HRW : « Ils les ont tués comme si de rien n’était »- 1ère Partie : La mascarade électorale…

Publié le par thruthway

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Le besoin de justice pour les crimes post-électoraux en Côte d’Ivoire

 

 

Dans cette première partie, d’une suite de révélations sur les crimes post-électoraux, nous allons vous montrer  avec de nouveaux éléments de preuves (témoignages, images, vidéos, périodes précises, lieux, avec les noms de commanditaires) comment les forces pro-ouattara ont influencé le vote électoral en faveur de leur mentor.

 

Pour ne pas nous taxer d’être partisans, nous allons nous appuyer exclusivement sur un document produit par Human Watch Right (HWR), une ONG américaine financé en grande partie par Goerge Soros, un soutien d’Alassane Ouattara. (Pour en savoir plus sur ce lien Soros- HWR, cliquez ici)

 

 

Forces pro-Ouattara dans le nord du pays

 

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Une femme violée dans un bureau de vote

 

 

Avant et après les élections, les militaires des Forces nouvelles ont intimidé, menacé et, dans quelques cas, tué ou violé des personnes liées au parti politique de Laurent Gbagbo dans le Nord, en plus de voler leurs biens. (Une preuve en iamge ici). Human Rights Watch a interrogé trois femmes qui ont été violées durant cette période. (…) Entre le second tour des élections et le 24 février, lorsque les affrontements ont éclaté dans l’extrême ouest du pays entre les forces armées des deux camps, près de 40 000 réfugiés ont franchi la frontière avec le Libéria—la grande majorité d’entre eux fuyant la région contrôlée par les Forces nouvelles des Dix-Huit Montagnes pour trouver refuge dans le comté de Nimba au Libéria. Lorsque Human Rights Watch a mené sa première mission le long de la frontière ivoiro-libérienne fin décembre 2010, le nombre de réfugiés atteignait déjà 13 000.

 

Dans cette partie de la Côte d'ivoire (le Nord), c'était véritablement le règne de l'arbitraire à cette époque. Pour la preuve, cliquez ici.


Des dizaines de réfugiés interrogés à l’époque par Human Rights Watch ont déclaré être partis parce qu’ils avaient été harcelés ou intimidés par les militaires des Forces nouvelles à la veille et au lendemain du second tour des élections. Pour la plupart, ces réfugiés avaient participé activement ou affiché leur soutien à la campagne de Laurent Gbagbo. Un homme de 40 ans a déclaré à Human Rights Watch avoir été battu par des militaires des Forces nouvelles pour avoir été le représentant du parti de Laurent Gbagbo dans un bureau de vote de l’extrême ouest du pays. Il a montré à Human Rights Watch ses cicatrices, toujours visibles un mois après, sur son crâne et sa main droite. Il a fui au Libéria lorsqu’il a appris par des amis que les militaires des Forces nouvelles le recherchaient à nouveau.

 

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Lorsque la Cour constitutionnelle a proclamé Laurent Gbagbo vainqueur, des témoins ont raconté que des dizaines de militaires des Forces nouvelles ont quitté presque immédiatement leur bastion de Danané pour se déployer dans des villages censés soutenir Laurent Gbagbo. Les réfugiés se sont enfuis dans la brousse à l’arrivée des militaires, dont un homme de 38 ans du village de Mahapleu :

 

« Le mardi 30 novembre, ma grand-mère m’a dit qu’elle avait entendu dire qu’il allait y avoir des problèmes, et elle m’a dit de ne pas traverser [au Libéria] tout de suite. Au lieu de cela, je suis allé dans la brousse pendant deux jours. Pendant ce temps, six militaires des Forces nouvelles sont venus dans le village à la recherche de partisans de Laurent Gbagbo. Nous étions cinq [pro-Gbagbo] dans le village. Ils ont fracturé la porte de ma maison pour me trouver. Ils n’agissaient pas au hasard ».

 

Dans un cas particulièrement odieux, une femme a expliqué que son époux avait été enlevé, qu’elle avait ensuite été passée à tabac, ainsi que son fils de 7 ans, qui était mort de ses blessures :

 

« Mon mari, un militaire [pro-Gbagbo] a été enlevé par les FN plusieurs semaines après les résultats des élections. Des hommes sont venus frapper à la porte et ont demandé à le voir. Mon mari a répondu et a dit : « Qui est là ? » Un homme a répondu : « C’est ton ami. » Mon mari a ouvert la porte et quatre hommes des FN en civil sont entrés et l’ont ligoté. Ils l’ont sorti. […] Ils étaient sept au total. Les trois autres sont restés et ont commencé à me frapper. L’un d’entre eux a dit : « On devrait violer cette femme », mais les deux autres ont répondu : « Non, ce n’est pas notre mission, il ne faut pas perdre de temps. » Ils m’ont alors frappée, ainsi que mon plus jeune fils âgé de sept ans. Il leur criait après, alors ils l’ont battu avec des bâtons et d’autres objets. Il a perdu connaissance, puis ils sont partis et nous avons décidé de quitter notre village pour rejoindre celui d’à côté. [Entre ce village] et la frontière libérienne, le garçon a commencé à se plaindre de douleurs et à cracher du sang. Nous avons dormi dans la brousse, et il y est mort. Je ne sais toujours pas où se trouve mon mari ».

 

Human Rights Watch a également documenté les exactions commises dans au moins trois villages par les Forces nouvelles à l’encontre de partisans de Laurent Gbagbo, qui se sont livrées au pillage des habitations et des commerces et ont emporté des motocyclettes, des marchandises, de l’argent et d’autres objets de valeur. Un homme de 37 ans vivant dans l’un de ces villages a raconté à Human Rights Watch :

 

« Pendant les élections, nous menions campagne pour Gbagbo et lorsque les résultats ont été annoncés, les Forces nouvelles sont venues et nous ont pris nos motocyclettes. […] Je me suis caché pendant trois jours. Je suis sorti de ma cachette le 14 décembre. Deux personnes m’ont dit que les Forces nouvelles me recherchaient. Le 14 au soir, les rebelles sont arrivés de Danané vers 20 heures ; je ne pourrais pas dire combien de véhicules il y avait, mais ils avaient des 4x4 et des motocyclettes. Ils portaient la tenue des Forces nouvelles et avaient des lance-roquettes et des kalaches. Je me suis réfugié dans la brousse et ils ont dit à mon frère : « N’aie pas peur, nous sommes ici pour vous protéger, ainsi que vos biens. » Le soir même, ils ont volé mon frère. Ils ont pris notre motocyclette et notre téléphone portable ; au total, ils ont volé 20 motocyclettes dans le village ».

 

La plupart des réfugiés ont déclaré à Human Rights Watch avoir fui par crainte des exactions, le souvenir du conflit armé de 2002-2003 et de ses prolongements— et notamment des abus commis par les Forces nouvelles— étant resté particulièrement vif dans les mémoires. Un réfugié de 39 ans de Zouan-Hounien a indiqué :

 

« En 2003, j’ai été emprisonné à Danané pendant un mois, mais grâce à l’intervention de l’ONUCI, j’ai été libéré. J’étais accusé d’avoir soutenu Gbagbo après les élections [de 2010], et lorsque c’est arrivé [la controverse électorale], j’ai décidé de partir. […] Je ne voulais pas revivre la même chose. Avant que je parte [pour le Libéria], les rebelles me recherchaient et questionnaient mes amis. Ces derniers m’ont dit de faire attention. Le même militaire des Forces nouvelles qui m’avait arrêté en 2003 est revenu dans le village à ma recherche ».

 

Les militaires des Forces nouvelles s’en sont également pris à des femmes qu’ils ont agressées sexuellement pour leur soutien réel ou présumé à Laurent Gbagbo.

 

Human Rights Watch a documenté sur cette période trois cas de viols survenus immédiatement après le second tour des élections, dont le viol de l’épouse d’un responsable de la campagne de Laurent Gbagbo par des militaires des Forces nouvelles venus chercher son mari. Une femme de 36 ans a assisté depuis chez elle au viol de deux autres femmes de son village, dont une femme enceinte violée par quatre militaires des Forces nouvelles.

 

Plusieurs réfugiés au Libéria ont également déclaré à Human Rights Watch que des militaires des Forces nouvelles étaient venus dans leurs villages et avaient forcé les femmes à leur faire la cuisine et, dans certains cas, à être leurs « épouses » forcées...

 

Pour la deuxième partie, cliquez ici

Publié dans Droit de l'homme

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