait les opposants au régime Ouattara de s’être alliés aux Djihadistes et aux autorités maliennes afin de mener des actions terroristes, mais il espère en plus monter contre les assaillants, les populations civiles qui jusqu'à présent observaient les activités du commando en spectateurs ne se sentant pas menacées. D'ailleurs, certains proches des opposants au régime de M. Ouattara dans la matinée du 15 octobre ont été mis aux arrêts, accusés d'avoir participé à l’attaque contre la centrale thermique d'Azito. Parmi les personnes arrêtées, l'on retrouve le neveu de Damana Pickass membre du Fpi en exil, accusé dans le rapport des “experts” de l'ONU d'avoir envoyé des émissaires à la rencontre des Djihadistes maliens , et le petit frère de l'aide de camp de Mme Simone Gbagbo, le capitaine Seka Seka, aux arrêts depuis plusieurs mois.



Objectifs économiques.



Immédiatement après l'attaque le directeur d'Azito, Marc Clissen a annoncé à l'AFP que les capacités de production de la centrale avaient été réduites de moitié à cause de la “destruction” de l 'une des turbines. Le gouvernement Ouattara dès à présent pourra donc justifier les délestages dont souffrent les ivoiriens depuis...des mois.

 



Les heures et les jours à venir, nous permettront sans aucun doute de mieux cerner les tenants et les aboutissants de cette énième mise en scène du régime Ouattara et de ses alliés français. En attendant, nous recommandons aux ivoiriens de rester vigilants.
 

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