Côte d’Ivoire: Les généraux de Gbagbo victimes de leurs mauvais calculs

Publié le par thruthway

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L’état-major des ex-Forces de défense et de sécurité (FDS) a cru bon faire en allant se rallier à Ouattara. Aujourd’hui, ils se retrouvent dans une situation que nul l’aurait imaginé. Il leur sera difficile d’échapper à la justice de Ouattara.

« Si je tombe, vous tombez. » Quand il était au pouvoir, Laurent Gbagbo se plaisait à mettre en garde les généraux des Forces de défense et de sécurité (FDS). Sept semaines après la chute de l’ancien président, certains l’ont suivi, d’autres ont trébuché. À Cocody, le bâtiment qui abritait le quartier général du Centre de commandement des opérations de sécurité (CECOS, l’unité d’élite) était désert jusqu’à ce qu’il soit pris en possession par les hommes de Ouattara des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI). L’On les voit souvent en tee-shirt délavé à l’effigie de Che Guevara et quelque fois en chaussures caoutchouc appelé communément ‘‘Lêkè’’. C’est cela l’image de la nouvelle armée que s’est donnée la Côte d’Ivoire avec l’aide de la France.

Le Cecos, qui surveillait le périmètre de la résidence présidentielle, est aussi tombé le 11 avril, le même jour que Laurent Gbagbo. Son commandant, le tout-puissant général Guiai Bi Poin, a attendu deux jours avant de se présenter au Golf Hôtel et faire allégeance à Ouattara. Aujourd’hui, il paie cher ses atermoiements: début mai, Guillaume Soro, a demandé au procureur militaire de diligenter une enquête sur les violences post-électorales. Cinquante-deux militaires, gendarmes, policiers étaient visés. Que des proches de Laurent Gbagbo. Parmi eux, Guiai Bi Poin. Relâché, l’homme est néanmoins en sursis. Dans les nouvelles nominations, il a aussi été dégommé pour mieux le prendre dans les mailles de la justice. Une source nous indique que c’est ce qu’il fallait faire car ceux-ci ne bénéficiaient plus de la confiance de Ouattara et de son entourage. La source continue pour dire que l’atmosphère était bien lourde et cela ne pouvait plus durer faute de créer d’autre antécédent.

On ignore en revanche si l’enquête lancée il ya quelque peut vise toujours l’ex-chef d’état-major des armées, le général Philippe Mangou. Mais une chose est sûre?: il a prêté serment à Ouattara, le 11 avril. Il est libre de ses mouvements. Et le 21 mai, lors de l’investiture d’Alassane Ouattara à Yamoussoukro, le galonné était bien visible au côté de son alter ego des ex-Forces armées des Forces nouvelles (FAFN), le général Soumaïla Bakayoko devenu aujourd’hui le nouveau chef d’état major.

D’autres avaient opté pour un ralliement beaucoup plus précoce. C’est le cas du respecté général Détoh Letoh, commandant des Forces terrestres, reconduit une fois de plus par Ouattara. Il a rejoint les FRCI durant les combats, entraînant ses hommes (bataillons d’artillerie et d’infanterie, blindés, parachutistes) dans son sillage. Son soutien à Ouattara a bouleversé les plans du Président Gbagbo et le contraignant à ne compter que sur des unités spéciales et, surtout, des paramilitaires. Le général Nicolas Kouakou, commandant du Centre de commandement intégré (CCI), fait lui aussi partie des premiers rallié. Il est actuellement un élément essentiel des FRCI et a pour mission de rebâtir la nouvelle armée ensemble avec Bakayoko.

Le général Édouard Kassaraté Tiapé a quant a lui été remercié et nommé comme ambassadeur au Sénégal pour que Wade le surveille, tout en oubliant que lui-même fait fasse en ce moment à une révolution dans son pays.

D’autres se font en revanche plus discrets. Parmi les portés disparus depuis le 11 avril figurent le vice-amiral Vagba Faussignaux, commandant de la marine nationale mais aujourd’hui prisonnier de Ouattara à Boundiali dans un état déshonorant, et le capitaine Boniface Konan, de l’unité spéciale des fusiliers marins commandos, qui a farouchement mené la bataille d’Abidjan depuis le palais présidentiel, au Plateau. Il faut signaler que Faussignaux avait été blessé le 11 avril lors des combats d’Abidjan. Quant à Boniface Konan, il est en fuite, mais « réside au Ghana depuis le 11 avril ». Et les rumeurs vont bon train?: Konan préparerait un coup d’État depuis son exil. D’autres le situent en Angola, où il chercherait à recruter des mercenaires. Joint par téléphone, l’intéressé confirme être à Accra, mais dénonce des « informations totalement infondées ». « Ceux qui portent des accusations devraient au moins apporter des preuves », martèle-t-il. Il continue pour dire: « Je suis un soldat, donc soumis au droit de réserve. »

Le très craint général Dogbo Blé aurait sans doute préféré goûter au charme de l’exil. Trois jours après l’arrestation de Laurent Gbagbo, le patron de la garde républicaine a été interpellé à Abidjan par les tueurs du FRCI. La dernière image publique de lui?: menotté, un visage tuméfié, portant un pyjama et encadré par ses geôliers au Golf Hôtel. Il est, depuis, détenu à la Compagnie territoriale de Korhogo (Nord) (CTK), dans le fief du non moins craint Fofié Kouakou, l’un des commandants des ex-Forces nouvelles.

Quant au colonel major Nathanael Brouaha Ehouman, commandant du Groupement de la sécurité présidentielle (GSPR), il s’était retranché dans son village natal du sud-ouest du pays, avec un groupe de combattants. Mais, il a après été tué par les tueurs des FRCI, tentant ensuite d’accuser un certain mercenaire.

Plus tacticien, Jean-Noël Abéhi, commandant de l’escadron blindé de la gendarmerie basé au camp d’Agban d’Abidjan (l’un des derniers bastions de Gbagbo), s’est terré pendant plusieurs mois avant d’apparaître, au Golf Hôtel, le 16 mai dernier, au côté de Charles Konan Banny, le président de la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation. Ensuite la tension est monté a égard tant l’homme est craint même par la France. Depuis lors, l’homme a choisi de s’exiler pour ne pas subir la sauvagerie des FRCI. L’un de ses proches nous a affirmé ceci: ‘‘Notre commandant reviendra bientôt, laissez ceux qui parle se masturber, car le moment venu, nous verrons qui est qui’’. ‘‘De toutes les façons ils n’y échapperont pas’’ ajouta t’il. Voila qui est clair. Ceux qui ont choisi le camp du peuple se battront pour libérer ce peuple du joug colonial.

source : Wikilibre – Infodabidjan.net

Publié dans Actualité militaire

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