La guerre d’Abobo : Ce qui n’a jamais été dit

Publié le par thruthway

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En février - mars 2011, en pleine crise postélectorale, la commune d’Abobo subit le choc d’une guérilla urbaine. Les rebelles devenus forces pro -Ouattara attaquent et traumatise «Abobo la guerre». Le temps revient, 1 an après, sur ce qui s’est réellement passé.

 

 

Après la présidentielle 2010, la commune d’Abobo ne retrouve plus sa quiétude. Le samedi 19 février 2011, la matinée s’annonce belle pour les habitants de la commune d’Abobo. Ne s’imaginant aucune situation désastreuse, ils vaquent tranquillement à leurs occupations. Mais voilà que vers 10 heures, commence leur cauchemar. Des tirs de kalachnikovs déchirent le ciel. Qui s’amuse à ce jeu ?

 

Aucune réponse parce que personne ne peut se permettre de tels choses qui menacent la quiétude des populations. Cela est d’autant plus vrai que l’on se rend compte que ceux qui libèrent les rafales ne sont autres personnes que des rebelles positionnés au quartier Pk18. La débandade est totale du côté des populations paniquées.

 

L’intervention des Fds (Forces de défense et de sécurité de l’armée ivoirienne) est prompte et met fin momentanément à l’incursion meurtrière des rebelles. Le calme revient. Le dimanche 20 février, jour d’adoration et de louange, les populations s’apprêtent à regagner leurs églises respectives quand les rebelles reviennent à la charge. Aux environs de 9 heures, ils tirent dans tous les sens. Empêchant ainsi les populations de se rendre à leurs lieux de cultes. Les Fds répliquent aussitôt et rétablissent l’ordre sans un véritable combat. Le lundi 21 février, répondant au mot d’ordre de «révolution» lancé par soro Guillaume, les rebelles tentent de prendre le carrefour Pk 18.Mais ils butent encore sur la détermination et le professionnalisme des Fds qui les repoussent. L’après midi sera calme. Ce qui donne une petite lueur d’espoir aux populations.

 

Le mardi 22 février, les travailleurs de la commune profitent de ce calme précaire pour rallier leurs lieux de service. Alors qu’ils pensent rentrer chez eux après une journée bien remplie, les travailleurs apprennent que la commune est à feu et à sang. Les rebelles venaient de tuer un gendarme dans une embuscade par eux dressée au niveau de Pk18. Commence alors la tragédie des populations.

 

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L’assaut contre le camp Commando

 

Les « sofas » du mentor du rdr (Rassemblement Des Républicains, le parti politique d’Alassane Ouattara), disséminés sur l’ensemble du territoire «abobolais» semblent avoir de la témérité. La prise des symboles de l’Etat dans la commune d’Abobo est pour eux «la priorité des priorités». Le camp Commando, qui est la caserne militaire la plus importante de cette localité, est dans le viseur. Le mercredi 23 février, ces forces pro-Ouattara traduisent cette volonté dans les actes. Vers 11heures, ils se ruent vers cette unité d’élite qu’ils tentent de prendre. Mais cette audace leur est fatale. La bataille qui dure plus d’une trentaine de minutes est cauchemardesque pour les rebelles. Laminés par les gendarme-commandos, ils battent en retraite.

 

Mais, la nuit, ils reviennent à la charge. Là encore, ils n’ont pas de chance. Les gendarmes leur infligent une sévère correction. La preuve, leur chef, Doumbia Bazoumana est neutralisé. Tout comme lui, de nombreux soldats rebelles ne surmontent pas cette épreuve de feu. Cependant, malgré cette cuisante défaite, ils n’abandonnent pas. Dans la nuit du jeudi 24 février au vendredi 25 février 2011, accompagnés de mercenaires, de soldats de l’Onuci et de la force Licorne, les rebelles attaquent de nouveau. La riposte des gendarmes est à la hauteur de la provocation. Les assaillants sont une fois de plus mis hors d’Etat de nuire. Pendant que le quartier qui abrite le camp est fortement quadrillé par les Fds.

 

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La déroute des rebelles

 

L’Armée régulière de Côte d’Ivoire démontre sa détermination et son professionnalisme sur le théâtre des opérations. En tout cas, c’est l’affirmation que l’on peut se permettre, eu égard à son comportement face aux rebelles qui sèment la terreur à Abobo. Dans les combats qui les opposent à ces hommes sans foi ni loi, c’est avec un véritable engagement que les Fds se battent. Ils volent de victoire en victoire. Celle qui retient surtout l’attention des observateurs est la victoire de la bataille de la nuit du jeudi 24 février au vendredi 25 février 2011.Cette bataille a stoppé les criminels venus des zones Cno (Centre Nord Ouest) et autres mercenaires recrutés çà et là dans la sous région dans le monde et en France. Cette nuit là, ils ne font pas le poids devant l’armée régulière qui leur inflige de lourdes pertes. Une véritable correction que la force Licorne et l’Onuci, dit-on, ne digèrent pas. Le lendemain, les deux forces décident de faire tomber définitivement leurs masques.

 

L’Onuci et la Licorne rentrent en scène

 

Après la bataille de la nuit du jeudi 24 à vendredi 25 février 2011, et la victoire des Fanci, la journée a été calme à Abobo. Aucun tir n’a été entendu. En revanche, nos sources affirment que du côté de l’Onuci, cette journée n’a pas été de tout repos. Elle va être mise à profit par les soldats de Choï, alors à la tête de l’Onuci, pour organiser l’entrée en guerre des «forces de la paix» contre les Fanci. Pendant plus de 3h d’horloge, les soldats onusiens se livrent à un ballet aérien au-dessus de la commune. A bord de leurs hélicoptères, ils survolent la partie nord d’Abobo, composée des quartiers Anonkoua-Kouté, Pk18, Agripac, N’Dotré, Avocatiers, Bokabo et «Derrière rails». Cette partie est ravitaillée en hommes et en armes par l’Onuci et la Licorne.

 

Le samedi 27 février 2011, les soldats onusiens et français prennent, d’après nos sources, les opérations en main. Aux environs de 13h 30mn, ils déclenchent les hostilités en visant l’armée régulière. Les positions des Fds sont littéralement mitraillées. Heureusement, l’on n’enregistre aucune perte en vie humaine. Mais les combats sont d’une rare intensité. Ce qui oblige les populations à se terrer dans leurs maisons. Vers 19h, les combats qui, jusque-là, se déroulaient sur la voie expresse se transportent à l’intérieur des quartiers. Ce qui en ajoute au traumatisme des habitants. Vers 21h, les combats cessent. Pour reprendre à 2h du matin. Héroïques, les Fds acculent les hommes de Choï jusqu’à 4h 15.

 

Des «Blancs» dans les combats d’Abobo

 

Mais l’ex- représentant spécial de l’Onu en Côte d’Ivoire, Y. Choï, ne dira jamais la vérité à la communauté internationale sur son implication aux côtés de la guérilla d’Abobo. Il cache à ses mandants le comportement des soldats de l’Onuci. Pourtant des témoins rapportent que ce sont eux qui livrent la guerre à la Côte d’Ivoire. Même là où ses hommes attaquent et perdent, le Coréen se tait. La preuve, c’est que parmi les corps de combattant qui jonchent les rues d’Abobo, des témoins auraient vu des «Blancs». D’où viennent-ils? Aux yeux des observateurs, cette question ne mérite pas d’être posée. Ils pensent que ce sont des combattants de l’Onuci et de la force Licorne qui ont attaqué l’armée régulière dans la journée du samedi 27 février. Choï parle de tout sauf de cette défaite de ses soldats devenus les appuis des rebelles d’Alassane. Choï se garde de faire un rapport complet sur l’implication de ses hommes dans les combats qui opposent les rebelles aux Fds dans la commune d’Abobo.

 

Ravitaillement et reconstitution des troupes rebelles

 

Toutefois, ayant récupéré le combat de la guérilla, l’Onuci se décide désormais à faire les choses à visage découvert. A Abobo, le ravitaillement des troupes en nourriture et en hommes est l’affaire de cette opération des Nation-unies. Des indiscrétions font état de ce que les hélicoptères mis à sa disposition pour transporter les diplomates dans le cadre du règlement de la crise sont désormais utilisés comme moyens de transport des troupes rebelles. Après la débâcle face aux Fds, une reconstitution est organisée par l’Onuci et la force Licorne. Les témoignages confient que la navette entre la commune d’Abobo et l’Hôtel du Golf a eu pour objectif de puiser des éléments dans le contingent des rebelles basés dans ledit Hôtel pour les déverser dans les champs de manioc situés aux alentours du village d’Anonkoua. Quand un autre contingent est transporté, dit-on, derrière le Lycée municipal. Là-bas, ils auraient fait l’objet d’un tri dans le but de ne retenir que les meilleurs tireurs pour accompagner les soldats onusiens et français sur le terrain.

 

Quant aux munitions, elles sont distribuées par le canal des hélicoptères qui, une fois sur les lieux où se trouvent les rebelles, volent à basse altitude pour permettre la récupération des sacs. Pour ne pas se faire repérer par les habitants d’Anonkoua qui veillent au grain, les pilotes des hélicos larguent rapidement les sacs et se sauvent. C’est dans cette précipitation qu’ils laissent tomber un sac de munitions dans un champ de manioc, non loin du village. Malheur pour eux, des habitants qui auraient suivi la scène en informent des parents qui vont aussitôt «confisquer» le colis mortel.

 

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Les rebelles comme des rats, dans les champs de manioc

 

Ceux qui attaquent la commune d’Abobo sont loin d’être des gens qui connaissent les secteurs qu’ils sont censés prendre. La preuve, c’est que chaque jour, ils sont nombreux qui se perdent dans les quartiers et qui se font rattraper. A Abobo par exemple, les rebelles qui n’ont aucune maîtrise du lieu où ils se trouvent se font poursuivre comme des rats dans les champs de manioc qui entourent le village d’Anonkoua-Kouté. Le samedi 26 février de nombreux rebelles commis à la reconnaissance des lieux se font prendre. Chacun d’eux est muni de deux cartes géographiques. L’une décrivant l’ensemble de la commune et une autre décrivant l’emplacement et les entrées du village d’Anonkoua-Kouté. Hélas, la guérilla déclenchée par les forces pro-Ouattara est une tragédie pour les paisibles populations d’Abobo.

 

L’une des conséquences de la guerre d’Abobo, c’est le déplacement massif des populations de la commune. S’il est vrai que des gens y sont restés, ils son nombreux ceux qui ont préféré fuir la barbarie des guérilleros pro-Ouattara, de l’Onuci et de la Licorne.

 

L’exode massif des populations traumatisées

 

Par vagues successives et baluchons sur la tête, les habitants désertent la commune pour trouver refuge dans d’autres communes chez des parents ou chez des amis. Ce déplacement, il faut le dire se fait dans la douleur. Pour ceux qui habitent les quartiers de Pk 18, Anonkoua-Kouté, Avocatier et Anyama, il faut contourner le théâtre des combats pour échapper aux balles perdues. Ainsi l’on est obligé de faire le tour des quartiers Bc, sogéfia, Agbékoi, «sans manquer» et Aboboté pour rejoindre le quartier d’Angré dans la commune de Cocody. C’est à partir de là que chaque déplacé emprunte un véhicule pour rejoindre ses parents ou ses amis. Ainsi, ce sont plusieurs centaines de milliers de personnes qui quittent la commune d’Abobo dès le déclenchement des hostilités le 19 février 2011. si les premiers jours, le déplacement se fait par petits groupes, l’exode du dimanche 27 février 2011 enregistre le plus grand nombre de déplacés. Hommes, femmes, vieillards, jeunes et enfants sont sur les routes, à la recherche d’abri et de refuge.

 

Mme N. D., une habitante du quartier Anonkoua-Kouté était en pleurs. «C’est un situation déplorable. J’ai quatre (4) enfants et je suis obligée de me déplacer avec eux. Ce qui n’est pas sans conséquence parce qu’il me faudra suffisamment d’argent pour participer aux dépenses dans ma famille d’accueil. Même si ce sont mes parents, n’oublions pas que chacun aujourd’hui est assailli de problèmes. C’est en cela que je condamne avec la dernière énergie le comportement de ceux qui imposent cette guerre à la Côte d’Ivoire», relate-elle ce jour. Le cas le plus frappant sur la route ce dimanche est celui d’une vieille dame. La soixantaine révolue et très malade, elle a souffert durant tout le parcours au point où le jeune garçon qui l’accompagnait était obligé de la porter au dos de temps en temps. Voici ce qu’elle dit de la situation. «Mon fils, il y a de cela quelques mois que je suis malade. Cette situation n’est pas faite pour nous les vieilles. Notre pays n’a jamais connu pareille situation. Nous avions l’habitude de voter. Mais jamais nous n’avions eu de tels problèmes. Si aujourd’hui on a voté et que celui qui n’a pas gagné les élections veut nous tuer, il va falloir que les Ivoiriens fassent bloc contre lui».

 

Pillage et crimes contre l’humanité

 

Autre conséquence, les coupures de l’électricité et d’eau dues au sabotage des installations afférentes par les rebelles. Dans une commune mise à feu et à sang par la guérilla, le manque d’argent et de nourriture devient insupportable pour les populations qui fuient en masse les exactions des rebelles. Durant les combats, tous ces éléments vitaux pour l’existence humaine ont fait défaut. Les criminels onusiens et français qui sont toujours prompts à parler de «catastrophe humanitaire» se taisent sur ces crimes contre l’humanité. Après les combats qui ont mis en déroute le camp les rebelles, les militants du rhdp de la commune se jettent sur les magasins et autres boutiques en bordure de la voix principale menant à Anyama, pour les mettre à sac. Vendredi 25, samedi 26 et dimanche 27 février 2011, ces militants d’un autre âge se livrent à des vols et pillages des magasins.


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