Jacob Zuma accueilli en grande pompe à Paris

Publié le par thruthway

http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcRKI00NUnKO3CqvnZsdD-wHkYjEDml-2fU-9ew0Cbe1wSQE9dMBLe président sud-africain Jacob Zuma est arrivé mardi à Paris pour une visite officielle. Sa venue, en pleine présidence française des G8 et G20, consacre le rôle de puissance émergente de l’Afrique du Sud, et la volonté du président Nicolas Sarkozy d’en faire un allié privilégié sur le continent africain.

Tapis rouge et programme chargé pour le président sud-africain Jacob Zuma, en visite officielle à Paris. Accueilli mardi soir par Henri de Raincourt, le ministre chargé de la Coopération, Jacob Zuma doit rencontrer en deux jours le Premier ministre François Fillon, la ministre de l’Économie Christine Lagarde, les présidents du Sénat et de l’Assemblée nationale, le maire de Paris et plusieurs grands patrons français.

Il doit également être reçu lors d’un dîner à l’Élysée ce mercredi soir. Escorté par la Garde républicaine à cheval, Zuma est l’objet d’un traitement de faveur similaire à celui qui lui avait été réservé pendant le sommet Afrique-France de mai dernier.

Crise ivoirienne au menu

Au menu des discussions, les G8 et G20 bien sûr, mais également les derniers développements du « printemps arabe » et les crises africaines. Si l’Afrique du Sud joue un rôle de premier plan au Soudan et à Madagascar, la position de Jacob Zuma envers la Côte d’Ivoire est plus ambiguë, selon Paris. Comme l’Angola, le président sud-africain a jusque-là ménagé Laurent Gbagbo et défendu une solution de compromis. Contrairement à la France, ferme soutien du de Alassane Ouattara qui, il faut le souligner est un ami personnel de Nicolas Sarkozy. Celui-ci fut d'ailleurs, son parrain lors de son mariage avec Dominique.

Les partisans de Ouattara ont appelé à un rassemblement devant le palais de l’Élysée, ce mercredi après-midi, pour protester contre la venue du leader sud-africain en France qui a fait savoir par sa ministre des affaires étrangères que le résultat proclamé par la CEI et la « la certification » du représentant spécial du Secrétaire Général de l’ONU Young Chi-Joï sont "non concluants" au vue des rapports des experts dépêchés à Abidjan.

« Nous ne désespérons pas de le faire changer » sur ce dossier, affirme-t-on à Paris. « Il n'est pas question d'exagérer l'influence sud-africaine mais ce serait un coup dur pour Gbagbo si Pretoria prenait clairement position contre lui. »

Renforcement de la coopération

Première puissante émergente africaine, l’Afrique du Sud fait l’objet de toutes les attentions du président français depuis plusieurs mois.

Le développement de ses relations avec ce grand pays, invité par les influents Bric (Brésil, Russie, Inde, Chine) à les rejoindre fait partie de la stratégie de Nicolas Sarkozy. Lequel souhaite se démarquer du face-à-face avec l’ancien « pré carré » des anciennes colonies françaises sur le continent.

Nicolas Sarkozy, qui a besoin du soutien des Africains pour faire avancer ses projets en matière de régulation de la finance, a fait de l'aide au développement et de la taxe sur les transactions financières, une des priorités de sa présidence du G8-G20.

Mais pour Pretoria l’ « un de ses objectifs majeurs est de renforcer le commerce et les investissements avec la France ». Cette dernière, sixième fournisseur de l'Afrique du Sud, n'en est que le 19e client à l'exportation.

Les deux pays doivent signer un nouveau document cadre de partenariat qui prévoit près d'un milliard d'euros de financements de la part de l'Agence française de développement (AFD).

Le dossier du nucléaire civil sud-africain est aussi sur la table. Déjà constructeur de l’unique centrale de Koeberg, Areva avait proposé en 2008 de fournir deux réacteurs de nouvelle génération EPR à Pretoria. Le pays souffre en effet d'un important déficit d'électricité et souhaite doubler ses capacités énergétiques d’ici à 2030. Faute de financement Pretoria avait dû renoncer à cette offre.

« L'Afrique du Sud est en pleine révision de sa politique énergétique, il n'y aura donc pas de décision sur ce dossier », note-t-on toutefois à Paris. (Avec AFP)

Source: Jeune Afrique

Publié dans Diplomatie

Commenter cet article