Détention de l’avocat de Mme Gbagbo, les avocats crient à l’arbitraire et envahissent la DST

Publié le par thruthway

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Une cinquantaine d’avocats étaient hier dans les locaux de la Direction de la surveillance du territoire (Dst) à Cocody pour rencontrer leur confrère, Me Ange Rodrigue Dadjé, avocat de la Première Dame, Simone Gbagbo, détenu arbitrairement depuis une semaine. Mais cette visite des praticiens du droit a été mal accueillie par les responsables de la Dst qui les ont bloqués dans la cour de la structure de police. Les avocats qui voulaient sortir se sont heurtés au refus des Frci ( Forces pro-ouattara) présents.

 

Conduits par Me Coulibaly Mathias, président des jeunes avocats de l’Afrique de l’Ouest, les avocats sont arrivés dans les locaux de la Dst à 16h. Vêtus de leur robe noire, ils expliquent qu’en tant qu’avocats, ils veulent voir leur confrère détenu à la Dst. Chacun d’eux se constitue, d’ailleurs, en conseil pour assister Me Dadjé. A ce titre, poursuivent les avocats, ils veulent s’entretenir avec leur client afin de préparer sa défense.

 

«Pourquoi êtes-vous nombreux pour voir quelqu’un», fait remarquer un agent de la Dst. Qui ajoute que le Bâtonnier de l’ordre des avocats est déjà passé. Les avocats rétorquent que le bâtonnier représente une institution et que sa démarche n’a rien à voir avec la leur. «La loi prévoit qu’un avocat voit son client. C’est un client particulier parce que c’est notre confrère avocat. S’il doit être auditionné, c’est en notre présence. Par conséquent, nous devons nous entretenir avec lui», se défend Me Coulibaly Mathias.

 

Ses interlocuteurs qui variaient à tout moment demandent qu’une délégation soit constituée pour être reçue. Exigeant, par ailleurs, que les autres avocats qui ne feraient pas partie de cette délégation quittent l’enceinte de la Dst. Les avocats refusent tout en expliquant que chaque avocat est un conseil du détenu. Ils se doivent donc d’être tous présents. Entre temps, d’autres avocats venus plus tard sont bloqués à l’extérieur des locaux par des Frci.

 

Dans la cour, les avocats qui cherchaient à sortir pour rejoindre leurs confrères à l’extérieur, sont eux aussi bloqués. «C’est donc une séquestration! On est séquestrés à la DST», clament en chœur les hommes en robe. « S’ils veulent qu’on plonge dans les conneries, on va plonger», prévient, visiblement exaspéré, Me Coulibaly Mathias. Sans échanger avec les avocats, le directeur de la Dst quitte les lieux à 17h.

 

Néanmoins la délégation des avocats est reçue par un responsable de la Dst et les échanges tournent court parce qu’il n’est pas accordé à ces hommes du droit de voir leur confrère. A sa sortie à 17h51mn, la délégation explique qu’on lui demande de faire des constitutions de lettre en tant que conseil de Me Dadjé Rodrigue avant de le voir. Les avocats rétorquent que cette exigence est illégale. « Ce n’est pas une faveur qu’on demande. Mais le respect des textes. La loi ne demande pas qu’on fasse une constitution de lettre à la police. Dès qu’un avocat se présente à la police, il doit être autorisé à voir son client. C’est devant le juge d’instruction que l’avocat fait une constitution de lettre pour se décliner en conseil d’un client », soutient Me Ané.

 

Un avocat dénonce : « le délai de garde à vue n’est pas respecté. On refuse aux avocats de voir leur client. C’est une violation de la Constitution. C’est l’injustice qu’on a dénoncée qui est là ». Les avocats ont promis de revenir, mardi, à la Dst. Venue voir hier son fils détenu à la Dst, la mère d’Ibrahim Sy Savané, Dg de Cyclone (Quotidien Le Temps) grogne : «depuis plus d’une semaine, je ne peux pas voir mon fils. Et on ne me dit pas ce qu’on lui reproche», lâche la vieille dame.

 

Ainsi va la Côte d’Ivoire sous la dictature de Ouattara.

 

 

 

Source : Notre voie

Publié dans Droit de l'homme

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