LA CPI: TRIBUNAL POUR AFRICAINS SEULEMENT... LA PREUVE:

Publié le par thruthway

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La C.P.I. ne juge que les Africains. Triste palmarès. Certains répondront, avec beaucoup de naïveté d’ailleurs: « C’est en Afrique que sont commis les crimes les plus horribles contre l’humanité». La simplicité de cette affirmation ne mérite ni le temps, ni l’examen d’un homme sage. Mais si pour les besoins actuels de notre réflexion nous élevions cette incongruité à la dignité d’une vérité axiomatique; qui seraient alors, comme l’est le Président GBAGBO dans la crise ivoirienne, les co-auteurs indirects de ces crimes contre l’humanité ?

 

La C.P.I. condamne pour la nature du crime et non pour son lieu de commission. C’est en raison de cette prétention à l’universalité, qu’elle peut traduire le Président GBAGBO dont le pays n’a pas encore ratifié les statuts instituant la C.P.I. C’est pour ces mêmes raisons qu’OMAR  EL BECHIR du Soudan, et plus récemment son ministre de la défense, se voient inculpés par cette même cour  sans que leur pays ait reconnu sa compétence.

 

Voilà des exemples de co-auteurs indirects dans les crises du monde : Georges Bush en Irak, dont le pays n’a pas ratifié les statuts de Rome comme GBAGBO, et dont l’engagement militaire en Irak contre le veto onusien à fait un million de victimes. Une plainte a osé être déposée contre lui dans un tribunal belge dit à compétence universelle. La fermeté de la mise en garde américaine contre la Belgique a entrainé la dissolution de ce tribunal par le parlement de ce pays.

 

Il faut rappeler ici que ce tristement célèbre tribunal, en devenant le réceptacle de toutes les plaintes des partisans du devoir d’ingérence, a tant inquiété des dirigeants africains (HISSEN HABRE…) dont les pays n’ont pas été pourtant parties à sa constitution. La liste suivante de co-auteurs indirects n’est pas exhaustive, elle est plutôt indicative: CHIRAC, SARKOZY, ALLIOT MARIE sont des co-auteurs indirects de crimes contre l’humanité dans la crise en Cote d’Ivoire. SARKOZY, JUPPE et DAVID CAMERON sont co-auteurs indirects de crimes contre l’humanité pour la LYBIE. OBAMA est aussi coupable en SYRIE et dans le monde arabe.

 

Pour les africains qui en sont restés à l’idéalisme de l’enfance juridique, il faut qu’il soit su ce qui suit. Au fond, ce n’est jamais l’acte matériel commis qui  nous condamne, mais bien plutôt celui qui le qualifie (l’apprécie). Voilà pourquoi, différents juges peuvent porter un jugement différent sur un même acte commis. Ce sont alors ces juges (ceux de la chambre III de la C.P.I. devenue maintenant la chambre I dans le cas de la C.I.), qui déterminent au fond (en réalité) qui est criminel.

 

Et c’est justement parce que ces juges là ne sont pas toujours saints que les recueils d’erreurs judiciaires ne cessent de croître en volume. Le droit français est clair: la qualification juridique des faits appartient souverainement au juge (son intime conviction). Aux Etats Unis, c’est pire : John Marshall, ancien président  de la cour suprême,  dit que l’interprétation juridique est du ressort exclusif de l’autorité judiciaire, et que le droit est ce que le juge en dit (JUDICIAL REVIEW). Ces enthousiastes africains doivent alors apporter un peu de relativisme dans leur notation de l’infaillibilité de la C.P.I.

 

Quand un homme, par le biais d’une déportation, sort de l’orbite de ses juridictions naturelles, de ses repères (le droit civil français requiert la comparution obligatoire de ses justiciables devant leurs seuls tribunaux naturels), et est exposé  à l’étranger à des juges et à des procédures inconnus de sa culture, de sa cause, il subit une dislocation psychologique, un malaise de fond qui ne peut faire l’objet d’une estimation objective, tant le dommage se trouve situé dans des domaines inaccessibles à la réparation humaine. Et quand il est un chef d’Etat, en l’occurrence le premier dans ce cas, il connait triplement la solitude du pionnier, dépourvu de tous les attributs et prérogatives de son rang, au point  de sentir un point d’ironie même dans les politesses des gardes pénitentiaires. 

 

Sachez qu’aucune forme d’esclavage n’est possible sans dislocation psychologique, donc sans déportation. Ce transfèrement dit judiciaire, est en fait un acte politique, une  déportation qui en rappelle d’autres ; celle de TOUSSAINT LOUVERTURE (à Fort de Joux, dans le Jura, l’Architecte de l’indépendance de l’ Haïti) ; celle de  L’ALMAMY SAMORY TOURE (au Gabon, Chef de la résistance anti coloniale), celle de GBEANZIN AHIDJERE (en Martinique, Roi du Dahomey).

 

Quand les projecteurs de l’histoire se poseront un jour sur ce pan de notre histoire, nous en aurons honte, comme nous avons honte aujourd’hui de ce que nos ancêtres ont fait à nos frères les noirs du continent américain. AIME CESAIRE avait raison, notre vision doit cesser d’être « partial, partiel et parcellaire » Ces déportations récurrentes ne sont pas le fait d’un hasard, elles sont conformes à un dessein : la décapitation psychologique par dislocation et l’esclavage.

 

Observez vous-mêmes les manigances ci-dessous : Sous forte pression française la C.P.I. arrête GBAGBO, mais elle ne doit pas arrêter pour l’instant SORO; SARKOZY en serait contrarié. Pour éviter un peu cette forte pression la C.P.I. place le procès le 18 Juin 2012, soit quelque temps après les élections françaises, après le départ de SARKOZY. Seulement après ces élections peuvent ils décider du sort de la paire OUATTARA-SORO, et voir quel verdict les nouvelles autorités françaises demanderaient pour GBAGBO. La France est contributrice au budget de la C.P.I. La C.P.I., comme tout autre institution internationale  (O.N.U, U.A., la LIGUE ARABE…) doit vivre avant de prendre des décisions. Pour cela, leur processus décisionnel est empreint de réalisme. Et pourtant, la vérité, elle, n’est pas réaliste. Et Gandhi dit que ce n’est pas parce qu’on s’en détourne qu’elle devient mensonge.

 


SERY ZADI GBOZIAGNON

JURISTE,  POLITOLOGUE, TRADUCTEUR 

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