Gendarmerie nationale LE GRAND MALAISE ! VOICI CE QUI NE VA PAS.

Publié le par thruthway

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Le malaise est profond au sein de la gendarmerie nationale depuis la chute de l’ancien régime. Cette atmosphère malsaine s’est traduite par des tirs nourris qui ont duré près d’une heure dans la nuit de vendredi à samedi, aux environs de 1h 35 mn, au camp Agban. Au même moment, un message diffusé sur la radio de la gendarmerie par un inconnu annonçait, de sources proches du camp, que les éléments du Groupement d’escadron blindé, l’unité de l’officier en exil Abehi, libéreraient la Côte d’Ivoire.

 

Surpris, tous les résidents du camp – dont la plupart ne disposent pas d’armes - sont restés chez eux, personne n’osant mettre le nez dehors. Ces tirs suspects qui ont duré près d’une heure sont ressentis comme un complot par les gendarmes du camp Agban où des fouilles ont été entreprises dès le samedi pour en débusquer les présumés auteurs. Mais c’est hier dimanche que les choses se sont vraiment accélérées.

 

Des perquisitions sont entreprises d’abord au domicile des occupants du camp. Tous ceux qui possédaient des armes chez, peu importe s’il s’agissait de dotations de service, ont été systématiquement arrêtés. Dans les heures qui ont suivi, la décision d’expulser du camp tous les éléments qui ont été affectés mais qui n’ont pas encore regagné leurs nouveaux postes est prise. Tous les concernés étant des éléments de l’unité d’Abéhi, une suspicion légitime pèse sur l’authenticité des tirs entendus dans la nuit de vendredi à samedi et le message radio. La piste du montage n’est pas à exclure. L’objectif, c’était de pouvoir prendre des mesures contre ces éléments qui ont travaillé avec l’officier en exil et dont l’ombre continue de hanter le régime.

 

Désirs de vengeance

 

En réalité, le commandant supérieur de la gendarmerie nationale, le général Gervais Kouassi Kouakou, multiplie depuis sa prise de fonction des décisions impopulaires, en violation surtout des textes régissant ce corps d’élite de l’armée ivoirienne, selon des gendarmes qui ont voulu garder l’anonymat. Tant en ce qui concerne les affectations - pour des raisons de service ou à vocation punitive - que les conditions de travail, ses décisions ne passent pas et le malaise se généralise de jour en jour. Des éléments en poste dans des unités d’élite, en particulier les jeunes officiers étiquetés comme étant des pro-Gbagbo, sont dans son collimateur.

 

Depuis quelque temps, les rencontres se multipliaient déjà au camp d’Agban et dans les principales casernes de la gendarmerie nationale, pour décider des actions à mener face aux méthodes archaïques du commandant supérieur. Après sa nomination, le général Gervais Kouassi Kouakou n’a pas daigné sacrifier à la tradition des tournées dans les casernes pour s’entretenir avec les éléments de la gendarmerie. Afin, ne serait-ce que, pour leur donner des consignes, prendre le pouls de la situation, et recueillir leurs préoccupations liées aux conditions de travail et de vie. En lieu et place, c’est par des messages radio de menace et de mise en demeure que le général s’adressait aux hommes placés sous son commandement qui éprouvent de plus en plus du mal à comprendre le sens de ses agissements.

 

Logique de règlements de comptes

 

Le général Gervais Kouassi Kouakou a procédé à un vaste mouvement de troupes. A travers des décisions prises dans la plupart des cas, non pour des raisons de service, mais pour sanctionner des éléments étiquetés comme étant des partisans du président Laurent Gbagbo. Ainsi, dans le cadre de ces affectations-sanctions, à l’emporte pièces, au camp Agban, l’unité du colonel Abehi aujourd’hui en exil, a été systémiquement démantelée. La centaine d’hommes qui la composait a été dispersée, répartie sur l’ensemble du territoire national, surtout dans les zones Cno, pour la plupart en complément d’effectif. Et sans que les dispositions aient été prises pour leur permettre de regagner leurs nouveaux postes d’affectation avec leurs familles. Dans l’ensemble, font remarquer nos informateurs, ces affectations-sanctions ne répondent pas aux principes en vigueur en la matière au sein de la gendarmerie «qui est un corps bien organisé, bien structuré».

 

En principe, même quand un élément écope d’une affectation comme sanction, le service de casernement, expliquent nos sources, est mis à contribution pour lui assurer un logement sur son nouveau lieu de travail. Ce service fait le point de la disponibilité des logements dans les camps et des baux à l’intérieur du pays avant toute décision d’affectation. Aussi l’élément affecté en pleine année scolaire est-il autorisé à conserver la maison qu’il occupait dans son poste d’origine. Afin de ne pas perturber la scolarité de ses enfants. C’est pourquoi, contrairement à l’affectation-sanction qui peut intervenir à tout moment, les affectations de service se font dans les mois juillet, août et septembre, afin de permettre à l’élément affecté de pouvoir regagner son nouveau poste avec l’ensemble de sa famille et surtout, scolariser ses enfants. Cette mesure sacrosainte à la gendarmerie, le nouveau patron ne l’a pas respecté.

 

C’est pourquoi il envoyait régulièrement des sommations aux éléments qui étaient en poste à Agban et dans les différents camps d’Abidjan de libérer les maisons qu’ils occupent et de regagner les nouvelles localités où ils doivent désormais travailler. Alors que leurs enfants attendaient dans la plupart des cas de terminer leur année scolaire. Et qu’il n’y a pas de logements pour eux dans les localités d’accueil. Comme c’est le cas à Bouna. La date butoir fixée pour libérer ces maisons était le 10 octobre dernier. Mais à échéance, aucun des concernés n’avait bougé.

 

Vu l’évolution de la situation, le commandant supérieur qui n’avait dit mot réfléchissait certainement à la méthode pour en «finir» avec les indésirables. Selon nos sources, il avait su qu’une fronde se préparait contre lui. Stratégiquement donc, il a reculé juste avant que n’intervienne la fusillade suspecte du vendredi. Pourtant, si ces éléments de la gendarmerie n’ont pas encore rejoint leurs nouveaux postes, en dépit des sommations quotidiennes de la hiérarchie, c’est pour des raisons pourtant évidentes.

 

Accompagnateurs ou porteurs d’eau des Frci

 

Une autre conséquence de ses affectations à l’emporte pièces, ce sont les sureffectifs constatés dans des brigades où des officiers se marchent dessus. C’est le cas à Tanda, où le nouveau commandant de brigade a trouvé sur place des officiers avec lesquels il a le même grade mais qui sont plus anciens que lui. Et donc qui sont ses supérieurs. Les exemples de ce genre sont légion qui accentuent chaque jour un peu plus le malaise au sein de la gendarmerie nationale.

  

Une autre raison, et non la moindre, c’est le fait que les autorités leur demandent d’assurer la sécurité des populations tout en les privant d’armes. Aujourd’hui, partout dans le pays, ce sont les Frci qui détiennent les armes et font la loi. Une situation qui passe difficilement au sein des effectifs de cette unité d’élite de l’armée nationale à laquelle le régime ambitionne de confier, paradoxalement, la sécurité des Ivoiriens sur l’ensemble du district d’Abidjan.

 


 

Source : Le Nouveau courrier.

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Publié dans Actualité militaire

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