LE PDCI « TIRE » SUR LE RDR : « CETTE DECISION DU RDR EST TRIBALE. ELLE NE PASSERA PAS. » (Yaya DEMBELE)

Publié le par thruthway

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Qui l’eut crut ? C’est le Pdci qui traite aujourd’hui le Rdr de parti tribal. Et pourtant hier, lorsque le Fpi, du président Laurent Gagbo, tirait la sonnette d’alarme, c’est ce même Pdci qui soutenait le contraire au point de s’allier à ce parti politique d’Alassane Ouattara, composé à 90% de nordistes, pour porter un coup à la démocratie.

Face aux ambitions électoralistes, on assiste en ce moment à un divorce entre le Pdci de Henri Konan Bédié et le Rdr d’Alassane Ouattara.

L’article ci-dessous, tiré du quotidien « Le Nouvelle Réveil », officiellement organe de presse du Pdci-Rda, est la preuve incontestable de ce désamour qui est en train de naître entre ces deux partis politiques.

 

 

Le collectif des délégués, cadres et élus Pdci du nord, s’est réuni avant-hier après la décision du Rhdp de les priver de compétition aux législatives. Son président, M. Yaya Dembélé, a accepté de se prêter à nos questions. Interview sans faux fuyants.

 

M. Yaya Dembélé, vous êtes délégué Pdci et président du collectif des délégués et élus Pdci du grand Nord. Que vous inspirent les dernières décisions du Rhdp sur la désignation des candidats aux élections législatives du 11 décembre prochain ?

Merci beaucoup. Je dois avouer que nous ne comprenons pas cette décision. C’est une décision qui constitue, j’allais dire, un véritable poignard dans le dos des responsables du Pdci du grand nord et de nos militants. Nous avons été appelés par tous les militants et les militantes de grand nord, qui s’interroge sur cette décision qui exclut complètement le grand nord Pdci, du jeu politique, au niveau des élections législatives. Qu’est-ce que cela signifie ? Nous avons lutté pour cette démocratie. Nous nous sommes battus pour la consolidation de cette démocratie en Côte d’ivoire. Nous ne pouvons pas comprendre qu’un groupe de responsables du Rhdp, au plus haut niveau, prennent la décision d’exclure toute une région du processus électoral ivoirien. Chacun de nous et chaque ivoirien se souvient, que lorsque Yao-N’dré a voulu exclure tout le nord, la Côte d’ivoire s’est opposée ; la communauté internationale s’est opposée. Ce qui a constitué la base de la crise postélectorale en Côte d’ivoire. Aujourd’hui, c’est comme si nous n’avons pas tiré les leçons de cette crise postélectorale. Et que nous-mêmes,, qui nous sommes battus contre cette décision de Yao-N’dré, nous venions aujourd’hui exclure tout un pan de la politique de Côte d’ivoire, le Pdci, aux élections législatives. On ne peut pas accepter cela. D’abord, c’est contraire aux principes de la démocratie et de la valorisation de la démocratie. C’est comme si on donnait le Nord au Rdr, on donnait le centre avec les baoulés au Pdci-Rda. Naturellement si ça continue, on va donner l’Ouest au Fpi. Et chacun va se retourner dans un contexte de tribalisassions politico-ethnique dans notre pays.

 

Vous êtes un cadre du Rhdp, les termes que vous utilisez sont assez forts. Vous êtes vraiment en colère ?

Je suis remonté. Je suis déçu. Je ne comprends pas. J’ai commencé à militer au Mouvement des élèves et étudiants de Côte d’ivoire. J’étais président des étudiants de la faculté des sciences économiques en 1972. J’ai été vice-président du Mouvement des élèves de Côte d’ivoire au bureau national. J’ai côtoyé le président Houphouet-Boigny. Je dis que, ce que nous sommes en train de faire, est contraire aux fondements que nous avons connus au Pdci-Rda. Le Pdci est parti d’implantation nationale. Le Rdr doit se donner les moyens d’être un parti d’implantation nationale. Mais qu’aujourd’hui, on procède à une exclusion, ce n’est pas juste. En Côte d’ivoire la constitution interdit les partis politiques à caractère tribal ou religieux. Ce que nous faisons là, dans cinq ans ou dix ans, nous mettons les germes d’un conflit futur plus grave et ethnique dans notre pays. Et là, nous ne pouvons pas le cautionner. C’est pour ça que tous les élus du Pdci du Nord, tous les délégués Pdci du Nord, tous les militants Pdci du nord, s’insurgent contre cette décision. Une décision unilatérale, sectaire et tribale que nous ne pouvons accepter. Nous avons fait une rencontre chez notre vice-président, le président Ouassenan Koné. Nous avons rencontré tous les vice-présidents du Pdci-Rda. Nous avons rencontré le secrétaire général aujourd’hui (Ndlr : hier), pour dire notre non. Nous n’allons pas l’accepter parce que, ce n’est pas juste et c’est contraire à la démocratie, et à la constitution.

 

Monsieur le président, il me semble qu’au jour d’aujourd’hui, le vin a été tiré et qu’il est question de le boire. Vous n’acceptez pas, qu’est-ce que vous allez faire ? Puisque les dépôts de candidature au niveau de la Cei sont bouclés.

Aucun vin n’est tiré. Et aucun ne va être bu. C’est le vin de la démocratie que nous allons tous boire ensemble. Ce que je voudrais dire, aucun parti politique n’a le droit de nier à son militant le droit fondamental d’être candidat. C’est un droit inaliénable. Nous sommes inscrits dans le cadre du Pdci-Rda. Le Pdci-Rda, comme tout parti, c’est une association privée. Et le Pdci n’a pas le droit de retirer la candidature des cadres du nord. S’il retire cette candidature, nous ne pouvons l’accepter. Et je crois que la Cei ne peut pas accepter le retrait des candidatures du Pdci-Rda, parce que vous le savez. Mais un parti, ce n’est pas une conditionnalité d’acceptation, c’est facultatif. On n’est même pas obligé d’aller à un parti, pour être candidat à une élection. Alors donc, nous sommes candidats.

Alors vous êtes candidats. Comment les choses se sont-elles passées ? Avez-vous déposé vos dossiers entre les mains du parti, parce que vous faisiez confiance au Pdci ?

En fait, nous sommes du Pdci. Les partis politiques nous ont dit, nous déposons les candidatures. Nous avons crée, au niveau du Pdci, un comité électoral national, présidé par le Général Ouassenan qui, lui-même, n’est pas candidat si on applique le principe de cette décision lamentable et nous l’accepterons pas. Donc ce groupe de travail a travaillé pendant des mois. On a interviewé tous les candidats. J’ai été moi-même membre d’une commission, avec le président Amon Tanoh. Nous avons fait un travail remarquable pour dégager les candidatures. Mais une fois que les candidatures sont dégagés, il y a une plate de concertation au nivea du Rhdp. Mais comment pouvez-vous expliquer que depuis trois ou quatre mois, ce Rhdp ne se prononce pas sur les candidatures et que le 31 Octobre, on vienne nous dire alors que nous avons déjà déposé les candidatures, que non, vous n’êtes pas candidat. Au nom de quoi et de qui, on peut empêcher un ivoirien d’exercer son droit fondamental ? Nous disons et nous répétons que nous considérons cela comme un piège politique, contre Alassane Ouattara, et contre le Président Bédié. Un piège politique, dont vont profiter tous nos adversaires politiques des autres camps. Parce qu’en définitive…

 

Qui vous a donc tendu ce piège ?

Je voudrais chercher à comprendre, qui nous a tendu ce piège. Parce qu’en fait, si on applique la décision, c’est nous-mêmes qui détruisons la démocratie. C’est nous-mêmes qui allons contre la Constitution. (…), vous pensez qu’il est normal qu’aujourd’hui le Rhdp exclut des gens, au nom de quoi ? Nous disons qu’il est important que le président Bédié et le président Ouattara s’asseyent pour éviter très rapidement ce piège politique. Parce que nous sommes observés par la communauté internationale et africaine. Nous avons trop souffert et les hommes et les hommes ont trop souffert avec nous dans la crise postélectorale, pour que nos responsables premiers, à qui nous vouons un respect, puissent aujourd’hui pratiquer une gestion du pouvoir qui n’est pas conforme à la réalité et aux aspirations de démocratie de notre peuple. Nous ne pouvons l’accepter.

 

Qu’est-ce-qui va se passer par la suite ?

Nous allons le plus rapidement possible inviter tous les candidats Pdci et autres s’ils le veulent, à une grande réunion à la Maison de notre parti. Nous allons porter à leur appréciation cette décision que nous n’acceptons pas. Nous disons qu’à partir du moment où ce sont des gens qui partagent les idéaux de l’houphouetisme, d’une implantation des partis sur l’ensemble du territoire, ce sont des gens qui partagent une vision d’unité de la Côte d’ivoire. Même s’il faut qu’on aille pas aux élections, si le Rhdp ne revient pas sur sa décision, nous allons le faire. Parce que nous ne pouvons pas nous inscrire dans cette forme d’actions, qu’on considérera demain comme une mascarade électorale. Encore une fois, nous ne pouvons pas l’accepter.

Alors déjà, la participation du Fpi est incertaine à cette élection. Si au niveau du Rhdp, vous vous marchez sur les pieds, on s’imagine ce que sera le rendez-vous du 11 décembre.

Nous souhaitons que ce rendez-vous du 11 décembre soit un couronnement de la démocratie ; (…). Moi, je voudrais demander, en toute humilité et respect, aux présidents Bédié et Ouattara, qu’ils fassent en sorte que nous soyons à l’abri d’une dictature des partis politiques sur les citoyens.

 

Dans votre entendement, comment devrait se faire cette harmonisation au sein du Rhdp, pour le choix des candidats ?

A l’intérieur du Pdci, nous avons procédé à de nombreuses concertations. Je vous disais tantôt que nous avons crée un comité de travail qui a travaillé à cela. Du côté du Rdr, nous pensons que c’est la même chose qui a été faite ? Mais qu’est-ce-qui devait se passer ? Moi, je n’assiste pas aux directoires. (…). Ce que je dis, c’est que dans le processus de gestion du Rhdp, nous devons nous respecter les uns les autres. Et je pense que le respect, c’est d’abord la considération de la base, le respect, c’est la considération des militants, le respect, c’est la considération de tous ces délégués, qu’ils soient Pdci ou Rdr, et qui aspirent à la consolidation du parti et qui  veulent apporter quelque chose au parti. Mais on n’a pas consulté la base. Une décision de cette nature ne peut pas être prise sans un bureau politique. La décision d’exclure une région, la décision de faire du V baoulé, une zone exclusivement Pdci. Pourquoi ? Je trouve cela inadmissible. (…), nous allons demander au Rhdp de revenir sur sa décision. S’il ne fait pas, nous allons aviser. Dans ces onditions-là, je crois que nous n’accepterons pas. Il n’y aura pas d’élections dans ces conditions calamiteuses. Nous sortons d’une période calamiteuse, on ne va pas encore entrer dans une période où des hommes et des femmes auront trop de choses à nous reprocher.

 

Interview réalisée Par Akwaba saint-Clair du journal du Pdci-Rda « Le Nouveau Réveil » du 03/11/2011.

Publié dans Actualités politiques

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