Crise post-électorale : Les victimes à Banny : « Nous ne voulons pas d’une réconciliation de façade »

Publié le par thruthway

rencontre-victimes-ong-abidjan.PNG

 

 

Après la prise du pouvoir du camp Ouattara, se sont mises en place plusieurs ONG (Organisation non gouvernementale) suscité ou non par le nouveau régime pour l’accompagner dans sa politique de réconciliation nationale en vue de répondre aux exigences des bailleurs de fonds. Parmi ces Ong, on peut citer le Réseau ivoirien des femmes pour la réconciliation (Rifr) qui a décidé de prêter main forte à la Commission dialogue vérité et réconciliation (Cdvr) dirigée par un membre du camp Ouattara, en la personne de l’ex-premier ministre Charles Konan Banny.

 

 Ainsi sous l’onction de la Cdvr, le Rifr a organisé des rencontres et visité des familles, victimes de la crise militaro-politique en Côte d’Ivoire. Sous la houlette de sa présidente Fatou Diomandé, cette organisation s’est rendue, le vendredi 18 mai à Anonkoua Kouté (Abobo) pour échanger avec les habitants de ce village.

 

Il faut rappeler au plus fort de cette crise ivoirienne, les forces pro-ouattara ont attaqué ce village situé dans la commune d’Abobo, faisant de nombreuses victimes dont des femmes et enfants entièrement calcinés au motif que ce village était pro-Gbagbo. Cliquez ici pour vous rendre compte de l’immensité des atrocités de ces forces pro-ouattara.

 

C’est la rasions pour laquelle, en présence de Fatou Diomandé, Ils n’ont, en effet, pas manqué de crier leur douleur suite à ces horreurs de la crise postélectorale. « Nous ne voulons pas d’une réconciliation de façade. Nous voulons d’une réconciliation où le père écoute tout le monde avant de trancher. Depuis qu’il y a eu des massacres à Anonkoua-Kouté, aucune autorité de ce pays ne nous a exprimé sa compassion. Lorsque nous avons enterré nos morts, nous n’avons vu personne. Alors qu’on a rendu hommage aux 7 femmes d’Abobo tuées, lors de la crise. Les morts d’Anonkoua-Kouté ne sont-ils pas des morts ? », a râlé Mme Django née Tano Antoinette. « Nous nous demandons si Anonkoua-Kouté fait partie de la Côte d’Ivoire. Ici nous avons le sentiment que nous ne sommes pas Ivoiriens et que les autorités actuelles du pays nous ont exclus et ne nous considèrent pas comme leurs compatriotes. Nous souffrons énormément et nos cris ne sont pas entendus, dites-le au président Banny», a dit indigné Kodia Eusêbe, un adulte du village. Ces propos, partagés par les villageois qui se disent prêts à aller à la réconciliation, ont été rapportés par le quotidien « soir info » du 19 Mai 2012.

 

Avec tact, Fatou Diomandé du Rifr et la ministre Odette Kouamé du bureau de la Cdvr ont salué le courage avec lequel les habitants d’Anonkoua-Kouté se sont exprimés. « Vous devez comprendre que le président Banny pense à vous. Il nous a chargées de vous dire qu’aucune victime ne sera oubliée. C’est pourquoi nous sommes venues vers vous. Ce sera à vous de définir les conditions de la réconciliation et nous avons le devoir de vous écouter », a indiqué Mme Diomandé.

 

Le chef du village, Dogoua Akéo, a apprécié la démarche du Rifr et de la Cdvr, puis a suggéré que la réconciliation prenne en compte la réparation des préjudices causés. Dans la commune d’Abobo, le Rifr et la Cdvr ont échangé avec les communautés du quartier Sagbé, communément appelé ‘’Abobo derrière rail’’.

 

A Yopougon-Koweït, Mme Diomandé et sa délégation ont visité plusieurs familles des victimes. Celles-ci, dans les moindres détails, ont exprimé la douleur qui les étreints et ont prié que ces événements malheureux ne se reproduisent plus en Côte d’Ivoire. « Nous sommes prêts à aller à la réconciliation. Mais faites comprendre au président Banny que nous souhaitons que quelque chose soit fait pour nous et qui nous encouragerait à aller facilement à cette réconciliation. Nous sommes les enfants d’un même Dieu. Or Dieu nous appelle à vivre ensemble. Et la seule façon pour nous d’éviter la guerre, c’est de nous réconcilier », a indiqué la famille Traoré qui a présenté à la délégation des photos des ossements des leurs qui ont été froidement tués lors des malheureux événements.

 

« Personne ne sera oublié. Le président Banny en a pris l’engagement et vous pouvez compter sur lui », a fait savoir Mme Diomandé. Il faut noter que le Rifr a investi presque tous les quartiers d’Abidjan et entend étendre son action sur toute l’étendue du territoire. Soulignons que ce réseau, lors de cette caravane a permis aux victimes de s'extérioriser et cette méthode s'est révélée efficace.

 

 

Source : Soir Info

Publié dans Actualités politiques

Commenter cet article