FRONT POPULAIRE IVOIRIEN (FPI) : UNE INTRANSIGEANCE SALVATRICE.

Publié le par thruthway

FRONT POPULAIRE IVOIRIEN (FPI) :

UNE INTRANSIGEANCE SALVATRICE.

 

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Depuis le renversement du Président Laurent GBAGBO, fondateur du Front Populaire Ivoirien (FPI), son parti mène une existence pas du tout facile. Le fait est que ce parti a été pratiquement décapité, une grande partie de ses cadres est partagé entre exil et détention arbitraire. Ceux des dirigeants du FPI qui sont en liberté et non exilés ont pour la plupart leurs comptes gelés et sont régulièrement face à l’épouvantail de l’arrestation. A cela s’ajoute le non fonctionnement des structures statutaires telles que les bases, sections. Cette carence n’est pas liée à l’incapacité des dirigeants actuels, mais plutôt au climat de terreur que le pouvoir agissant par le biais de ses nervis (FRCI, dozos et assimilés), fait planer sur l’opposition significative. Par ailleurs, les velléités de réinstauration de la pensée unique viennent nuitamment hanter le sommeil du pouvoir d’Abidjan qui, pour renouer avec ses fantasmes, offre les militants du FPI aux hôpitaux et morgues du pays.

 

Face a un tel diagnostique, des voix se lèvent pour faire des propositions au FPI. Nous classerons ces propositions en deux groupes : celles faites par l’opposition et celles émanant du pouvoir.

 

L’opposition, singulièrement le parti de l’ancien N°3 du FPI propose que le FPI change de langage et fasse une autocritique. Cette idée avait été déjà lancée par le Président du parti rouge qui, pour justifier sa démission, s’appuya entre autre, sur le rejet de sa proposition consistant en l’organisation d’un congrès. Cette proposition a été épousée par les militants de ce parti et leurs amis qui ne manquent aucune occasion pour présenté le FPI comme un parti « fini », sans vision et plein d’orgueil.

 

Dans le même ordre d’idées, le parti au pouvoir et son appendice le PDCI-RDA (ce parti qui se croit au pouvoir), argue à qui veut l’entendre que le FPI reconnaisse sa responsabilité, fasse preuve d’humilité, demande pardon et rentre dans les rangs. La presse du pouvoir abonde dans le même sens, elle qui pense que le FPI est sérieusement malade et qu’il faut le soigner, elle propose pour cela des « remèdes de spécialistes » (quotidien Nord-sud du 05/03/2012).

 

Les propositions de ces groupes se retrouvent sur un point : le FPI doit faire sa mue. Sur la question nous sommes tous d’accord, mais là où nos vues divergent, c’est la prise en compte de certaines propositions aussi ridicules que futiles. Ces propositions, surtout celles venant des tenants du pouvoir, semblent être la condition sine qua non du mieux être politique et financier du FPI. C’est donc une sorte de chantage qui est faite au FPI par le pouvoir en place.

 

Le FPI va-t-il céder?

 

En politique, on ne fait pas la passe à son adversaire. En d’autres termes le Rassemblement des Républicains (RDR) et son suiveur le PDCI, ne peuvent pas prétendre aimer le FPI au point de lui indiquer les voies qui pourraient permettre à celui-ci de rebondir et réduire à néant les espoirs de ces partis coalisés. Si le pouvoir exige que le parti du Président Laurent GBAGBO rentre dans les rangs, c’est pour deux raisons essentielles.

 

La première raison est que ce pouvoir veut discréditer le FPI aux yeux de l’opinion nationale et internationale. Cela est d’autant plus vrai que le Président du RDR, Alassane OUATTARA s’est offusqué d’entendre le FPI refuser de participer au « désert électoral » du 11 Décembre 2011. Pour lui, le fait d’avoir versé 125 millions au FPI (il s’agit du financement des partis politiques sur fond public) était suffisant pour que ce parti aille légitimer la mascarade électorale. Les journaux du pouvoir avait brandit cette obligation de l’état comme un trophée de guerre, tentant par là de présenter le FPI comme un parti qui « mange en cachette » avec le pouvoir. Dans cette même logique l’ambassadeur des USA en Côte d’Ivoire s’était permis de démarcher certains militants FPI afin que ceux-ci participent au « désert électoral ». Fort heureusement que les résultats ont montré la vacuité de la démarche du 3è des Carter.

 

La seconde raison est que OUATTARA est en mal de légitimité. Son illégitimité est tellement criarde qu’il ne s’offre pas le plaisir de prendre quelques bains de foule dans les nombreuses communes du pays. Alors, il faut s’accorder les services du FPI dans un gouvernement qu’on qualifiera de « large ouverture » afin de donner l’impression au peuple qu’il se trouve dans « le meilleur des mondes». Il voudrait également maquiller cette illégitimité par une commission dite de réconciliation qui viendrait, avec l’appui du FPI, faire du bricolage et ensuite s’adonner à une vaste opération de communication pour laver ses mains tachées de sang.

 

Les calculs politiques du pouvoir sont tellement puériles que le FPI, un parti aguerri dans la lutte n’a pas manqué d’afficher son intransigeance. Voici ce qui soulève le courroux de OUATTARA et de son co-président BEDIE. C’est cette intransigeance que paie le FPI lors de ces manifestations. Pour eux le FPI devrait tout tranquillement se plier à leurs désidératas, parce qu’il n’est pas selon ALLOU Eugène, en position d’exiger quoi que ce soit. Curieuse manière de voir !

 

Le dénouement de la crise et les circonstances de la chute du parti au pouvoir auraient pu aidé le pouvoir à mieux manager le FPI (encore faut il que ce pouvoir reconnaisse qu’il a été installé suite à un coup d’état). Or cette donne n’est aucunement prise en compte. Fort de son « pouvoir » OUATTARA veut imposer sa volonté au FPI. Mieux il rejette du revers de la main toutes les revendications de l’opposition. Rien dans ce pays n’est fait pour favoriser la décrispation. Laurent GBAGBO est à la CPI, son épouse, son fils, ses proches et dirigeants du FPI éparpillés dans des goulags au nord, l’autre Katanga. Ces collaborateurs en exil politique, des milliers d’ivoiriens sont réfugiés dans des pays limitrophes, les mandats d’arrêts pleuvent (même sur les morts), les pressions sur les gouvernements pour faire rentrer de force les réfugiés s’accentuent, la presse pro-GBAGBO est suffisamment harcelée…Et dans le même moment, le pouvoir parle de dialogue. Mais avec qui dialogue-t-il? Le PDCI? Parlons plutôt de monologue.

 

Que le pouvoir ne s’irrite donc point si le FPI est intransigeant. Si vivre ensemble est un devoir pour tous les citoyens, la mise en place des conditions de ce vivre ensemble l’est encore plus. En effet dans un Etat, le chef porte la responsabilité de la cohésion sociale, il lui appartient en conséquence de créer les conditions d’une vie paisible. Un chef est un bon père de famille, il rassemble ses enfants autour de lui. Que OUATTARA soit un bon père de famille, qu’il mette le FPI dos au mur et il verra si ce parti est arrogant, orgueilleux, irrévérencieux, bon pour la poubelle (termes des détracteurs du FPI).

 

Les pourfendeurs du FPI, ceux qui sont plus conscients des intérêts du FPI que ses propres animateurs, les zélés défenseurs du FPI, ont certainement un rôle surhumain à jouer. Qu’ils demandent à OUATTARA de libérer les prisonniers pro-GBAGBO, qu’ils insistent auprès de lui (puisque qu’il les écoute mieux) afin qu’il crée les conditions du retour des réfugiés et exilés politiques, que leurs biens leur soient restitués, qu’ils supplient OUATTARA à couper le robinet de l’insécurité etc.

 

Mettez ainsi le FPI à l’épreuve et vous verrez…

 

Alain BOUIKAL0

Juriste-Consultant

Publié dans Actualités politiques

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