Côte d’ivoire- Rentrée universitaire : Les enseignants ne se sentent pas concernés

Publié le par thruthway

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Lu pour vous dans le quotidien gouvernemental « Fraternité Matin » du mercredi 29 Aout 2012

 

La rentrée universitaire du 3 septembre sera-telle effective ? La question mérite d’être posée. Car au moment où le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique met les bouchées doubles pour finir les derniers travaux de réhabilitation, pour une reprise effective, des syndicats d’enseignants se préparent à ne pas répondre présent ce jour-là.

 

« Nous ne nous sentons pas concernés par cette rentrée universitaire annoncée en grande pompe. Dans les préparatifs de cette rentrée que l’on veut solennelle, on parle de tout sauf de la situation des enseignants, de leurs problèmes restés en suspens sans solutions. Avec quels enseignants fera-ton cette rentrée » ? Se demande le nouveau secrétaire général de la Coordination nationale des enseignants chercheurs (Cnec), le Pr. Ouattara Mamadou de l’Université Nangui Abrogoua (ex-Université d’Abobo-Adjamé). Selon lui, la tutelle a occulté la résolution de leurs différentes préoccupations danstout le processus du « nouveau départ ». Dans son entendement, le concept « départ nouveau » doit prendre en compte autant les infrastructures que les ressources humaines. En clair, si les bâtiments ont été relookés, ils resteront vides si les animateurs qui sont les enseignants n’ont pas été pris en compte.

 

Le préalable posé parles enseignants concerne les impayés des primes de recherches, des heures supplémentaires, des frais d’encadrement et de jury,  la grille particulière qui est jusque-là appliquée à moitié et la question récurrente de la biappartenance des médecins à l’université. En effet, pour d’éminents professeurs en médecine (qui enseignent à la fois à l’Unité de formation et de recherche-Ufr- de médecine et sont en fonction à la Fonction publique, dans les hôpitaux), il faut un traitement particulier.

 

A ces problèmes, il faut ajouter la perte des fonds de cours des enseignantspar le pillage et la destruction dont ils ont été victimes pendant la crise post-électorale. « Dans les universités, le personnel administratif est doté d’outils de travail contrairement aux enseignants qui s’équipent à leurs propres frais. Après le pillage des universités, de tous les bureaux dont celui des enseignants, il est plus que nécessaire que le gouvernement pense à nous donner des kits de rentrée universitaire qui pourraient être constitués du matériels informatique et d’ouvrages en fonction des spécialités des uns et des autres », soutient le Dr. Jules T. (enseignant chercheur) à Cocody.

 

En vue de trouver une solution définitive à toutes ces questions et permettre à tous les acteurs des universités d’être en phase avant la rentrée du 3 septembre, plusieurs rencontres avec le ministre Cissé Bacongo sollicitées par les enseignants n’ont jamais pu se tenir, à en croire nos interlocuteurs. « Des rendez-vous en bonne et due forme ont été pris avec le ministre, mais chaque fois que nous nous sommes déportés à son cabinet, on nous fait dire qu’empêché à la dernière minute, il ne peut nous recevoir. Le dernier faux bond date du lundi 27 août », déplore le président de la Cnec. Pour coordonner les actions autour de ces préoccupations du corps enseignant qui risquent de perturber la rentrée universitaire dont les festivités ont été lancées officiellement lundi après-midi, la Cnec organise aujourd’hui, mercredi, au Grto, une assemblée générale suivie d’une conférence de presse du Pr. Ouattara Mamadou.

 

Et pourtant, convaincu que l’université ne se résume pas aux bâtiments et matériel pédagogique rénovés, le ministre Cissé Bacongo, a assuré, dans une interview dans l’édition du vendredi 24 août 2012 de Fraternité Matin en ces termes : « A la date d’aujourd’hui, pour nous, le personnel d’encadrement ne pose pas de problème insoluble. Car, le personnel que nous avons, de mon point de vue, est de qualité. Il y en a en nombre suffisant, même s’il faudra songer à le compléter…l’un dans l’autre, je considère qu’aucun problème ne se posera au niveau du personnel».

 

 

GERMAINE BONI

Publié dans Education

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