Lutte contre le rattrapage : Les travailleurs de la mine d’or de Tongon se soulèvent.

Publié le par thruthway

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La mine d’or de Tongon est en ébullition depuis hier jeudi 29 mars 2012. Les travailleurs de cette mine, qui demandent de meilleures conditions salariales, de vie et de travail, sont en grève. Ils disent avoir été trop longtemps l’objet d’un mépris inacceptable de la direction de la mine et des représentants des rebelles pro-ouattara qui contrôlent la zone. Et, déplorent le fait que, pour «réprimer un mouvement de colère pacifique, les autorités ont dépêché sur les lieux des patrouilles de Frci (Forces pro-ouattara) armées jusqu’aux dents». Les travailleurs que nous avons joints hier sur les lieux se sont élevés contre «le gaspillage, le pillage des ressources minières» de la mine par des privilégiés qui en jouissent abusivement, «alors que la plupart des travailleurs qui produisent toute cette richesse ne perçoivent pas plus de 60.000 le mois, contrairement à ce que l’on fait croire».

 

Qui plus est, les ouvriers mécontents de la mine d’or de Tongon ne supportent plus la politique de «rattrapage» menée par des gens qui se ventent d’être proches du pouvoir et qui privilégient certains groupes, au dépriment d’autres. Au nez et à la barbe, disent-ils, des autorités administratives impuissantes face aux rebelles. Hier, la situation a failli dégénérer hier, dès 8h à la mine de Tongon. Où les travailleurs en colère disent être l’objet de menaces de mort. «On a menacé de tuer ceux qui revendiquent», explique choqué, un des agents (qui nous a du reste fait parvenir la vidéo de la manifestation).

 

Le secrétaire général de la Fédération des mines, Koffi Assiené (Ugtci) qui était sur les lieux de la manifestation hier, et que nous avons joint au téléphone, a confirmé la grève. Tout en appelant les travailleurs de la mine à garder le calme et la sérénité, il a fait savoir qu’ils ne se «laisseront par faire». Et que le syndicat des mines «se battra jusqu’au bout pour faire prendre en compte les revendications de travailleurs de la mine de Tongon». Koffi Assiené a aussi dénoncé la « politisation de la situation des travailleurs » affamés et frustrés de Tongon. Notons que, située au nord de la Côte d’ivoire, dans le département de Korhogo, circonscription de M’begué, et considérée comme la plus grande mine d’or de l’Afrique de l’ouest avec une production de 9 tonnes par an, la mine de Tongon occupe 70% de la production nationale ivoirienne.

 

Selon Koffi Assiené, la mine d’or de Tongon emploie environ 1500 personnes, y compris les entreprises sous-traitantes (TomI-Oks-sgs-Fraiser ALexender et Exploration). Affilié au syntraco (syndicat des travailleurs de Côte d’Ivoire), les travailleurs de la mine d’or Tongon ont déposé un préavis de Greve et un cahier de réclamation pour l’amélioration des conditions de travail depuis le mois de février 2011. A savoir: la régularisation des contrats de travail en Cdi pour la plus par des travailleurs qui sont en Cdd avec plus de un an de travail et la régularisation de la grille salariale. «Nous sommes en mine et on nous applique le barème des bâtiments (A5 salaire de base 71000 Fcfa avec un niveau de BTS). Or le Pdg de la société mère Randgold, dans une interview la Rti, a révélé, à notre grande surprise, que le plus petit manoeuvre à Tongon a au moins 400 000 Fcfa.

 

Nous, nous ne touchons que 60.000 Fcfa au mieux. Où passe donc le reste des 400.000 Fcfa qui nous sont dus ?». S’interrogent les travailleurs en grève qui réclament aussi des primes de salissure, d’entretien, de risque, de paniers, de logement, d’éloignements de transports, de production et rendement. Ainsi que du temps de repos. «Les discussions ont commencé depuis juillet 2011 avec le syndicat des travailleurs en présence du sous-préfet de M’begue, du préfet de Korhogo et de l’inspecteur de travail de Korhogo. La direction de la mine d’or de Tongon représentée par le Drh, M Ouattara, avait donné des assurances. Mais, malgré les accords trouvés, les préoccupations travailleurs ne sont pas satisfaites», s’indignent les mécontents qui, avec à leur tête le secrétaire général de la Fédération des mines, Koffi Assiené, interpellent l’Etat de Côte d’Ivoire sur les conditions inhumaines de travail et les salaires de misère à la mine d’or de Tongon.

 

K. Kouassi Maurice

Publié dans Economie

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