Côte d’ivoire : Insécurité à l'Ouest: L'attaque de Taï livre ses secrets

Publié le par thruthway

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Environ deux semaines après l'attaque de Sakré, l'incursion mortelle d'assaillants dans ce petit village situé à 30 kilomètres de Taï, dans l'ouest de la Côte d'Ivoire, a commencé à livrer ses secrets.

 

Faut-il le rappeler, dans la nuit du 24 au 25 avril, une attaque attribuée à des mercenaires libériens a fait huit (8) morts, plusieurs blessés et deux maisons incendiées. Ces événements sont survenus à peine 24 heures après le départ de Alassane Ouattara, qui venait de terminer une visite d’État de quatre (4) jours dans l'ouest ivoirien.

 

Pour comprendre ce qui s'est effectivement passé à Sakré, l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) a mené le jeudi 3 mai à Taï, une mission d'évaluation conjointe avec des responsables de l’armée ivoirienne, conduite par Alexis Ahonzo, directeur de cabinet du ministre délégué à la Défense. Cette équipe était allée rencontrer les populations qui ont fui le village de Sakré pour se réfugier à Taï. Au cours de cette rencontre avec les victimes, on en apprendra un peu plus sur les auteurs des récurrents raids meurtriers qui endeuillent l'ouest ivoirien. Puisque c'est au moins la cinquième attaque perpétrée en une année dans la zone de Taï, frontalière avec le Liberia voisin, et ayant provoqué de nombreux dégâts humains et matériels.

 

En effet, devant la délégation mixte ONUCI-Gouvernement venue d'Abidjan, le patriarche de Taï, Pierre Paulet, a pointé un doigt accusateur sur plusieurs groupes armés. « Nous sommes attaqués par les Libériens, les Allogènes, les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) et les Dozos », a lancé, excédé, le vieux Paulet. Selon lui, cette situation met particulièrement à mal la cohésion sociale entre autochtones et allogènes. « Nous avons décidé de fermer la route pour empêcher tout déplacement », a indiqué le patriarche de Taï. Pierre Paulet a souligné le ras-le-bol des populations qui, selon lui, ne savent plus à quel saint se vouer, avant de lancer un cri du cœur à l'endroit de l'ONUCI et des autorités ivoiriennes.  Après avoir écouté les populations éplorées, le représentant d’Alassane Ouattara, Alexis Ahonzo leur a apporté la compassion du Gouvernement Ouattara.

 

Il a expliqué que la situation sécuritaire de Taï est prise en compte par son gouvernement, et que « des efforts sont faits tant en hommes qu’en moyens pour accroître la mobilité des forces de l’ordre afin de mieux assurer la sécurité des populations » (…). Toutefois, a-t-il estimé, la situation à Taï, ville située non loin de la frontière avec le Liberia, rend la situation complexe. « Si on exerce sans discernement un droit de poursuite contre les malfaiteurs, cela risque de poser des problèmes entre les deux États voisins. Le gouvernement travaille afin que ce genre de situation puisse être évité, et cela en liaison avec le Liberia et avec nos partenaires, c’est-à-dire l’ONUCI et la Mission des Nations Unies dans ce pays », a souligné M. Ahonzo.

 

Source : L’Inter de ce jour

Publié dans Sécurité intérieure

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