« Indignés, tous à la place CP1 ce samedi ! » : Samba David, président de la coalition des indignés de Côte d’Ivoire…

Publié le par thruthway

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La Coalition des indignés de Côte d’Ivoire est une organisation de la société civile. Dans cet entretien, son président, Samba David, donne les raisons de sa mise en place.

 

 

Notre Voie : Vous présidez la Coalition des indignés de Côte d’Ivoire. Qu’est-ce qui a motivé la création d’une telle structure ?

 

Samba David : La Coalition des indignés regroupe tous les Ivoiriens sans distinction de région, de religion et d’opinion politique. Elle est née de la frustration des Ivoiriens du fait de la misère et la galère qu’ils vivent. Il fallait un instrument, une plate-forme pour canaliser toutes ces souffrances afin de s’exprimer sans la violence. Parce que nous estimons que la violence ne construit pas. Elle détruit.

 

N.V. : Quelles sont les organisations qui constituent la coalition que vous présidez ?

 

S.D. : Nous avons toutes les couches sociales. Nous avons des élèves et étudiants, nous avons dans la coalition des fonctionnaires, des travailleurs du privé, des commerçants, des planteurs et des personnes exerçant dans le secteur informel. Nous nous sommes réunis pour mettre sur pied la coalition des indignés qui, aujourd’hui, constitue la conscience du peuple ivoirien pour dénoncer la misère.

 

N.V. : Entre la société civile et les mouvements politiques, où situez-vous votre organisation?

 

S.D. : Nous sommes de la société civile. Si 4 ou 5 partis politiques coalisés sont en train de gouverner et faire souffrir les Ivoiriens, il y a aussi d’autres partis politiques qui sont en marge qui constituent l’opposition et qui devraient défendre la majorité silencieuse des Ivoiriens qui souffrent. Mais nous constatons l’immobilisme de cette classe politique. Il était donc nécessaire pour nous que cette majorité silencieuse qui constitue la société civile puisse prendre son destin en main. Nous ne sommes pas affiliés à un parti politique. Nous sommes de la société civile, nous défendons les intérêts de la population ivoirienne.

 

N.V. : Vous avez récemment annoncé des manifestations de rue. De quoi s’agit-il ?

 

S.D. : Nous ne voyons plus rien à l’horizon. Quand nous voyons que la faim est en train de gagner du terrain, quand nous nous rendons compte qu’il est impossible à une famille de s’offrir un seul repas la journée, alors il s’impose à nous de nous lever pour dire au monde entier que les Ivoiriens ont faim. Devons-nous rester dans nos salons pour critiquer cela ? Faut-il rester dans son bureau pour dénoncer cela ? Nous pensons que ça ne va pas porter. Car il n’y a que la lutte qui paye. On l’a vu aux Etats-Unis avec Martin Luther King, en Afrique du Sud avec Nelson Mandela et Desmond Tutu, on l’a vu au Brésil, dans le monde arabe, c’est le peuple souverain qui manifeste à travers les rues de façon pacifique pour dire au monde entier que ça ne va pas. Pour nous, la rue est un moyen légal d’expression.

 

N.V. : Doit-on s’attendre à des soulèvements populaires ou il s’agira des manifestations pour lesquelles, vous devrez vous conformer à l’autorisation du pouvoir ?

 

S.D. : C’est le peuple qui est souverain. C’est l’article 31 de notre Constitution qui le dit. Nous sommes le peuple, donc nous sommes au-dessus du pouvoir. C’est nous le peuple qui avons donné mandat à un régime de gérer les affaires courantes. Mais nous constatons que cette gestion se fait au mépris du peuple ivoirien. Donc le peuple ivoirien veut prendre son destin en main. Nous ne pensons pas attendre une autorisation quelconque comme cela se passe au niveau des partis politiques où des marches et meeting ont été annulés. Nous préparons une expression qui va se faire dans la rue.

 

N.V. : Quand aura lieu cette manifestation de rue ?

 

S.D. : Nous remobilisons les bases à travers une caravane. Depuis le 15 juillet, nous visitons les médias pour expliquer notre combat aux différentes rédactions. La manifestation se tiendra ce samedi 24 août à la place CP1 à Yopougon. Tous donc la place CP1 !

 

N.V. : N’avez-vous pas peur d’être arrêté par le Pouvoir en place ?

 

S.D. : Cela fait partie de la lutte. Les arrestations sont les étapes de la lutte. Si je suis arrêté, la lutte doit continuer.

 

N.V.: Comment les Ivoiriens que vous approchez, accueillent-ils votre caravane et l’idée de manifestation de rue ?


S.D. : Franchement, je peux vous assurer que nous ratissons large. Nous recrutons et les gens s’inscrivent en masse. Il y a des collectifs qui sont créés. Le Pouvoir mobilise pour la coalition des indignés en multipliant chaque jour les maladresses et actes d’injustice à l’égard du peuple ivoirien. Je veux parler des licenciés de la Sotra, des licenciés de la Présidence de la République, des familles sont disloquées, des gens meurent, des enfants ne vont plus à l’école et la galère sévit. Des commerces ont été déguerpis sans offrir d’autres opportunités pour sauver ces familles.

 

 

Interview réalisée par

 

Benjamin Koré

Publié dans Actualités politiques

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