La mort de Bohoun Bouabré: révoltant, révoltant, révoltant!!!

Publié le par thruthway

Bohoun-Bouabre.3.PNG

 

 

 

Je suis révolté par le décès de Paul-Antoine Bohoun Bouabré, fils de la Cote d’Ivoire, ex-ministre des finances dans le premier gouvernement du président Laurent Gbagbo jusqu’en 2005. Les conditions de sa mort ne sont pas totalement encore élucidées, mais selon l’article de Jeune Afrique de ce mercredi 11 janvier 2011 signé de Baudelaire Mieu, Bohoun Bouabré serait mort par manque de soins.


“Après la chute de Laurent Gbagbo, il (Bohoun Bouabré) avait dépêché des émissaires auprès du nouveau pouvoir d’Alassane Ouattara pour négocier le dégel de ses avoirs ou, à défaut, obtenir une prise en charge de l’État. Mais, cette demande lui avait été refusée,” écrit Baudelaire Mieu.


Cette information est de taille. Elle est simplement révoltante! Pire, elle témoigne de la haine encore encrée dans le cœur de ceux qui veulent réunifier la Cote d’Ivoire. Une perte pour la formation politique de Bohoun Bouabré, certes, mais aussi et surtout une perte pour toute la Cote d’Ivoire.


Où allons-nous? Qu’est ce qui nous attend? Que se passera-t-il dans les jours à venir? Qu’allons-nous devenir?


Autant de questions qui hantent chaque jour l’esprit de la  population ivoirienne au vu des actes posés par le pouvoir en place. La psychose, le doute et le désespoir succèdent ainsi aux confrontations armées. Les cœurs des “nouveaux bouffeurs” sont encore très armés et une vie ne vaut plus rien aujourd’hui en Côte d’Ivoire. Les preuves sont nombreuses. Chacun a peur et tout le monde est exposé à la mort ou l’humiliation. Malgré les nombreux discours d’espoir qui se succèdent les ivoiriens implorent Dieu chaque jour pour voir le lendemain. Demain n’est jamais gagné. Une très petite minorité est à l’abri des menaces de vols, viols ou tueries. En face, la grande majorité flirte avec la mort au quotidien. Certaines personnes qui se sont affichées comme étant des pro-Gbagbo continuent de mourir par vagues, torturées ou exécutées. D’autres meurent par accident vasculo-cérébrale (AVC), cette maladie qui prend des proportions de plus en plus  importantes dans notre pays aujourd’hui à cause de la psychose crée par les conditions de vie actuelles, d’autres encore meurent simplement par manque de soins (manque de moyens ou négligence à cause de leur camp politique ou leur ethnie).


Bohoun Bouabré est mort, par manque de soins! Safroulaye, c’est inhumain, c’est énorme!!!! Ce n’est pas sa disparition en tant qu’individu qui est aussi choquante. Nous sommes tous de passage ici-bas. Ce sont plutôt les multiples discours d’amour et de réconciliation qui se traduisent finalement par la haine et les crimes qui sont choquants.


C’est une preuve irréfutable que le respect de la vie humaine n’est pas encore à l’ordre du jour dans le programme de gouvernement du pouvoir en place. Le “show off”, le zèle et le triomphalisme constituent l’épine dorsale de ce gouvernement en place en Côte d’Ivoire. C’est une réalité. Hermann Aboa/Franck Anderson/Sivori Boga, Vavoua, Sikensi……la liste est longue…..et Bohoun Bouabré qui est mort par manque de soins, ses comptes étant gelés! Quelle horreur!


Toutes les grandes nations contemporaines ont connu la guerre, elles se sont ensuite développées économiquement et socialement en se servant des expériences de la guerre pour fonder des règles et des institutions fortes basées sur le respect de la vie humaine qui les régissent aujourd’hui. Sans triomphalisme. Sans zèle. Sans haine malgré la divergence et la diversité. Dans la compétition saine et porteuse. La sécurité sociale, l’aide judiciaire, l’aide médicale, l’asile politique ou religieux etc…. toutes ces formes d’aide participent de cette volonté de respecter la vie humaine et  le concitoyen quel que soit son rang social, son appartenance politique, religieuse, raciale ou ethnique.


Diantre! Où est passé le respect de la vie humaine en Côte d’Ivoire? La guerre militaire a certainement pris fin mais la haine pour les autres qui animent les tenants du pouvoir continuent d’alimenter les divisions entres les classes sociales d’un côté et les familles politiques de l’autre. Les vainqueurs de la guerre sont très très puissants actuellement. Ils écrasent et ravagent tout sur leur passage. Ceux qui ont une opinion différente de la leur devront périr d’une façon ou d’une autre…..pourtant, ils veulent une Cote d’Ivoire réconciliée, une Cote d’Ivoire réunifiée! Oualaye! Comment cela est-il possible avec tous ces …..Crimes? Le pouvoir savait que Bohoun Bouabré était malade, encore qu’il avait envoyé des émissaires pour chercher de l’aide auprès des autorités ivoiriennes pour sa survie. La haine a guidé la décision de lui refuser cette aide. Bohoun Bouabré est mort parce qu’il n’avait pas les moyens de se faire soigner! C’est un crime et cela est révoltant! La Cote d’Ivoire d’après-guerre est très mal partie.


Après la guerre, le gouvernement Ouattara avait ses raisons de geler tous les comptes du camp Gbagbo. Soit! Néanmoins, le respect de la vie humaine les aurait interpellés, non pas forcément pour dégeler les comptes de Bohoun Bouabré, mais pour lui donner les moyens financiers de se faire soigner à défaut de le prendre en charge. Humanité oblige: assistance à personne en danger, action humanitaire, prise en charge d’un ivoirien malade à l’étranger, donner une chance à la réconciliation…..la liste des excuses était  longue pour donner une chance à la réconciliation dans notre pays. L’histoire retiendra que cet autre crime est motivé par la haine contre un ivoirien et le mettra sur le compte du pouvoir en place. Encore une fois, la méchanceté gratuite et la haine l’on emporté sur la commisération et la compassion. Combien de temps cela durera-t-il?


Bohoun Bouabré sera-t-il enterré avec toutes les chances d’une Cote d’Ivoire réconciliée et unie?


Wait & see. Sans racunes.


Cebastien Gnahoré

Infodabidjan.net

Publié dans contribution

Commenter cet article