Mail : Au nord Les rebelles dynamitent les banques et au sud la Cédéao menacent d'intervenir militairement

Publié le par thruthway

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Une banque a été dynamitée lundi à Gao (nord-est du Mali), où les vivres commencent à manquer 48 heures après la prise de la ville samedi par des rebelles touareg et d’autres groupes armés qui a fait au moins neuf morts parmi les soldats maliens, a appris l’AFP auprès de témoins.

 

«Aujourd’hui (lundi), une banque a été dynamitée par des hommes armés à Gao, alors que neuf militaires ont été tués samedi quand différents groupes ont pris le contrôle de la ville », a affirmé Abou Cissé, député de Gao.

 

« La fumée sortait toujours de la banque » en fin de journée, a-t-il ajouté, en précisant qu’il ne savait pas si ceux qui ont fait sauter l’établissement «sont arrivés à prendre de l’argent ».

 

Le directeur de la société de gardiennage qui surveillait la banque a de son côté déclaré que ses agents «ont quitté précipitamment la devanture de la banque, parce que des hommes armés (…) sont venus jeter de la dynamite sur la banque » pour « prendre de l’argent ».

 

« J’ai aussi appris que neuf militaires maliens ont été tués par les rebelles et les islamistes » samedi, a-t-il ajouté, sous couvert de l’anonymat.

 

Il a estimé que, « bientôt, les vivres vont manquer à Gao. On ne peut plus sortir de la ville. On ne peut plus entrer. Ce qui se passe est très grave. Les boutiques ont été pillées. Il n’y a presque plus d’essence. Tout commence par manquer ».

 

«Avec les islamistes, les gens d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), les rebelles, on ne sait quoi faire. Qu’allons nous devenir? », s’est interrogé de son côté Moustapha Diko, conseiller municipal de la ville.

 

Plusieurs groupes armés, dont les rebelles touareg du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) et le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), considéré comme une dissidence d’Aqmi, ont participé à la prise de Gao, selon plusieurs témoins.

 

Le MNLA et des groupes islamistes armés ont pris coup sur coup depuis vendredi les trois capitales régionales du nord du Mali, Kidal (nord-est), Gao et Tombouctou (nord-ouest), sans rencontrer de résistance de l’armée malienne, sous-équipée.

 

Avec ces trois régions administratives, la rébellion et les islamistes se partagent tout le nord du pays, soit environ la moitié de son territoire.

 

Leur offensive s’est accélérée depuis le coup d’Etat militaire qui, le 22 mars, a renversé à Bamako le président Amadou Toumani Touré.

 

À Dakar, les chefs d'État de la Cédéao menacent d'intervenir militairement au Mali


Les chefs d'Etat de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) réunis lundi à Dakar ont menacé  d'intervenir militairement au Mali en pleine tourmente et annoncé un "embargo total" à l'encontre de la junte qui a pris le pouvoir à Bamako.

La Cédéao a décidé "de la mise en place immédiate" de sa force militaire "d'attente", a annoncé lundi à Dakar à l'issue du sommet le chef de l'Etat ivoirien Alassane Ouattara, président en exercice de l'organisation.

 
"Nous avons décidé de la mise en place immédiate de la force d'attente de la Cédéao, en demandant au comité des chefs d'état-major de se réunir dès cette semaine à Abidjan pour voir les modalités d'activation de cette force", a déclaré M. Ouattara.
              
L'organisation a également décidé d'un "embargo total" contre la junte au pouvoir à Bamako à l'expiration d'un ultimatum.

 

AFP

Publié dans International

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