Mali : qui ne peut le moins, ne peut le plus

Publié le par thruthway

http://www.slateafrique.com/sites/default/files/afp/photo_1337791306401-2-0.jpg

 

 

Il ne faut pas être à la place de Dramane Ouattara actuellement. Pour un politicien qui s’était présenté comme un messie dans la sous-région ouest africaine, ses déboires ne relèvent plus des aléas. En Côte d’Ivoire, les choses ne se sont pas améliorées depuis qu’il a pris le pouvoir. Au contraire. Même les fallacieux arguments selon lesquels, il est celui qui réveille, en moins d’un an, un pays mort, ne tiennent pas. Parce que pour le commun des mortels, c’est absurde de tuer parce qu’on se croit doter du pouvoir de ressusciter. Mais on comprend aussi pourquoi la situation sociopolitique devient pire en Côte d’Ivoire. Le pays est délaissé. Il est approximativement gouverné. Et ce sont des aficionados de la cause de Dramane qu’on tient cette image d’un chef d’état qui n’a véritablement pas les pieds sur terre et qui survole les dossiers.

 

Le petit peuple se dit certainement que la Côte d’ivoire était devenue trop petite comme territoire pour un chef qui est entre deux avions, qui a arraché la présidence de la CEDEAO et qui s’apprête à remettre son « gars » à la tête de la commission africaine. J’ai entendu l’un d’entre eux dire : « le bravetchè n’a plus affaire à vous, il est devenu le président de l’Afrique » Ils ne savent pas qu’il ne suffit de se hisser à la tête des institutions, encore faut-il avoir la baraka pour résoudre les problèmes qu’elles présentent.

 

La résolution de la crise suite au coup d’Etat du capitaine Sanogo au Mali est le véritable baptême de feu qui devrait nous donner toute la palette du charisme politique dont Dramane Ouattara se prévaut. Il a échoué sur ce qu’il ya de moins complexe dans cette crise malienne. Malgré toutes ses incantations, il n’a pas réussi à civiliser le pouvoir central de Bamako. Le putschiste Sanogo qu’il ne voulait pas voir, l’a tourné en bourrique. Aujourd’hui on se demande si on peut parler au « président » de l’Afrique de Ansar Dine et de MNLA (Mouvement National de Libération de l’Azawad).

 

Ces mouvements rebelles qui avaient arrêté leur course en occupant les villes maliennes de Tombouctou, Gao et Kidal regardent avec amusement les acrobaties diplomatiques du sud du Mali et se préparent avec l’aide des terroristes de l’Aqmi à descendre sur le sud pour faire de la surenchère au moment venu. Plus Ouattara joue au jeu de la chaise musicale avec la junte et le pouvoir civil à Bamako, plus la partition du Mali se confirme.



Joseph Marat 

Publié dans Actualités politiques

Commenter cet article