DES TEMOIGNAGES POUR LE MINISTRE D’ETAT PAUL ANTOINE BOHOUN BOUABRE DECEDE !!!

Publié le par thruthway

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Témoignage de :  Bertin KADET, Ancien Ministre

 

 C'est tôt ce matin, à 6 h que le ministre Lia Bi Douayoua m'a annoncé la triste nouvelle de la disparition du ministre d'Etat Antoine Bohoun Bouabré: je n'ai pu contenir mes larmes pendant plusieurs minutes avant que mon épouse, aussitôt informée, ajoute les siennes en hurlant. Apres la disparition tragique de Tagro Désiré, voilà que Bohoun me quitte aussi brutalement dans des conditions encore très floues dans ma tête. Je suis triste, je suis meurtri et j'ai mal à tout, dans ma chair et au plus profond de mon âme. Le ministre d'Etat Bohoun Bouabré était pour moi un frere et un ami que j'appelais affectueusement "Bêgohoun" qui signifie en Bété, le plus beau des singes. Dès que j'ai repris mes esprits, j'ai appelé son épouse Léa et nous avons pleuré ensemble, j'ai appelé mon ami et frère Gnato Zié, membre du Conseil général d'Issia pour le consoler. Bohoun Bouabré un fidèle religieux, courtois et respectueux des autres. Je garde surtout de lui, l'image dun cadre compétent de l'administration de la Côte d'Ivoire dont il avait une grande vision. Antoine Bohoun Bouabré était aussi un grand patriote grâce à qui la résistance économique d'une Côte d'Ivoire tiraillée de tous côtés par des prédateurs n'aurait jamais réussi. Sa mort est incontestablement une grande perte pour la Côte d'Ivoire et pour le FPI, le parti qui l'a revelé. La région d'Issia et tout l'ouest ivoirien perd un digne fils qui restera à jamais dans son coeur meurtri. Puisse Dieu lui réserver une place de choix dans son Royaume Céleste et consoler sur terre, les vivants du moment. J'embrasse ses enfants. 

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Témoignage du : Professeur Félix Tano, ancien Conseiller spécial du Ministre d’Etat Paul Antoine Bohoun Bouabré

 

 

Remember Bohoun !

 

Bohoun Bouabré (BB) nous a quittés dans les premières heures de ce mercredi 11 janvier 2012. Comme s’il voulait attirer notre attention sur son œuvre, à peine entamée.

J’ai eu le bonheur de le côtoyer pendant tout le quinquennat (2001-2005)   au cours duquel le département de l’économie et des finances lui a été confié par le Président Laurent Gbagbo.

Il a hérité de la gestion du ministère de l’économie et de finances (MEF) dans un contexte extrêmement difficile. A peine avait-il commencé à engager les premières actions pour amortir les chocs d’une transition militaire chaotique et rétablir les relations avec les bailleurs de fonds que la rébellion, dès 2002, est venue couper le pays en deux, privant l’Etat d’une bonne partie de ses ressources.

Pour réagir à ses adversités, il a dû développer la « résistance économique ». Mais, c’est au plan budgétaire que j’ai particulièrement suivi son action à travers les doctrines budgétaires qu’il a initiées depuis le budget sécurisé jusqu’au budget de stabilisation, en passant par les budgets d’assainissement, de sauvetage et de normalisation. Au-delà des objectifs annuels, ces doctrines budgétaires traçaient le cadre d’une discipline dans la gestion des finances publiques. Le suivi de ces doctrines et les échanges que j’ai eus avec leur inspirateur m’ont d’ailleurs conduit à publier une réflexion dans une revue spécialisée sur le thème de « La rationalisation de la gestion budgétaire en Afrique : l'exemple de la Côte d'Ivoire », Revue Française de Finances Publiques, n°98, 2007. Aujourd’hui, avec cette disparition prématurée, je considère cette publication comme un témoignage de son passage au MEF où il a certainement laissé des traces indélébiles, en développant des idées simples, mais combien salvatrices.

BB croyait en notre capacité à recouvrer avec rigueur nos ressources financières et à leur emploi rigoureux. Il demandait de prévoir  au budget les ressources que nous étions capables de percevoir en cours d’année. Il estimait qu’il fallait ajuster les dépenses publiques à notre capacité financière. C’était d’ailleurs la clé d’une bonne régulation de la trésorerie. Ce n’était pas un démagogue. Bien qu’ouvert sur le monde, il était convaincu que nous pouvions nous développer en comptant sur nos propres forces. Il croyait aux ressources humaines de son pays.

Depuis ce matin, jusqu’au moment où je suis entrain de finir ces lignes, les nombreux coups de fil que j’ai reçus pour pleurer cette disparition est la preuve que le combat du « patron » n’aura pas été vain. Une idée à germé. Qu’elle prenne racine et se développe.

 

 

Témoignage du : Dr Agnès MONNET

 

Quoi! Bohoun n’est plus! Bohoun est mort!

La nouvelle est tombée très tôt  ce matin. Poignante! Terrible! Douloureuse! Implacable! Dans le présent se fige hier. Quoi! Ils auront eu raison de toi mon cher Bohoun, mon cher ministre d‘Etat, mon ami! Quoi! Ils auront donc eu raison de toi!
Parti en mission pour le compte du Président Laurent GBAGBO, tu n’auras plus revu ton cher pays, la Côte d’Ivoire. Tu n’auras plus revu ton cher Président, le Président Laurent GBAGBO; ni ton épouse, ni tes chers enfants, ni ceux de chez toi. Parce qu’ils en ont décidé ainsi.



Paul Antoine Bohoun Bouabré, ta silhouette se dresse alors, altière, expression de ton engagement à servir ton pays avec rigueur, abnégation et loyauté. N’as-tu pas réussi à redresser l’économie du pays? Et tu marquas les esprits avec le budget sécurisé, la facture normalisée! Or donc la Côte d’Ivoire pouvait payer souverainement ses fonctionnaires!


Bravo Monsieur le Ministre d’Etat, Ministre de l’Economie et des Finances. Nous étions fiers de  vous!


Intelligent vous l’étiez! Cette intelligence qui sait s’adapter aux situations les plus imprévisibles, source alors de sérénité. Vous voilà en effet, Monsieur le Ministre d’Etat, Ministre du Plan et du Développement, parrain de la cérémonie de présentation officielle du  Salon International des Industries Culturelles d’ Abidjan 2010. Quelques minutes d’échanges ont suffit pour que vous saisissiez l’intérêt du projet, car votre esprit de vrai technocrate a parfaitement appréhendé la dimension hautement économique de la culture. Et votre vision d’une Côte d’Ivoire moderne et prospère avec la culture comme un véritable vecteur de création de richesses, autrement dit, un précieux outil de lutte contre la pauvreté. Vous voilà au cœur de la problématique du SIICA et de la politique nationale de réduction de la pauvreté inscrite dans le Document Stratégique de Réduction de la Pauvreté(DSRP). Et avec vous, c’est tout votre Cabinet qui s’engage aux côtés de l’Agence Ivoirienne de Coopération Francophone(AICF), pour porter le projet à bout de bras. N’est-ce pas Monsieur le Ministre d’Etat, votre détermination qui aura facilité la signature de la Communication en Conseil des Ministres  pour permettre le financement et l’organisation du SIICA par le gouvernement d’alors?



Homme de conviction, vous l’êtes Monsieur le Ministre d’Etat, parce que homme de foi et croyant vous êtes!  Aussi saviez-vous cultiver l’amitié, la fraternité dans la fidélité. Et c’est-ce que vous avez réussi avec mon époux, le Ministre Léon Emmanuel Monnet. De ces deux prénoms, c’était Emmanuel que tu préférais. Dans les quelques moments de détente partagés, comme cela te plaisait de m’embarrasser en me racontant vos soi-disant coups bas. C’était juste pour nous détendre, comme pour me montrer que tu savais sourire, voire rire. Malgré cela, je ne me souviens pas t’avoir nommé une seule fois par ton prénom. Simplement parce que Paul Antoine Bohoun Bouabré était ainsi fait!


Et c’est lui qui part ainsi; loin de son  cher pays, loin de ceux qu’il aimait, loin de ceux qui l’aiment, loin de son Président à lui!


Comme j’ai envie de finir par ces paroles de l’Ecriture: » En effet le Fils de l’homme s’en va selon ce qui a été fixé. Mais malheureux l’homme qui le livre. » (Luc 22,22).      

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Témoignage du : Ministre Lazare KOFFI KOFFI

 

On le savait depuis plusieurs mois en traitement à l’étranger d’une maladie incurable qui a fini par l’emporter. Quelle coïncidence malheureuse et dramatique avec le rebondissement de l’affaire Kieffer !! Cette mort inattendue du ministre Paul-Antoine Bohoun Bouabré ne manquera pas à coup sûr de laisser libre cours à toutes les supputations.

Bohoun s’en va. On retiendra de lui qu’il fut un grand ministre de l’économie et des finances sinon le plus grand argentier que la Cote d’Ivoire n’ait connu depuis ces vingt dernières années. Homme de conviction, tenace au travail, il aura marqué nos consciences  sous le Président Gbagbo et sous le régime du FPI comme un ministre qui a travaillé avec beaucoup de sérénité et  sans complexe face aux Institutions de Bretton Wood dont il connaissait et maitrisait tous les rouages. Partisan d’une Cote d’Ivoire véritablement libre, indépendante et souveraine, il a su bâtir des budgets à partir des ressources réelles du pays, tout en renonçant autant que faire se peut à tendre la main à l’extérieur en même temps qu’il honorait la dette qu’il avait héritée des politiques économiques de ses prédécesseurs. Grace à lui, à sa témérité, son sang–froid, sa rigueur réprouvée aussi bien par ses adversaires  que par certains de ses camarades de parti, notre pays a pu survivre pendant les dix ans de crise qu’il a connu bien qu’il soit occupé et financièrement amaigri dans sa partie nord-ouest. Jamais sous Bohoun Bouabré, et donc sous le Président Gbagbo, on a parlé de réduction ou de rétention de salaire. Au contraire les fonctionnaires ont été régulièrement payés et l’investissement intérieur soutenu. Avec sa mort, la Cote d’Ivoire perd un homme de qualité, un économiste averti et consciencieux, un ministre de l’économie qui a fait trembler plus d’une fois tous les hommes d’affaire véreux peu consciencieux du bonheur du peuple ivoirien. La méthode Bohoun Bouabré doit faire école.

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Publié dans Necrologie

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K
En tout cas c'est avec amertume que nous avons tous appris le décès du Ministre Paul Antoine BOHOUN BOUABRE. Il fut un grand homme de qualité et un économiste averti pour notre cher pays. Ainsi, la<br /> Côte d'Ivoire vient de perdre un digne fils. Et le FPI un vrai Militant. Yako!à son épouse, à ses enfants, au Président Laurent GBAGBO et aux Ivoiriens, les vrais.Que son âme repose en paix et que<br /> la terre lui soit légère. Toutes ces désolations sont causées par mossi dramane parcequ'il a gelé ses avoirs. J'espère bien pour lui qu'il est immortel.
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