Crime en Côte d’ivoire : Les enquêtes depuis 2002, la folle course à l’imposture.

Publié le par thruthway

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La Cpi a demandé au procureur O Campo de faire remonter ses enquêtes au coup d’Etat avorté de 2002 et mué par la suite en rébellion. Paradoxalement cette idée semble contenter les animateurs de la Ouattarandie. Cette réclame de la défense de Laurent Gbagbo qui avait suscité un débat juridique au sein de la célèbre cour internationale et rencontré l’indifférence si ce n’est la farouche opposition du Procureur O Campo, qui apparemment voulait protéger ses amis, afini par prospérer.

 

Cette jubilation des pro-Ouattara, à la publication officielle d’une information qu’ils ont tenté d’ignorer depuis la semaine dernière, peut sembler suspecte. Surtout quand leur source d’information ne ménage aucun effort pour présenter la décision sous le prisme mélioratif de leur cause. La Cpi qui a reconnu qu’on ne pouvait pas dissocier la crise postélectorale du coup d’Etat manqué du 19 septembre 2002, énumère des événements qui pourraient être considérés comme des crimes contre l’humanité ou crimes de guerre commis par les deux camps.

 

Chez les rebelles, l’accusation aurait seulement retenu l’assassinat de plusieurs dizaines de gendarmes et des meurtres dans l’ouest du pays au cours de leur progression, là où les forces gouvernementales se taillent la part du lion avec Monoko-Zohi, Toulépleu, la marche de l’opposition du 24 mars 2004, les escadrons de la mort, les enlèvements, disparitions forcées, viols et meurtres ciblés de civils systématiquement choisis en fonction de leur origine, religion ou sensibilité politique.

 

Les prétendues milices et la FESCI, les médias d’Etat et notamment la RTI qui auraient véhiculé la politique gouvernementale d’exclusion, de répression, d’intimidation et d’épuration. Selon cette même source qui n’est rien d’autre que la chambre d’accusation d’O Campo, le plus important dans cette énumération, c’est que ce dernier a fourni suffisamment de charges pour engager la responsabilité de la partie gouvernementale en matière de crimes contre l’humanité alors qu’il n’en a pas fourni assez pour conclure à la responsabilité des rebelles. En clair, la Cpi serait en train de dire aux pro-Gbagbo : « vous vouliez une enquête sur la période du 19 septembre 2002 au 28 novembre 2010? Vous êtes servis dans des proportions qui vont vous étouffer davantage! ».

 

Pour nous qui avons rompu avec la naïveté dans cette affaire de Laurent Gbagbo à la Cpi, primo ce n’est pas aujourd’hui qu’on reprochera à O Campo de faire son travail parce que ce n’est pas à lui qu’il est dévolu de défendre Gbagbo. C’est déjà une victoire pour nous qu’il soit parvenu à ouvrir les yeux sur le fait que ses copains sont aussi traduisibles devant la Cpi. Secundo, il n’y rien de nouveau sous le soleil. Ce n’est pas maintenant qu’O Campo s’est chargé d’accabler Laurent Gbagbo. Ce n’est pas parce qu’il aura mis tous les crimes commis en Côte d’voire sur le dos de Laurent Gbagbo qu’il les aura prouvés aux juges de la cour. Ce qui emmène tout esprit critique à s’interroger sur cette réticence de départ qui voulait éviter coûte que coûte de faire remonter les enquêtes jusqu’ à la rébellion de 2002. A moins de nous prouver que l’attaque de 2002 et tous les dommages subséquents sont du fait de Laurent Gbagbo qui en son temps avait certainement refusé de céder son fauteuil à une rébellion sauvage, par quelle argutie juridique O Campo procédera-t-il pour tout mettre sur le dos de Gbagbo ?

 

Quant à la défense de Laurent Gbagbo, c’est justement parce qu’elle a en sa possession toutes les preuves de son innocence et de la culpabilité des rebelles ivoiriens qu’elle a été la première et celle qui a toujours vu la nécessité de faire remonter les enquêtes à 2002. Le reste relève de la manipulation d’opinion.



Joseph Marat 

Publié dans Actualités politiques

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