Francis Kpatindé sur Rfi : «Gbagbo a gardé son humour, sa Villa est prête à l’accueillir »

Publié le par thruthway

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Alors que son audience de confirmation des charges devant la CPI a été reportée, à la demande de ses avocats, au 13 août prochain, le président ivoirien Laurent Gbagbo s'est entretenu avec un journaliste pour la première fois depuis son incarcération aux Pays-Bas, jeudi 14 juin, pendant près de trois heures. Comment se porte Laurent Gbagbo ? Croit-il pouvoir gagner son procès ? Francis Kpatinde, qui a interviewé l'ancien chef de l'Etat ivoirien répond aux questions de RFI.

 

 

Rfi : Comment avez-vous trouvé Laurent Gbagbo ?

 

Francis Kpatindé : Physiquement ça va. Moralement ça va. Parce que j’ai trouvé le conteur, celui qui a de la repartie, l’humour mais, il a de petits bobos de santé. C’est par exemple, de l’arthrose au poignet et au bras.

 

Rfi : Que fait-il de ses journées ?

 

F.K : Il lit beaucoup. Il a, au bas mot, des centaines d’ouvrages dans sa chambre (…). Et, depuis trois semaines, il est interdit de bouquins. Il n’a plus le droit qu’à son courrier, et le courrier lui est ouvert et lui est livré. Récemment, il y a une allemande qui lui a écrit et qui lui demandé un autographe (…). Il reçoit beaucoup de courriers ‘ivoiriens de la diaspora mais également de camerounais, des gens d’Afrique centrale.

 

Rfi : Est-ce que vous l’avez senti amer à l’égard de la France et notamment à l’égard de Nicolas Sarkozy ?

 

F.K : C’est deux choses différentes. A l’égard de la France, non. C’est quelqu’un qui est francophile. Il ne faut pas se leurrer. Mais, il est persuadé d’avoir signé son arrêt de mort en refusant de venir le 14 juillet 2010 à Paris. Vous vous souvenez qu’on fêtait le 50 ème anniversaire des indépendances africaines et que la plupart des chefs sont venus à Paris et lui a été à ma connaissance, le seul à refuser de venir. Il pense que ce jour-là, il a franchi le rubicond. (…) Il pense que si ça reste au niveau purement du droit, il a la chance de s’en sortir. Au moins d’obtenir une libération conditionnelle. Mais, s’il s’agit de politique, c’est tout à fait autre chose.

 

Rfi : Pense-t-il justement qu’il aura sans libération conditionnelle et un départ pour l’Ouganda dans l’attente du procès ?

 

F.K : Absolument ! C’est quelque chose qui peut se passer. Vous vous souvenez que la Cour avait remis en liberté Jean-Pierre Bemba. Je crois savoir, selon mes propres informations que l’Ouganda a accepté de l’accueillir et que la villa qui doit l’accueillir est déjà prête à Kampala.

 

Rfi : Est-ce qu’il vous a parlé de la situation actuelle en Côte d’ivoire ?

 

F.K : Il parle très peu d’Alassane Ouattara. Il suit l’actualité politique parce qu’il a accès aux journaux. Il a accès à la télé et à la radio. Et moi, j’ai senti de la passion dans sa voix quand il a parlé du Mali et de la Guinée-Bissau. Moi, j’étais étonné qu’il connaisse bien la situation en Guinée- Bissau. Par exemple, il m’a fait une révélation. Il a dit que pendant qu’il était au pouvoir, il a donné de l’argent pour payer les fonctionnaires Bissau-guinéens.

 

 

(Source : Rfi)

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