CPI/Le président Gbagbo aux Ivoiriens : «NE PLEUREZ PAS, SOYEZ FORTS… ». Quelques réactions depuis paris

Publié le par thruthway

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Alassane Ouattara l'a appelé de tous ses vœux, au point d'en faire un axe central de son programme de gouvernement. Hier, la CPI a formellement inculpé le président Gbagbo. Et l'a immédiatement transféré à La Haye.

 

La journée d'hier, mardi 29 novembre 2011, a été particulièrement chargée et harassante hier pour le président Gbagbo à Korhogo. En fin de matinée, ce mardi, assisté de ses avocats, il reçoit la visite d'une juge de la Chambre d'accusation de la Cour d'appel d'Abidjan. Elle doit venir, lui a-t-on dit, pour vérifier ses conditions de détention. Le président Gbagbo croit que cette visite fait partie de la réponse à la requête qu'il a émise : pouvoir marcher dans la cour de sa «cachette» deux heures par semaine. Quand la délégation d'Abidjan arrive à son lieu de détention, elle ne prend même pas la peine de s'asseoir. Une lettre lui est tout simplement tendue. Quand il interroge ses hôtes sur son contenu, il n'a droit qu'à des mines gênées. On lui explique que puisque le courrier lui est adressé, il doit en avoir la primeur. C'est donc avec surprise qu'il se rend compte qu'il s'agit d'un mandat d'arrêt émis par la Chambre préliminaire de la CPI.


«Que devons-nous faire maintenant ?», demande-t-il, en substance. Il lui est demandé de suivre ses hôtes au tribunal pour que le mandat d'arrêt lui soit officiellement signifié et qu'il réagisse. Ses avocats nationaux, surpris, demandent un report pour concertation. Un refus leur est opposé. De vifs échanges s'ensuivent. Face à la situation, le président Gbagbo choisit de parler à ses avocats. Pour lui, la décision de son inculpation est une décision politique. Et au vu de la volonté du nouveau régime de le transférer devant La Haye le plus tôt possible, obtenir un répit ne servirait à rien. Après avoir donc pris connaissance des documents, il les signe, sous l'oeil vigilant de ses défenseurs. La  procédure ivoirienne est ainsi mise en veilleuse, le régime ayant opté pour son transfèrement à La Haye, prétendu gage d'une vraie réconciliation. A partir de cet instant, les choses vont s'accélérer. Le président Laurent Gbagbo, qui a fait revenir Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié de France en 2001, devient le premier ivoirien contraint à l'exil. En dépit de la Loi fondamentale.


Laurent Gbagbo aux Ivoiriens : «Ne pleurez pas, soyez fort...»


Le président Gbagbo, qui a toujours œuvré pour le bien-être des Ivoiriens, est resté fort et digne face à cette autre épreuve qui, assurément, afflige les patriotes ivoiriens et les démocrates, épris de paix. C'est donc fort logiquement qu'il refuse que les Ivoiriens qui l'ont soutenu et le soutiennent encore sombrent dans la détresse. Voici son message au peuple ivoirien, par le biais de ses avocats, présents à ses côtés à Korhogo : «Ne  pleurez pas, soyez forts et courageux, le temps est un autre nom de Dieu». Aux environs de 17h 40, le président Gbagbo qui n'a pas mangé de la journée, ayant été retenu au tribunal toute la journée, regagne - sous la surveillance des hommes de Fofié Kouakou - la villa où il est maintenu en résidence surveillée depuis sa déportation à Korhogo, au lendemain de son arrestation.

 

LES REACTIONS


Aux environs de 18 heures, la nouvelle de son transfèrement à La Haye, à bord d'un avion qui attendait à l'aéroport de Korhogo, fait le tour du monde. L'information sera confirmée quelques heures plus tard par des sources proches des avocats de Laurent Gbagbo. L'information a profondément ému les Ivoiriens qui ont vite regagné leurs domiciles. Tous s'indignaient de l'attitude des nouveaux dirigeants et formulaient des prières à l'endroit de Laurent Gbagbo. Un digne fils de Côte d'Ivoire que Ouattara envoie croupir a mille lieues de la terre de ses ancêtres. L'histoire le retiendra.


L’annonce de l’inculpation de Laurent Gbagbo par la CPI à Korhogo et celle de son transfèrement ont retenti à Paris comme un séisme dans la galaxie patriotique ivoirienne de France. Entre effusion de larmes et accès de colère sur le pavé parisien, les partisans de Laurent Gbagbo crient leur indignation. Des leaders de la résistance anti-Ouattara aussi. Réactions

Christine Zékou (Leader des femmes patriotes de France) :

«La lutte continue !»

«L’inculpation du président Laurent Gbagbo par la cour pénale internationale ne sonne pour nous comme la fin du combat que nous avons commencé avec lui depuis 1990. Le combat de la liberté. Son arrestation du 11 avril dernier nous a tous ragaillardis, son inculpation décuplera nos forces. Nous nous battrons avec tous les moyens légaux pour que Laurent Gbagbo et la Côte d’Ivoire soient libérés du joug néocolonial français. Le combat ne s’arrête pas, bien au contraire, la lutte continue ! Rien ne nous arrêtera jusqu’à la libération totale de la Côte d’Ivoire. Les enfants de Laurent Gbagbo restent dignes et debout face à l’adversité. Le combat de la liberté n’est jamais complètement achevé, alors réarmons-nous de courage et éliminons la peur en nous parce que le serpent de l’oppression coloniale n’est pas encore mort».

 

Abel Naki (président du CRI-panafricain) :


«La CPI est un instrument politique »


« La décision de la CPI d’inculper le président Laurent Gbagbo ne me surprend pas. Nous avons toujours su que cette juridiction était un instrument au service des intérêts des puissants de ce monde. Sa décision donc d’inculper mon président n’est pas une décision de justice. Luis Moreno-Ocampo a-t-il oublié les gendarmes exécutés à Bouaké en septembre 2002 ? Ocampo a-t-il-oublié la centaine de personnes tuées par l’armée française devant l’hôtel Ivoire en novembre 2004 ? Ocampo peut-il nous donner des signes de vie des jeunes patriotes qui campaient devant la résidence présidentielle durant les bombardements français de début avril 2011? Pour Ocampo, les morts de Duékoué ne comptent certainement pas ? Demandez à Ocampo de m’expliquer les exécutions des partisans de Laurent Gbagbo. Ocampo et Sarkozy veulent se venger de l’échec qu’ils ont essuyé en Libye. Alassane Ouattara aurait beaucoup gagné à ne pas livrer Laurent Gbagbo. Maintenant, c’est avec qui il va se réconcilier ? Nous ici en France et en Europe, nous userons de tous nos moyens pour apporter la preuve de la main coupable de Sarkozy dans la tragédie ivoirienne ».


Propos recueillis par Jean-Paul Oro à Paris

 

Sources: Autres presses

Publié dans Actualité judiciaire

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