France, présidentielle 2012 : Tous contre un, comme en 2002

Publié le par thruthway

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Juste après l’annonce des résultats du premier tour des élections présidentielles en France, sur le plateau de Canal plus, Jean Pierre Raffarin essayait de redresser la barre de l’opinion en puisant dans les chiffres une raison profonde d’espérer à l’Ump. « Le total des voix de droite est largement au dessus de celui de gauche.» Oubliant totalement que l’arithmétique est souvent trompeuse dans une élection qui cristallise des passions contre un homme. Oui, arithmétiquement en associant les voix de Marine Le Pen, celle de François Bayrou, aux voix de Nicolas Sarkozy, on est largement au dessus des 50% avec 53% contre le front de gauche qui ne totalise que le reste.

 

Aux élections présidentielles de 2010 en Côte d’Ivoire, on avait vite fait de faire un calcul simpliste, en associant toutes les voix du RHDP pour se figer dans l’esprit que Dramane Ouattara ne pouvait pas ne pas gagner le deuxième tour de la présidentielle. On avait oublié que dans une élection de ce genre, surtout au deuxième tour, les électeurs ont aussi le choix entre des personnalités et leur capacité à assumer réellement le destin de leur nation. En 2010, entre Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara, qui répondait véritablement aux aspirations du peuple ivoirien ?

 

Pour mesurer le poids de la personnalité dans ce genre de joute électoral, souvenons-nous de ce qui s’est passé en 2002 en France. Lionel Jospin très en vogue en France perd le premier tour de la présidentielle. Les électeurs se retrouvent du coup à choisir entre Chirac et Le Pen. Sans jamais faire campagne, Chirac qui était décrié par les français gagnera l’élection finale avec plus de 80% des voix. Un score qui rappelle certaines dictatures tropicales. Il s’est en effet trouvé un front national contre Jean Marie Le Pen en France. Les français ne voulaient pas voir ce dernier à la présidence de la République de France.

 

Aujourd’hui, dans cette élection en France, les arithmétiques béates ne serviront certainement qu’à tromper ceux qui veulent, par mauvaise foi, y croire. La véritable question est : entre Sarkozy et Hollande, qui est-ce que les français veulent aujourd’hui voir conduire leur pays ? A en croire la vague de déceptions et de réprobations produites par la politique du candidat sortant, il faut bien craindre un « tout sauf Sarkozy » dans cette élection dont les sondages n’ont jamais donné Hollande perdant au second tour.



Joseph Marat 

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