Côte d’ivoire : EN VERITE L’EFFET BOOMERANG

Publié le par thruthway

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Les hommes de Dieu craignent la parole. Pour eux, et ils sont formels, la parole, quand elle sort ne revient jamais sans avoir accompli son œuvre. C’est pourquoi ils ont tous eu froid dans le dos quand Ouattara a prononcé du temps de Bedié en 1999 ces paroles terribles : Je rendrai ce pays ingouvernable. Ouattara  qui dit toujours ce qu’il fait et fait ce qu’il dit, pour notre malheur, n’a pas  pris le soin de circonscrire dans le temps  « l’ingouvernabilté  »de la Cote d’Ivoire dans sa parole. Depuis, la Cote d’ivoire est effectivement ingouvernable. Bedié, Guei , Gbagbo  n’ont pas pu gouverner. A son tour Ouattara a du mal à gouverner. C’est plutôt la violence qui gouverne. Une  violence qui  chaque, jour va et revient. 

 

En France où Ouattara a pris l’habitude d’aller et venir, on a le sens des images. La- bas, on appelle  « Génération Boomerang » les jeunes qui vont de la maison familiale quand ils ont un boulot et en reviennent quand ils le perdent .C’est ce phénomène boomerang que nous observons avec la violence consubstantielle à la  gouvernance Ouattara. On ne peut pas avoir été le premier à  introduire la violence dans le jeu politique, utiliser la violence internationale pour accéder au pouvoir, se faire entourer  par la suite de gens au langage violent, hisser au perchoir de l’assemblée nationale comme dauphin constitutionnel un étudiant enflé par la violence  et s’époumoner sur l’effet boomerang de la violence dans notre pays . Ce n’est pas la première fois que la Centrale Electrique d’Azito est attaquée. Du temps de la présence de  Gbagbo à la tête du pays   c’était courant. Que  des jeunes pro -Ouattara de la commune d’Abobo menacent de «  braiser » trois ministres pour une banale affaire de salubrité publique ,ne devait émouvoir personne. Parce que la- bas , à  Abobo c’est la loi de la Violence. Tous   ont été armés, entrainés  , conditionnés pour cela. Les commandos n’ont plus besoin d’y être invisibles .Ils sont aux affaires, au cœur du pouvoir. Ils sont le pouvoir. Qu’un corridor de Bonoua soit attaqué, c’est encore  entre eux, puisque indéboulonnables, ils sont les  seuls à détenir des armes.

 

Voici donc les dégâts de la parole. Une parole  semée dans les esprits à dose homéopathique des années durant. Parole trompeuse de sentiment factice d’exclusion et d’injustice entretenue, de haine « goujat » propagée, de  vengeance absurde adoptée comme mode de gouvernance. La parole, cette  parole a  germé et poussé. Elle  fleuri partout dans  le pays.

 

La violence désormais banalisée  constitue l’effet boomerang de cette politique ou plutôt cette absence de politique pour aller à la concorde nationale, à l’édification d’une nation libre , démocratique et surtout sécurisée .Le péril est grand et  personne  n’y échappe. Pas même les indéboulonnables. A eux , en observant attentivement les mouvements de violence inouïe de ces s temps dernier ,je voudrais livrer cette image proverbiale qui nous vient du village .Quand ,au champ ,les branches des arbres passent toujours tout près de l’œil … elles finissent par le crever .Toujours.

 

Aristide Silué

(In l’Alternative du 17 Octobre 2012 )

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