Côte d’ivoire : « La situation sociopolitique nous inquiète… Il est difficile de se réconcilier » (Billon)

Publié le par thruthway

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L’ex-Premier ministre, Charles Konan Banny, président de la Commission dialogue, vérité et réconciliation (Cdvr) et son équipe ont reçu, le jeudi 20 septembre dernier, à Abidjan-Riviéra, une délégation du patronat et de la Chambre de commerce et d’industrie conduite par Jean-Louis Billon. Au terme des entretiens avec la Cdvr, M. Billon s’est confié à la presse.

 

 

Notre Voie : Vous sortez d’une audience avec la Cdvr. De quoi avez-vous parlé ?

 

Jean-Louis Billon : Il a été question de la situation sociopolitique qui aujourd’hui inquiète les Ivoiriens et surtout les acteurs économiques. Depuis le mois de juillet, on a vu la violence revenir en Côte d’Ivoire. Cela n’est pas fait pour rassurer. Nous sommes venus donc pour que le Président Banny puisse interpeler l’Etat et que le dialogue reprenne en vue de la réconciliation vraie des Ivoiriens. Hier (le 19 septembre 2012, ndlr), nous avons malheureusement atteint les 10 ans de crise ivoirienne. C’était des années malheureuses pour la Côte d’Ivoire. Nous avons pris énormément de retard et nous sommes en train de compromettre l’avenir des générations futures. Il est temps que ça cesse. Nous souhaitons vivement que le dialogue et la réconciliation soient réels en Côte d’Ivoire.

 

N.V : Quels problèmes spécifiques avez-vous posés à la Cdvr afin que le dialogue et la réconciliation démarrent ?

 

J-L.B : Nous avons évoqué pendant plus de deux heures tout ce que les Ivoiriens ont comme souffrances et préoccupations. Nous avons passé en revue l’injustice, la cherté de la vie, le chômage, le tribalisme, le népotisme, la mal gouvernance, la corruption, le favoritisme. Dans un tel climat avec de telles injustices, il est difficile de se réconcilier.

 

N.V : Dans une récente émission sur Radio Côte d’Ivoire, Charles Konan Banny appelait le patronat ivoirien à prendre sa place dans la réconciliation en termes financiers. Que répondez-vous?

 

J-L. B : On a toujours été présents. Et j’ai rappelé au Président Banny que le contribuable ivoirien est la victime permanente de la crise. Depuis des années, nous payons et nous continuons de payer. Nous perdons beaucoup de moyens sans que nous ne trouvions de réparations. Seul le politique trouve des réparations après les divers troubles et cela au détriment des contribuables. Nous sommes prêts mais il faut qu’il y ait des résultats probants. Nous ne pouvons plus payer sans arrêt et ne rien avoir en retour. Nous avons dénoncé depuis septembre 2002 et nous étions montés au créneau pour dire faites attention, ne prenez pas l’économie ivoirienne en otage. Malheureusement, l’économie a été prise en otage et continue de l’être. Il ne faut pas oublier que partout ailleurs le rôle du politique est de faire en sorte qu’il y ait un environnement favorable et que les citoyens vivent mieux. Pas que la classe politique vive mieux au détriment des citoyens.

 

D.A.

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