Côte d’ivoire : Un an après retour sur « le commando invisible » Des nouvelles révélations sur la mort d’IB.

Publié le par thruthway

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Lu pour vous dans la presse….

 

A chacun de se faire une opinion

 

 

Il s’est abstenu de parler pendant un an. Malgré toutes les accusations à l’encontre de son mentor, il garde le moral. A l’occasion de l’an un de la mort du Major IB, il a accepté de rompre le silence. Dans cette interview exclusive, Ben Rassoul Timité, chef du cabinet privé du défunt, revient sur sa mort, la réconciliation nationale et relate comment est né le commando invisible.

 

M. Ben Rassoul, cela fait un an que votre leader, le major Ibrahim Coulibaly a été tué. Que savez-vous de sa mort? Tué ou assassiné, et par qui?

 

Avant tout propos, permettez-moi de rendre gloire à Dieu L’Eternel des armées qui m’a permis de survivre à cette douloureuse crise postélectorale dans laquelle 3000 personnes ont laissé leur vie. Aussi voudrais-je m’incliner devant la mémoire de tous les morts y compris celle du Général IB, compatir à la douleur des familles endeuillées et souhaiter un prompt rétablissement aux blessés. Revenant à votre question, vous me pardonnerez  l’économie que je veux bien faire de certaines vérités, au nom de la réconciliation. Toutefois, dire que IB a été tué par les FRCI peut paraitre évidente. Quand vous jetez un regard rétrospectif sur le déroulement des événements, point n’est besoin d’être un juriste pour savoir la nature de cette mort. Au nom de la réconciliation, je ne voudrais pas y revenir même si la réconciliation n’exclut pas la justice. Mais en tout état de cause, la Côte d’Ivoire n’avait pas besoin de cette mort. Il a été dit sur les chaines de TCI (Télévision de Côte d’Ivoire; ndlr) que IB refusait de déposer les armes. Pourtant, après la mort de IB, des miliciens étaient toujours en armes, avec lesquelles des meetings ont été organisés pour parler de réconciliation. Le Commando invisible avait déjà commencé à déposer les armes au soir du 26 avril 2011 et cette action avait pris fin le mercredi 27 avril au matin, lorsque les hommes de IB ont subi cette attaque meurtrière. Il a été par la suite dit que IB avait pris toute une famille en otage. Dans une cour commune. Mais comment pouvez-vous comprendre le fait que IB est tué avec les six membres de sa garde rapprochée, sans qu’un seul otage ne soit égratigné. Cela donne à réfléchir. Sur la photo du corps de IB qui a été publié, on aperçoit clairement un visage tuméfié qui met inexorablement à nu les coups qu’il a bien pu subir pendant la torture. Mais au nom de la réconciliation, je vous fais l’économie de certaines vérités.

 

Etait-il vraiment le père du commando invisible?

 

C’est un secret de polichinelle. IB était bel et bien le père du Commando invisible. Je pense que cette question ne mérite plus d’être posée. C’est un débat anachronique qui ne change rien au quotidien des Ivoiriens. Tous les 12 chefs d’unité du commando invisible prenaient les instructions chez le ‘’ General IB ‘’. C’est après le 11 avril que les données ont changé.

 

Revenons un peu sur ce commando invisible. Comment l’avez-vous monté et comment êtes-vous arrivé à Abobo?

 

On avait des combattants que nous avions logés dans les dix communes d’Abidjan et à Anyama. Vu que le CECOS avait eu vent de ce que des ex-combattants logeaient dans certains endroits de la capitale économique, on a jugé bon de délocaliser beaucoup d’entre eux. Nous les avons regroupés à Abobo Pk 18 où logeait l’ex-commandant (com’zone) de Dabakala, Inza Karamoko dit Commandant ‘’Fongnon’’, qui deviendra plus tard Colonel Bauer. Dans les autres communes, le CECOS enlevait nos hommes, qui ne revenaient plus. Je peux citer entre autres Abou, Tchang, Guizo, Kass, etc. C’est alors que quand nous avons appris qu’une marche allait être organisée sur la RTI pour installer le nouveau Directeur général, Brou Aka Pascal, on s’est dit que les forces de l’ordre allaient être concentrées sur la RTI; ce qui nous donnait une marge de manœuvre consistante. Nous n’avions pas d’armes. Le Colonel Bauer avait un ami qui avait une kalachnikov cachée à son domicile, qu’il a empruntée. Bauer a organisé ses hommes en les scindant en unités. Les éléments lui ont demandé comment ils allaient réussir une éventuelle opération avec une seule kalach. D’aucuns ont proposé ce que nous appelions ‘’A.S.C’’, c’est-à-dire ‘’attaque surprise sur les corridors’’. Cette stratégie devait consister à attaquer les corridors occupés par les gendarmes en vue d’acquérir du matériel de combat. Le Colonel Bauer a proposé une autre stratégie : se défendre avec une seule kalach et en obtenir plusieurs. Le jour de la marche sur la RTI, des gendarmes sont venus au PK18 en vue de procéder à des vagues d’arrestations, puisqu’ils savaient qu’on était là. C’est alors que Bauer a tiré plusieurs coups en l’air et de façon disparate. Les gendarmes ont eu l’impression que les tirs fusaient de partout. C’était la débandade. Certains ont jeté leur kalach en prenant leurs jambes à leur cou. Le premier jour, la moisson était bonne. Nous avons obtenu 9 kalach plus la seule que nous avions, ça nous faisait 10. Quelques jours après, ils ont procédé par ‘’A.S’’(attaque surprise); des éléments ont alerté rapidement le Colonel Bauer, qui a vite pris son ablution et a rapidement organisé ses troupes. Ce jour-la, la moisson était encore bonne. Progressivement, nous avons constitué un arsenal de combat. Voila brièvement comment le commando invisible est né. C’est la presse qui a donné le nom ''commando invisible'', sinon la population savait que nous étions là et savait ce pourquoi nous étions là, puisque beaucoup d’entre nous ne savaient pas se taire. C’était en quelque sorte une cellule dormante bien avant l’élection présidentielle.

 

IB et ses hommes détenaient des armes très neuves. D'où tenaient-ils cet arsenal impressionnant?

 

A part la seule kalachnikov empruntée, tout le reste a été acquis sur les théâtres d’opération.

 

Pour qui combattiez-vous?

 

Nous combattions pour protéger les populations; nous combattions pour la démocratie et au delà, pour faire respecter le suffrage du 28 novembre 2010.

 

Beaucoup de voix parmi les ex-combattants proches de l'ex-Premier ministre Soro ne reconnaissent pas ''IB'' comme le père du commando invisible. N'est-ce pas une situation dont a tenté de profiter le défunt ?

 

Vous savez, au moment ou IB vivait, ils le reconnaissaient comme le père du commando invisible. C’est à sa mort qu’ils lui ont nié la paternité du commando invisible. En Français, comment appelle-t-on celà ? Pour venir à Abobo, vous êtes nombreux, vous les journalistes qui m’appeliez ou appeliez la cellule de Communication de IB pour organiser votre rencontre avec le père du commando invisible ou pour un reportage. Pourquoi n’appeliez-vous pas en ce moment-là ceux qui lui nient aujourd’hui la paternité ? Ce débat est désormais puéril pour moi. Même Dieu lui-même, qui a créé les cieux et la terre, est victime de polémique.

 

N'avez-vous pas vu venir le danger quand il a été sommé de faire allégeance aux nouvelles autorités au lendemain de la chute de Laurent Gbagbo?

 

Bien sûr que nous avons vu venir le danger. IB avait fait allégeance au président de la République avant même qu’on ne le lui demande. Quand il a vu que la voie médiatique seule ne suffisait pas, il a demandé à se rendre au Golf hôtel pour le faire. Malheureusement, l’audience ne lui a pas été accordée. Contrairement à ce qui se raconte faisant état de ce qu’il a refusé d’aller au Golf hôtel, je voudrais dire que l’audience ne lui a pas été accordée. J’ai moi-même appelé la ministre Anne Désirée Ouloto pour savoir si elle confirmait cette audience; elle m’a répondu que le président de la République n’avait pas d’audience avec IB inscrite sur son agenda. J’ai aussi plaidé auprès d’un ancien ministre très introduit auprès du président, afin qu’il pèse de tout son poids pour obtenir cette audience. Il m’a simplement répondu que IB est fini et que s’il veut être président, qu’il attende 2015. Voici ce que moi j’ai pu faire personnellement, sans vous parler de toutes les initiatives menées par le capitaine Aka Meyo et IB lui-même. Et j’ai eu l’impression en ce moment-là que la messe était dite. Nos tentatives de convaincre le ‘’ Général ‘’ qu’il fallait qu’il sorte du pays sont restées vaines. Il nous a dit qu’il ne pouvait pas trahir tous ces milliers de combattants qui se reconnaissaient en lui. Et c’est quand il a été tué que j’ai compris que mes collaborateurs, qui soutenaient mordicus que notre malheur ne viendrait pas de M. Gbagbo mais d’ailleurs, ont eu trop tôt raison de moi.

 

IB n’est-il pas mort à cause de son ego dans sa vieille querelle de leadership avec l’ex-Premier ministre Guillaume Soro, leader des FN?

 

Est-ce que vous êtes en train de m’informer que c’est M. Guillaume Soro qui a tué IB? Dans tous les cas, chacun peut se faire une idée quand on analyse le déroulement des faits. Un éminent journaliste aujourd’hui directeur général d’un groupe de presse disait ceci au lendemain de la mort de IB: « deux caïmans ne peuvent pas cohabiter dans un même marigot. Ou c’était Soro, ou c’était IB ». Fin de citation. A chacun de méditer. Mais, ce dont je suis convaincu, c’est que je ne crois pas que IB aurait tué M. Guillaume Soro. Si vous visionnez très bien les vidéos de l’opération ‘’noël à Abidjan’’, le Français qui est dans le film dit que le grand frère, en référence à IB, dit de ne tuer personne.

 

 

Pourquoi IB n’a pas fait allégeance au Premier Ministre et surtout Ministre de la Défense Guillaume Soro, qui attendait de le recevoir au Golf Hôtel conformément à la volonté du président Ouattara?

IB n’a pas non plus refusé de faire allégeance au Premier Ministre, Ministre de la Défense M. Guillaume Soro. Seulement que l’occasion pour le faire ne s’est pas présentée. Primo, IB a fait allégeance au Chef suprême des armées qui, je pense, est M. Alassane Ouattara lui-même le supérieur dans la hiérarchie du Premier ministre et Ministre de la défense. Secundo, malgré tout cela, IB a décidé de se rendre au Golf Hôtel après le message du président dans lequel il demandait à IB d’aller rencontrer M. Guillaume Soro. Ce jour-là, les populations d’Abobo ont loué plusieurs véhicules de transport pour accompagner le cortège de IB qui devait aller au Golf. IB et ses hommes attendaient les forces de l’ONUCI qui devaient l’escorter pour le Golf Hôtel. Suivez bien mon explication. Pendant qu’il attendait la force de l’ONUCI, un journaliste anonyme appelle et affirme : « Ce n’est pas la peine de vous rendre au Golf parce que le Golf a été rendu en poudrière. Des armes lourdes sont positionnées partout, certainement, pour vous empêcher d’y avoir accès ». Malgré tout cela, IB décide s’y rendre contre vents et marrés. Les éléments précurseurs, ou si vous voulez, les éclaireurs que nous avons envoyés en mission donne l’information que des embuscades ont été tendues. Pour faire quoi, je ne saurais vous le dire, mais chacun peut se faire une idée. Malgré cela, IB tenait coûte que coûte à y aller de peur qu’on ne dise qu’il a refusé d’y aller. Pendant ce temps, IB attend désespérément les forces de l’ONUCI qui devaient l’escorter. Il décide alors de faire appeler téléphoniquement l’ONUCI pour savoir ce qui se passe. Pour des questions de sécurité, je ne vous dirai pas ce que l’officier de l’ONUCI donne comme information. Mais en tout état de cause, l’ONUCI n’est plus disposée à escorter IB. Que ce soit le capitaine Aka Meyo ou moi-même, nous avons fait des pieds et des mains pour que la rencontre ait lieu, mais le Seigneur dans sa bonté infinie n’a pas voulu. Et vous le savez, rien ne peut contre la volonté de Dieu. Encore si ce fut la volonté de Dieu ? Vous me donnez aussi l’occasion de parler de la rencontre au sein de l’ONUCI. Ils sont nombreux les amis qui m’ont dit sur facebook que IB a refusé de s’y rendre. Je dis encore que tout cela relève des incompréhensions. Cher frère, ayons un peu peur de Dieu, car, tôt ou tard, nous irons tous dans cet autre monde comme si de rien n’a été. IB avait décidé d’aller à l’ONUCI pour rencontrer le Général Michel Gueu qui conduisait la délégation envoyée par le Ministre de la Défense. Mais, abattu moralement par le premier rendez-vous manqué avec tout ce qui a tourné autour, éprouvé par des jours de combats pour protéger la population, affaibli par plusieurs jours de jeûnes surérogatoires, le Général IB avait fini par tomber malade. Il a donc dépêché le capitaine Aka Meyo, porte parole du Commando Invisible, le Colonel Yacé Ehiva Thierry, le Commandant Sam et l’un des Chefs d’Opération, le Capitaine Toupac pour rencontrer les représentants du Premier ministre et Ministre de la Défense.  Et le même soir, nous avons subi une première attaque. Le lendemain, j’ai lu sur certains journaux que IB a refusé de répondre au rendez-vous. C’est à partir de ce moment que j’ai été convaincu de ce dont j’étais convaincu.

 

IB pouvait-il survivre à cette crise post-électorale? Si oui, comment et que serait-il devenu par rapport à ses ex-camarades?

 

Je vous réponds sans ambages par l’affirmative. Il suffisait d’accepter les consignes d’un leader politique ivoirien septuagénaire qui demandait qu’on l’arrête et qu’on le mette en résidence surveillée. Il aurait appartenu au président de la République de décider de son sort par rapport à ses camarades. On pouvait organiser un dialogue entre eux dans l’objectif d’une réconciliation entre les frères ennemis d’hier. Et là, vous me donnez l’occasion de remercier la première dame de Cote d’Ivoire, Mme Dominique Ouattara, des bonnes intentions dont elle a été animées dans les derniers instants de la vie de IB.  Je lui dis également un grand merci pour ses coups de fil de compassion à l’ endroit de l’épouse de IB.

 

On le soupçonnait de ne pas jouer franc-jeu avec le camp Ouattara.  D'aucuns ont même parié qu'il pactisait dans l'ombre avec Laurent Gbagbo. Qu'en dites-vous?

 

Vous savez, je suis un peu embarrassé par vos questions, dans la mesure où il y a ma volonté de faire la lumière sur les allégations mensongères et celle de ne pas remuer le couteau dans la plaie au nom de la réconciliation nationale. Mais, je vais essayer de répondre tout de même en faisant l’effort de ne pas blesser. IB a-t-il déjà siégé dans un gouvernement de M. Gbagbo Laurent? Combien de prétendues tentatives de coup d’Etat contre M. Gbagbo n’ont-elles pas été dénoncées par les journaux proches de ceux qui parlent de pacte entre lui et M. Gbagbo? Combien d’hommes proches de IB n’ont-ils pas été emprisonnés sous Gbagbo Laurent? Combien de proches de IB n’ont-ils pas été tués par le CECOS? Contre qui IB et ses hommes se sont battus à Abobo pendant la crise post-électorale? Entre celui qui pactise avec le diable et le diable, qui faut-il tuer? La Côte d’Ivoire a-t- elle dans son code pénal un article qui stipule la peine de mort? Non, disons-le net, cette façon de dire les choses manque de vérité et de tolérance.  IB s’en est allé, tournons la page et réconcilions-nous. C’est cela qui peut grandir la Côte d’Ivoire et non ces accusations stériles.

 

Un an après sa mort, que comptez-vous faire ?

 

Un an après sa mort, il faut résolument s’inscrire dans la dynamique de la réconciliation. A ceux qui ont aimé IB et qui parlent de vengeance, je voudrais leur dire que IB ne nous a pas enseigné la vengeance; il faut pardonner. De vengeance en vengeance, on finira par conduire la Côte d’Ivoire à la déchéance. C’est vrai, nous avons perdu un leader en qui nous avons placé de l’espoir. Nous nous sommes battus à ses cotés pendant une décennie pour les libertés, l’égalité, la démocratie et au moment de bénéficier des fruits de ce combat, nous sommes endeuillés, contraints à l’exil pour certains et vivant dans une posture délicate au pays, pour d’autres. Mais il faut pardonner. La Côte d’Ivoire a besoin de notre pardon.

 

Que sont devenus ses hommes?

 

Les hommes de IB, comme je l’ai dit tantôt, sont pour certains en exil en Europe et pour d’autres, en Afrique de l’ouest et centrale. D’autres par contre sont en Côte d’Ivoire. Mais il nous revient de façon récurrente  qu’il y a une méfiance à leur égard dans les casernes, d’où le traitement à double vitesse. Certains même sont chassés de leur poste qu’ils occupent pour aller se retrouver dans d’autres camps. Ceux qui ont perdu leur emploi sous le régime de M. Gbagbo Laurent, n’ont pas encore été réintégrés dans leurs fonctions.

 

Et vos recrues d’Abobo ? Sont-ils désarmés, inscrits dans le processus de réinsertion ?

Nos recrues sont désarmées depuis même avant la mort du Général IB. C’est justement l’effectivité de ce désarment qui a fait que nous n’avions plus de moyens de défense proportionnels à l’attaque que nous avons subie le mercredi 27 Avril 2011 et qui a contraint IB et sa garde rapprochée à se réfugier dans une cour. Hélas. Destin, quand tu nous tiens. Après sa mort, il y avait quelques kalachs qui étaient dissimulés dans d’autres quartiers. Le Capitaine Aka Meyo a demandé à l’ONUCI de procéder à une cérémonie de collecte de ces armes. Cela a été fait. Pour la réinsertion, lorsque le Colonel Bauer et moi avons reçu deux membres de l’ONUCI à Accra, nous leur avons soumis cette inquiétude, à savoir la réinsertion de nos hommes. Ils nous ont dit que le processus de réinsertion n’a pas encore commencé. Pourtant, certains de nos hommes me disent qu’il y a certains ex-combattants autres que les nôtres qui ont déjà été réintégrés à l’armée. Ils auraient déjà, selon leur expression, des matricules. Je pense que c’est une façon pour eux de dénoncer une certaine discrimination. Mais je m’évertue à leur faire comprendre que la réinsertion est un long processus qui demande du temps et des moyens. Il faut faciliter la tâche aux autorités en ne s’impatientant pas.  Avec un peu de patience, ce sont des choses qui vont rentrer dans l’ordre. Mais certains ont déjà choisi l’exil.

 

Avez-vous des nouvelles de sa famille?

 

J’ai des nouvelles rassurantes de sa famille. Son épouse et ses enfants vont bien. Quant à ses sœurs et frères, ce n’est pas la rose parce que quand vous perdez celui qui était le principal pourvoyeur de vos aides financières, il est clair que cela rejaillit sur votre quotidien, sur votre existence.

 

Ses épouses avaient décidé de porter plainte pour meurtre au lendemain de son décès. Où en est cette procédure?

 

Je vais plutôt dire son épouse. Son épouse Karidia Coulibaly avait effectivement décidé de porter plainte; je crois que c’est effectif. Je n’en sais pas grand-chose. Le collectif pour la justice sur l’assassinat de IB dont fait partie la mère française de sa fille, a également porté plainte. Je ne saurais également vous en dire davantage. En tout état de cause, les avocats respectifs sont à pied d’œuvre.

 

Comment entrevoyez-vous la réconciliation prônée par le président Ouattara?

 

D’abord, je salue la création de la commission dialogue, vérité et réconciliation, même si j’estime qu’il aurait été plus judicieux de tabler sur la trilogie vérité, justice et réconciliation. Donc pour moi, dialogue et vérité sont deux notions redondantes qui, dans une certaine mesure, renvoient au même objectif. Ceci dit, cette réconciliation ne sera une réalité que si les acteurs eux-mêmes y mettent une dose de bonne foi et de sincérité. Les Ivoiriens n’ont véritablement pas de problèmes majeurs entre eux. La vraie réconciliation viendra des acteurs politiques. C’est pourquoi je me réjouis de ce que le président de la République ne semble plus être partant pour faire juger les pro-Gbagbo à la Haye, à en croire la presse ivoirienne. Il faut aller plus loin que cela et faire revenir M. Gbagbo Laurent en Côte d’Ivoire. Ce sont les Ivoiriens qui l’ont élu .C’est donc devant les Ivoiriens qu’il devra répondre de ses actes. Nous avons des juges compétents et jouissant d’une grande probité pour le faire. Et je suis convaincu que le président de la Cdvr, M. Charles Konan Banny, réussira cette mission. Surtout qu’il a le soutien du nouveau Premier ministre, qui lui a emboité le pas en convoquant l’opposition à des discussions. Et là, je marque une pause pour m’interroger sur les critères qui ont prévalu à la sélection des partis politiques dits de l’opposition qui doivent se réunir à Bassam.  Il y a des partis politiques qui n’ont pas encore un an d’existence et qui sont invités là où ceux de plus d’une année n’y sont pas. Je suis en droit légitimement de m’interroger. Aussi voudrais-je profiter de l’occasion pour m’interroger sur les obstacles à la publication du rapport sur la crise post-électorale de la commission nationale d’enquête dirigée par Mme Mato Loma Cissé. Il nous avait été promis qu’on en connaitrait les conclusions en fin mars-début avril.

 

Des voix s’élèvent et estiment que la CPI doit épingler des coupables dans le camp Ouattara relativement notamment aux tueries à l’ouest et aux combats à Yopougon. Est-ce votre avis ?

Mon frère, pour parler comme à Abobo, vous voulez manger piment dans ma bouche ? De deux choses l’une. Soit, au nom de la réconciliation nationale, on décide de faire table-rase de toute procédure judiciaire dans un camp comme dans l’autre et là on demande aux victimes de pardonner parce qu’aucun procès, fut-il le plus sévère du monde ne peut faire revenir un mort à la vie et on prend le soin de les dédommager de façon conséquente. Ou, on décide d’épingler équitablement dans tous les camps et de procéder à des procès sur le sol ivoirien et au nom de la réconciliation de faire des amnisties ou des grâces présidentielles, tout ce que vous voulez. Ou enfin, on décide de faire fi de la réconciliation nationale et, de procéder à des arrestations dans un seul camp, suivez mon regard, en attendant qu’il y ait des preuves pour arrêter des présumés coupables dans un autre camp. Parce que, ouvrez les guillemets, on ne procède à des arrestations que quand on a des preuves, fermez les guillemets. L’un dans l’autre, je pense qu’aucune nation post crise ne peut véritablement prospérer sans pardon mutuelle. Nous avons tous péché, nous devons tous nous repentir. C’est à ce prix que la Côte d’Ivoire connaitra une vraie réconciliation. Et là, j’invite tous les Ivoiriens à non seulement désarmer leur bouche mais surtout leurs cœurs.

 

On peut le dire, la page IB est définitivement tournée. Que faites-vous encore à l'extérieur, vous qui êtes toujours en exil, et à quand votre retour au pays?

 

Nous faisons l’effort de tourner la page IB au nom de la réconciliation, mais nous faisons aussi l’effort de ne pas oublier. Je suis encore à l’extérieur contre mon gré, en attendant d’être sûr que rien ne m’arrivera effectivement en cas de retour. Sinon, j’ai essayé  avec un ou deux conseillers de l’ex-Premier ministre, M. Guillaume Soro. Ils avaient promis de me rappeler après concertation, mais jamais ils ne l’ont fait. Je me suis alors dit que je n’étais pas le bienvenu. Tout compte fait, j’espère qu’un jour je regagnerai mon pays pour lequel, je nourris de grands projets.

 

Entretien réalisé par Félix D.BONY

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rachel 27/04/2012 13:02


Des gougnafiés com ça !!! doublés d'analphabètes !!! ils tordent le sens des mots et leur donnent d'otres significations. La democratie s'accomode t'elle des coups détat??? Et en plus il
blasphème à tout vent et utilise le nom de dieu (Eternel des armées, créateurs du ciel et de la terre)! Médites sur ces recommandations duDieu vivant tiré de sa Parole (véritable source de vie)


1- Eph 6 :12 : « Car nous n'avons pas à lutter contre la chair etn le sang, mais contre les dominations, contre les autorités, contre les princes de
cemonde


2-proverbe: 10- 16:





Mon fils, si des pécheurs veulent te séduire, Ne te laisse pas gagner.




11


S'ils disent : Viens avec nous ! dressons des embûches, versons du sang, Tendons des pièges à celui qui se repose en vain sur son innocence,




12


Engloutissons-les tout vifs, comme le séjour des morts, Et tout entiers, comme ceux qui descendent dans la fosse ;




13


Nous trouverons toute sorte de biens précieux, Nous remplirons de butin nos maisons ;




14


Tu auras ta part avec nous, Il n'y aura qu'une bourse pour nous tous !




15


Mon fils, ne te mets pas en chemin avec eux, Détourne ton pied de leur sentier ;




16



Car leurs pieds courent au mal, Et ils ont hâte de répandre le sang.


La crainte de l'Éternel est le commencement de la science ; Les insensés méprisent la sagesse et l'instruction.