Grand-Bassam : Les Frci assassinent un professeur Rhdp

Publié le par thruthway

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Tous les établissements secondaires de Grand-Bassam n’ont pas dispensé de cours hier. Parce qu’ils ont, dans la nuit de mardi à mercredi 22 juin 2011, à 3 h du matin, au quartier dit «Château», perdu dans des conditions atroces, l’un des leurs. Il s’agit, notamment de  Bernard N’Gouan qui enseignait les maths au Collège moderne.

 

Il est 9 h. Notre équipe de reportage arrive sur les lieux du drame. Collègues, voisins, élèves et connaissances de Bernard sont inconsolables. Des sanglots par-ci, des pleurs par là. C’est une foule complètement en émoi qui pleure M. Bernard N’Gouan qui, dit-on, «était l’un des durs hommes du Rhdp». Un de ses voisins, sous le sceau de l’anonymat, écrase une grosse larme, se ressaisit un tant soit peu et nous raconte, en substance, les faits. «Tout a commencé à 3h du matin. Ma famille et moi habitons juste en face de sa maison. Nous avons été réveillés par les violents  bruits et surtout les multiples coups de feu. Mais nous n’avons pas osé mettre le nez dehors sachant pertinemment que ce sont des malfaiteurs.

Ce matin – hier matin ndlr -, d’autres voisins et moi avons accouru. Et nous avons trouvé son épouse et ses enfants pleurant à chaudes larmes. Bernard qui a reçu plusieurs balles dans la poitrine, gisait encore dans une marre de sang devant la douche, dans la chambre des enfants.  Selon sa femme, il s’y est rendu pour les mettre à l’abri eu égard aux nombreux coups de feu. C’est lorsqu’il y est entré qu’ils l’ont tué à travers la fenêtre vitrée. Ils étaient au nombre de trois, habillés en treillis et armés jusqu’aux dents, nous a dit sa femme. C’est tout à l’heure à 8 h (ndlr, hier) qu’un corbillard est venu chercher son corps… Or c’était un membre influent du Rhdp ici à Grand-Bassam…» 

 

Il arrête le récit, la gorge étreinte par la douleur et l’émotion.  Une dizaine d’appartements, au dire des riverains, ont été visités par ces hommes en armes. Des appareils électroménagers, et de fortes sommes d’argent auraient été emportés chez les autres victimes qui ont eu la vie sauve. Bernard N’Gouan laisse derrière lui une femme inconsolable, trois enfants dont le dernier n’a que 7 mois.

Le Temps
 Philomène Aquouama

Publié dans Sécurité intérieure

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