La population ignore une fois de plus, l’opération ‘’ville morte’’ du camp Ouattara

Publié le par thruthway

http://directscoop.files.wordpress.com/2011/01/ville-en-vie.jpg?w=300&h=225L' appel à une opération « ville morte ou pays mort » en Côte d`Ivoire, lancée par  Alassane Ouattara pour renforcer la pression en vue d`un départ du président  Laurent Gbagbo, n’a  une fois de plus pas été suivi mardi à Abidjan et dans la plupart des villes de l'intérieur.

Dans le district d'Abidjan, on a noté un ralentissement des activités économiques à Abobo et à Adjamé, quartiers populaires pro-Ouattara (Abobo est placé sous couvre-feu depuis près d`une semaine suite à des violences meurtrières). La circulation y était très limitée et certains magasins étaient fermés. Cela était plutôt dû à la menace des partisans d'Alassane en grand nombre dans ces quartiers-là. Les quelques transporteurs qui ont essayé de transporter la population ont vu leurs véhicules endommagés par des jeunes très surexcités. A part ces deux quartiers pro-Ouattara, les 12 autres communes ont connu leurs animations des jours de travail.

A Yamoussoukro, la capitale politique de la Côte d'Ivoire, des partisans du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP), en application du mot d’ordre de "pays mort" lancé par le camp Ouattara, ont entrepris de perturber les cours dans des établissements scolaires de Yamoussoukro.

Leur manifestation a commencé par le lycée Mamie Adjoua om; à coups de sifflets et de cris, ils sont allés dans les classes pour déloger des élèves.

« Dans leur tentative de fuir les "assaillants", plusieurs élèves ont été blessées en sautant par les fenêtres dont elles brisaient les vitres », a expliqué Gbéhi Jean, une gardien de ce lycée de jeunes filles.

Après le lycée Mamie Adjoua, ces éléments se sont rendus dans les lycées privés Djédri et Héléis pour rééditer leur action, avant d’être stoppés par les forces de l’ordre dans leur tentative d’aller déloger les élèves du collège Notre Dame des Lacs.

Pour parer à toute éventualité, plusieurs parents d’élèves sont allés récupérer leurs enfants dans des écoles primaires notamment à N’Gokro et Zahair.

Lors de leur passage au lycée Mamie Adjoua, les manifestants y ont laissé des tracts attribués à la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (Fesci), invitant les élèves de Yamoussoukro à s’abstenir d’aller à l’école à cause de l’insécurité et autres risques, indique-t-on.

En dehors de ces faits, la vie socioéconomique reste normale à Yamoussoukro.

Même à Daloa, ville majoritairement acquise au RDR (parti politique d'Alassane), le mot d'ordre n'a pas été suivi. Toutes les activités économiques, notamment le commerce le transport, ainsi que l’administration et les établissements scolaires ont fonctionné normalement.

Selon un responsable du secteur des taxis communaux, Sylla Mamadou, les responsables des différents secteurs d’activité attendent un mot d’ordre précis avant d’entrer dans la danse, dans le cadre de l'opération "pays mort".

La ville de San-Pédro également, deuxième ville portuaire de la Côte d'Ivoire, est restée sourde, mardi, au nouvel appel à la désobéissance civile lancé par les responsables du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP).

 

Les fonctionnaires et agents de l’Etat, les travailleurs du privé, les commerçants, les transporteurs et les artisans ont pris d’assaut, dès le lever du jour, les lieux de travail pour vaquer à leurs occupations quotidiennes, a constaté l’AIP.

Une visite dans les points stratégiques de la commune de San Pedro, tels que le port autonome (PASP), le grand marché de Bardot, la gare routière, le Centre hospitalier régional (CHR) et le lycée moderne Inagohi, a permis au journaliste de l’AIP de constater que tout le monde était à l’ouvrage, vaquant tranquillement et librement à ses occupations.

Même les transporteurs sont restés sourds à l’appel à la désobéissance civile du RHDP pour faire partir le président Laurent Gbagbo, proclamé vainqueur par le Conseil constitutionnel, juge des élections en Côte d’Ivoire, du palais présidentiel, avec le soutien de la communauté internationale qui renforce ses sanctions contre certains partisans du camp présidentiel. 

A Daoukro, fief du l'ex-président Bédié (candidat malheureux) réfugié aussi à l'hotel du Golf, l'appel à la désobéissance civile a été partiellement suivie. En dépit de ce mot d’ordre du camp Alassane Ouattara, les services publics et parapublics ont ouvert et fonctionnent normalement, à l’exception du transport, du marché et du quartier commerce où de jeunes manifestants ont érigé des barricades, obligeant les commerçants à fermer boutique, de peur de représailles ou de pillages.

Au nord de la Côte d'ivoire resté sous contrôle de la rébellion, la vie a suivi son cours normal. Les écoles, par contre sont restées fermées.

En somme, on peut dire que cet appel à la désobéissance civile lancé une fois de plus par le camp Ouattara a reçu de manière générale un écho très peu favorable au niveau de la population.

Publié dans Actualités politiques

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