Ministère de la jeunesse : Alain Lobognon dans un scandale financier : Un détournement de près d’un milliard… La preuve :

Publié le par thruthway

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                     Le ministre Alain Lobognon

 

 

Par arrêté pris le 6 octobre 2011, le ministre de la Promotion de la Jeunesse et du Service Civique (Alain Lobognon) du gouvernement Ouattara a démis le Coordonnateur National du Programme Civique National (PSCN), Georges Adou Bogolo de ses fonctions. Ce dernier, fonctionnaire, expert en éducation civique et citoyenne, anciennement Inspecteur général de la Jeunesse et de l’Education au Ministère de la Jeunesse, du sport et des loisirs (sous Dagobert Banzio), avait été nommé par arrêté de l’ex-premier ministre Soro Guillaume (en même temps que Jean Paul Malan), après un appel à candidatures qui avait vu la participation de 600 personnes. En lieu et place de Georges Adou Bogolo, viré de son bureau après une descente des Frci, a été nommé par arrêté du ministre Alain Lobognon, Guy Hervé Pillah (voir image ci-dessous), un proche parent du ministre, non fonctionnaire et sans appel à candidatures.


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« Une décision souveraine », avait dit le directeur de cabinet du ministre, Moumouni Sylla. Depuis, le PSCN (Programme du Service Civique et National) est à la croisée des chemins. Sur 5000 jeunes (ex-combattants et jeunes à risques) qui devaient être formés et réinsérés sur la base du budget mis à la disposition du Programme pour l’année 2011, aucun jeune n’a été réinséré. Les créances des premiers fournisseurs vis à vis du Programme sont pour la plupart en souffrance, des gens recrutés et n’ayant pas la compétence nécessaire sont payés à des millions, le parc auto du Programme, riche de près de 22 véhicules n’en compte plus qu’une petite douzaine et pire, tous les partenaires au développement qui s’étaient associés au Programme (l’Union Européenne, la Banque Mondiale/PAPC, le PNUD, etc.), se sont retirés.

 

Petite incursion au cœur d’une structure créée pour réinsérer certains ex-combattants, et qui sert à tout à présent, sauf à accomplir la mission pour laquelle, l’argent du pauvre contribuable ivoirien, est mis à sa disposition. Les raisons du braquage du PSCN «Bogolo, nous, on est allé le vider et ce débat est clos. Tant que nous sommes là, il ne pourra jamais diriger ce Programme». Ces propos sont ceux du directeur de cabinet du ministre Alain Lobognon, Moumouni Silla (voir «L’Eléphant Déchaîné» du mardi 27 mars 2012).

 

En effet, nous l’avons découvert pendant nos investigations (et si les responsables actuels avaient voulu répondre à nos interrogations, ils se seraient certainement expliqué là-dessus), Georges Adou Bogolo, que voici:


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l’ancien Coordonnateur National recruté après appel à candidatures par l’ex-Premier Ministre Soro Guillaume, bénéficiant de la confiance de celui-ci, « avait mené la vie dure au ministre Alain Lobognon et à son directeur de cabinet Moumouni Sylla», selon les termes d’un de ses anciens collaborateurs. Le ministre et son directeur de Cabinet, selon nos sources au PSCN, à la Primature et même à l’Inspection Générale de l’Etat (où des rapports sur ce scandale ont été déposés), « voulaient transformer le PSCN en caisse noire du Ministère de la Promotion de la Jeunesse et du Service Civique». En quatre mois (juin-septembre 2011), c’est une facture totale de 285 millions de FCFA que ce ministère a déposée auprès de l’ancien Coordonnateur du PSCN, pour règlement. Ce que ce dernier, a refusé de faire. C’est ce qui a causé « sa perte ».

 

Le 21 octobre 2011 en effet, alors qu’il était absent, des éléments des FRCI, envoyés par le ministre Alain Lobognon, ont débarqué au PSCN et ont installé de force, Guy Hervé Pillah, après avoir défoncé les portes de son bureau. Depuis, l’ancien Coordonnateur n’a plus remis les pieds au PSCN et ses indemnités ont été bloquées par le ministre.

 

Pluie de factures et de demandes diverses

 

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Le 18 juin 2011, alors même que le décret portant attributions des membres du gouvernement Ouattara n’était pas encore signé, le ministre Alain Lobognon a déposé auprès du PSCN, une facture de vingt et un millions neuf cent douze mille sept cents (21.912.700) FCFA (voir document ci-dessus), pour règlement, au titre de travaux divers effectués au bénéfice du ministère de la Promotion de la Jeunesse. Facture rejetée par l’ancien Coordonnateur. Motif ? « Le budget du ministère n’a rien à voir avec celui du PSCN ».

 

Le 7 juillet 2011, le directeur de cabinet du ministère, Moumouni Sylla, a déposé auprès de l’ancien Coordonnateur, une facture Proforma (voir document et photo ci-dessous) pour une voiture d’une valeur de trente millions deux cent quarante-trois mille huit cents (30.243.800) FCFA. La voiture de luxe devait être achetée avec de l’argent prélevé sur le budget du PSCN devant servir à insérer les jeunes formés. Pour le compte du ministre Alain Lobognon. Mais, l’ancien Coordonnateur a encore refusé de s’exécuter, arguant que le budget du PSCN doit servir uniquement à former et à réinsérer les jeunes et non à offrir des voitures de luxe à des ministres.

 

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Le 18 juillet 2011, c’est au tour du directeur de cabinet de déposer la facture Proforma (voir document et photo ci-dessous) d’une voiture de luxe sur laquelle il avait porté son choix. Une voiture de luxe d’une valeur de vingt-huit millions cent quatre-vingt-onze mille huit cents (28.191.800) FCFA. L’ancien Coordonnateur rejettera encore cette autre facture. Ce qui va lui attirer le courroux du directeur de Cabinet. Mais l’ancien Coordonnateur ne se laissera pas intimider.

 

 

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Le 2 septembre 2011, c’est une facture de trois millions neuf cent mille (3.900.000) FCFA pour la location de voiture ayant servi pour le compte d’une mission du ministère, qui sera déposée au PSCN. Encore rejetée. Dans le même mois de septembre, le ministère organisera une « Caravane d’information et de sensibilisation des jeunes sur l’emploi», une activité régulière de ce ministère et qui avait fait l’objet d’une communication en Conseil des ministres et dont le financement, à prendre sur le budget du ministère, avait été approuvé par le gouvernement Ouattara. Curieusement, après cette caravane, c’est une facture de cent deux millions (102.000.000) FCFA (voir document ci-dessous) qui sera adressée à l’ancien Coordonnateur du PSCN. Encore rejetée!

 


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Dans un courrier daté du 16 novembre 2011 et adressé à l’ex-Premier Ministre du gouvernement Ouattara, l’ancien Coordonnateur a expliqué les raisons de l’acharnement du ministre et de son directeur de Cabinet sur sa personne : «(...) Mes refus mus par des principes civiques et citoyens, de transformer le PSCN en caisse noire, source de détournements, de scandales, de concussions, bref, de mal gouvernance : refus de verser, à la demande du ministre, 3.000.000 (trois millions) de francs CFA par semaine; refus de prendre en compte des factures d’origines diverses à hauteur de 285.000.000 dans le budget du PSCN; refus de recruter des personnes (liste de 20), sans qualification et sans niveau (en majorité des parents et amis) au PSCN avec des salaires exorbitants ; refus de prendre en compte les salaires ou indemnités hors normes de certains collaborateurs, membres du Cabinet (en majorité des non fonctionnaires) ; refus de mettre à la disposition, pour les weekends, des véhicules, du carburant et des agents de sécurité, notamment les gendarmes commis à la sécurité du PSCN…»

 

Quelle a été la réaction de l’ex-Premier Ministre Soro Guillaume quand il a reçu ce courrier ?

 

Réponse de notre source : «Le Premier ministre a été très gêné par cette affaire mais il était aussi très pris par l’organisation des élections législatives et les dérapages des éléments incontrôlés des Frci. Sinon, il avait voulu intervenir et puis finalement, il a pensé que son successeur qui ne doit rien à Alain Lobognon, allait régler ce problème. C’est pour cela que toutes les correspondances liées à ce scandale sont encore disponibles à la Primature alors que Soro n’y est plus. Le nouveau Premier Ministre va certainement demander que le PSCN soit audité surtout que l’information selon laquelle aucun jeune n’a été inséré depuis 10 mois alors que plusieurs centaines de millions ont été dépensés est désormais sue de tous ».

 

Le 21 octobre, en raison de son refus « à transformer le PSNC en caisse noire », l’ancien Coordonnateur a donc été « vidé » par une intervention musclée des Frci. Et le ministre a nommé une nouvelle équipe. A la date du 21 octobre 2011 selon nos sources, le PSCN disposait encore, pour l’insertion des 2181 jeunes formés et pour les salaires et autres missions (octobre-décembre), d’un budget de plus de 500 millions FCFA.

 

SILENCE RADIO AU  PSCN

 

Le lundi 26 mars 2012, pour recouper les informations glanées ci et là sur la descente aux enfers du Programme du Service Civique National, nous nous sommes rendus dans les locaux de cette structure sis à Angré, non loin de la petite paroisse saint Ambroise. Objectif ? Rencontrer les premiers responsables et échanger avec eux sur les informations en notre possession. De 10 heures à 12 heures, nous avons attendu, sans pouvoir rencontrer ni le Coordonnateur National ni son adjoint, ni la directrice de la communication. A leur secrétaire, nous avons laissé nos contacts et expliqué les raisons de notre démarche. Mais jusqu’à 16 heures, aucune de leurs nouvelles n’a été donnée... Alors, le même jour, nous avons adressé un courrier au Coordonnateur National avec ampliation à la directrice de la communication. Dans ce courrier qui a été reçu et déchargé en bonne et due forme, nous avons écrit : «Par quel mécanisme avez-vous été recruté pour diriger cette structure ? Contrat ou arrêté?

 

Pourquoi, selon nos informations, les centres de formation ouverts à travers le pays, tourneraient au ralenti ? Pourquoi, malgré toutes les conventions que le PSCN a signées avec d’autres structures, il n’y aurait eu aucune réinsertion de jeunes depuis 9 mois ? Pourquoi selon nos sources, le PSCN éprouverait beaucoup de difficultés à payer l’intégralité des salaires de ses agents depuis le mois de décembre 2011?

 

Des partenaires du PSCN tels que l’UE, le GTZ, le PNUD, etc. se seraient retirés. Est-ce vrai ?» Mais jusqu’à hier lundi 2 avril 2012 au moment où nous mettions sous presse, aucune réaction n’est venue du côté des responsables du PSCN. Selon une source jointe, hier, les responsables du Programme "se disent sereins et qu’ilsn’ont aucune explication à donner..."

 

Des propos bourrés de contre-vérités

 

Lors de nos investigations, tant sur internet qu’à la Primature et auprès de sources proches du PSCN, nous sommes opportunément tombés sur une émission télé diffusée le 12 février 2012 sur la 1ère chaîne de la grande RTI (Télévision de propagande du régime Ouattara). Et cette émission dont le nom est « Le Magazine du dimanche », avait pour invité, Guy Hervé Pillah, le Coordonnateur National du PSCN, nommé par Alain Lobognon, en remplacement de Georges Adou Bogolo. Suivons ensemble, quelques explications du Coordonnateur National (Voir la vidéo ci-dessous) :


 

 


 

 

 

A la question de la journaliste de savoir combien de jeunes le PSCN a formé, voici sa réponse :

 

«Sur la période 2008-2010, nous avons formé, nous avons enregistré 10459 jeunes et de ces jeunes-là, 9447 exactement ont pris part à la formation. 7000 ont terminé la formation et 4000 sont actuellement en activité». Bravo ! C’est du bon boulot ! 4000 jeunes formés et réinsérés, c’est une belle performance. Sauf que Guy Hervé Pillah a oublié de préciser (on se demande bien pourquoi) que de 2008 à juillet 2011, personne au PSCN, n’avait jamais entendu parler de lui. Il n’a été introduit dans cette structure que le 18 juillet 2011 par arrêté N°104/MPJSC/CAB du 18 juillet 2011, pris par Alain Lobognon, qui venait d’être fraîchement nommé ministre de la Promotion de la Jeunesse et du ServiceCivique, un mois plus tôt. Avant d’être nommé Coordonnateur National, deux mois plus tard.

 

De 2008 à fin 2010et début 2011, le premier responsable du PSCN était Jean Paul Malan, secondé par Georges Adou Bogolo. Lequel deviendra, après la crise post-électorale, le premier responsable en remplacement de Jean Paul Malan jusqu’au début du mois d’octobre 2011. Il est donc surprenantque Guy Hervé Pillah ose affirmer qu’il a formé et réinséré 4000 jeunes entre 2008 et 2010. « Sur la période 2008-2010, nous avons formé… » A-til dit. Prendre le résultat des autres et le présenter comme le sien, ce n’est pas très professionnel… Dire que « Sur la période 2008-2010, mes prédécesseurs ont formé et réinséré 4000 jeunes… » n’aurait-il pas été plus honnête puisqu’au moment où il répondait à la question (12 février 2012), cela faisait seulement 5 mois qu’il était à la tête de la structure ?

 

 Mais laissons le Coordonnateur National poursuivre : « A la faveur de la guerre, nous n’avons commencé les activités qu’à partir de septembre 2011 (ce qui signifie qu’il était le responsable du PSCN avant la crise post-électorale, Ndlr). Et donc, pour la période septembre-décembre 2011, nous avons formé 2181 jeunes qui sont en ce moment (12 février 2012, Ndlr), en formation technique et professionnelle, c’est-à-dire formation pratique dans nos centres. Nous avons pour instructions de la tutelle, de ne pas laisser ces jeunes, tant qu’ils ne seront pas insérés». Bien dit ! Sauf que là également, le Coordonnateur a mené les téléspectateursen bateau. Sur la base du budget mis à la disposition du PSCN pour le reste de l’année 2011, environ sept cent cinquante millions (750.000.000) de FCFA, à la prise de service de Guy Hervé Pillah, il restait, selon une source contactée auprès des services financiers du PSCN, environ cinq cent millions (500.000 000) de FCFA, dans les caisses. Et cet argent devait être utilisé pour le dernier trimestre 2011(octobre-décembre) pour achever la formation technique de ces 2181 jeunes et les insérer.

 

Or, au moment où le Coordonnateur National s’exprimait à la télé (grâce à un coup de pouce d’Isabelle Anoh, directrice de la communication du PSCN), il ne se trouvait plus aucun jeune dans les centres de formation (tous fonctionnaient au ralenti faute de moyens financiers) et aucun de ces jeunes n’avait encore été inséré. Et c’est encore le cas jusqu’au jour d’aujourd’hui. Pourtant, les 500 millions ont été entièrement utilisés entre octobre et décembre. A quoi cet argent a servi ? Puisque les travailleurs du PSCN, faute d’argent, n’ont perçu la moitié de leur salaire de décembre qu’après la fête de noël.

 

Mais continuons encore avec les explications du Coordonnateur.

 

Question de la journaliste : « Combien de centres de formations possédez-vous sur l’ensemble du territoire national ? ».

 

Réponse : «Nous avons 24 centres sur l’ensemble du territoire». Faux ! Il n’existe que 12 centres de formation sur l’ensemble du territoire et ces 12 centres plus deux «chantiers-école», ont tous été ouverts par l’ancien Coordonnateur, Georges Adou Bogolo. Il s’agit des centres de : Man, Boundiali, N’Ganon, Odienné, Bouaké, Gotongouiné, Daloa, Guiglo, Bondoukou, M’Bahiakro, Sassandra et Fresco (Celui de Fresco, qui est un vieux bâtiment qui devait être réhabilité, n’aurait jamais été après le départ de l’ancien Coordonnateur). D’ailleurs, sur le site officiel du PSCN, quand on clique sur la rubrique « Centres», sur la carte de la Côte d’Ivoire qui s’affiche, il n’y a que 12 centres. Où est-ilallé chercher ce chiffre 24 ?

 

Enfin le Coordonnateur affirme : «Dans notre plan d’action 2012, nous avons prévu de former et d’insérer 10 mille jeunes. Pour la période des 4 mois de 2011, les 2181 dont nous avons parlé, sont encore en formation technique. Nous dépendons du budget de l’Etat de Côte d’Ivoire. Mais à côté de cela, nous avons des partenaires, je veux citer l’Union Européenne, le PNUD, la Banque Mondiale…avec qui nous sommes en ce moment en négociation. C’est un programme qui intéresse les bailleurs et qui sont prêts à nous accompagner…»

 

Encore faux ! Au moment où il parlait, aucun jeune n’était encore en formation dans aucun centre, faute de moyens financiers. « L’Eléphant » a approché tous ses bailleurs de fonds et a découvert qu’aucun n’est en négociationavec le PSCN, version Guy Hervé Pillah. Bien au contraire, ils se sont tous retirés du Programme « pour manque de visibilité dans la gestion du PSCN par les nouveaux responsables ».

 

Des salaires ahurissants, un effectif pléthorique et inopérant

 

De sa création en 2008 jusqu’à la fin du mois de septembre 2011, le PSNC employait, (selon une source à la Primature sous la tutelle de laquelle elle a toujours fonctionné avant l’arrivée d’Alain Lobognon) environ 80 personnes y compris le personnel des centres pour une masse salariale d’environ 50 millions de FCFA par mois. Selon l’arrêté de l’ex-Premier ministre portant Fonctionnement et Organisation du PSCN, la Coordination comprend six personnes : Le Coordonnateur National et son adjoint et les quatre chefs de cellule.

 

Depuis octobre 2011, la Coordination compte une quinzaine de personnes qui perçoivent toutes un salaire mensuel au-delà du million de FCFA. Et d’octobre 2011 à aujourd’hui, l’effectif a presque doublé et la masse salariale est passée de 50 millions à environ 100 millions de FCFA. Conséquence, depuis le mois de décembre, les salaires sont versés à compte-gouttes, 75% à la fin de chaque mois et les 25% restant à la fin du mois suivant plus les 75% dudit mois. Le Coordonnateur National, son adjoint, les chefs de division, les chefs de Cellule, sont tous payés sur la base de la Décision N°0271 du 12 octobre 2010 portant nomenclature des indemnités au sein du Programme de Service Civique National, prise par le Directeur de Cabinet de l’ex-Premier ministre Soro Guillaume, l’Ambassadeur Largaton Gilbert Ouattara.  Alors qu’ils n’ont pas été recrutés par appel à candidatures comme les premiers res-ponsables et que pour la plupart, ils n’ont aucune formation en matière de Service Civique.

 

Ainsi, sur la base de cette Décision, le Coordonnateur National actuel, qui, selon notre source est un Ingénieur Agronome, non fonctionnaire et qui serait au chômage au moment de sa cooptation par le ministre de la Promotion de la Jeunesse, perçoit un salaire de 5 millions FCFA par mois. Son adjoint, un éducateur spécialisé de Grade A3, perçoit un salaire de 3 millions FCFA par mois. Le chef de division Formation Civique et Citoyenne (Blé Mariam, titulaire d’un BTS et n’ayant aucune formation en formation civique et citoyenne) anciennement attaché administratif de grade A3, perçoit un salaire de 2 millions FCFA par mois. Sur les trois Chefs de Cellule, deux avaient fait valoir leurs droits à la retraite avec le grade A3. Mais ils ont été récupérés et nommés au PSCN avec un salaire de 1,5 million par mois. L’un, Zagbavi Félicien, est l’oncle du ministre de la Promotion de la Jeunesse. Il était directeur d’école primaire et était à la retraite depuis près de 10 ans. Le chef du service comptabilité, un certain Cissé, nommé par arrêté du ministre, est payé à 1,2 million FCFA. On dit merci, qui ?

 

Ces salaires ahurissants, devant les difficultés de trésorerie du PSCN, auraient été, selon nos informations glanées auprès du PSCN, quelque peu retouchés depuis la fin du mois de février 2012. Chose cependant plus grave, plusieurs personnes n’ayant absolument rien à voir avec le PSCN, sont cependant rémunérées chaque mois, par le PSCN. C’est le cas du chauffeur du ministre de la Promotion de la Jeunesse et du Service Civique (Diaby Zoumana) qui perçoit un salaire de 300 mille FCFA versés par le PSCN plus celui que lui verse l’Etat de Côte d’Ivoire pour sa qualité de chauffeur du ministre. C’est aussi le cas du chauffeur du directeur de cabinet du ministre, Amani Kouakou, qui perçoit un salaire de 200 mille FCFA versés par le PSNC plus un autre salaire. C’est également le cas d’un coursier, Gouba Mathieu, qui perçoit 150 mille FCFA alors qu’il n’existe pas de coursier au PSCN. C’est également le cas d’un agent de sécurité payé à 100 mille francs et que personne cependant n’a jamais vu en service au PSCN. Il y a plusieurs autres cas de ce genre. Ah, l’argent du PSCN est parfaitement géré au détriment de la mission primaire de ce Programme.

 

Des travailleurs sans Contrat et des Contrats frauduleux

 

Selon des travailleurs du PSCN qui ont approché « L’Eléphant », « la plupart des personnes recrutées au PSCN entre octobre et décembre 2011 n’ont aucun contrat. Les contrats que le Coordonnateur a rédigés pour ces nouvelles recrues, y compris pour lui-même, ont été rejetés par le directeur du contrôle financier qui lui a demandé d’apporter le décret du président Ouattara qui a placé le PSCN sous la tutelle du ministre de la Promotion de la Jeunesse et du Service Civique. Il est allé présenter le décret de juin 2011 portant attribution des membres du gouvernement mais le directeur du contrôle financier a dit qu’il ne s’agissait pas de cela. Il était donc coincé. Mais quelques semaines plus tard, le directeur du contrôle financier a pris sa retraite. Alors, le Coordonnateur a utilisé les anciens contrats préparés par l’ancien Coordonnateur Mr Malan et qui portaient déjà le visa du contrôleur financier. Ces contrats étaient frappés par l’ordonnance prise par le chef de l’Etat pour annuler tous les actes posés par l’administration sous le président Gbagbo dans la période du 4 décembre 2010 au 11 avril 2011.

 

Donc, bien que le contrôleur financier les ait visés, Mr Malan ne les a pas signés. Et au lieu de rédiger de nouveaux contrats, le nouveau Coordonnateur a visé les anciens, y a mis son cachet et son nom alors que celui de Malan figure aussi sur lesdits contrats. Il y a donc eu du faux, mais c’est sur la base de ce faux que le trésor verse les salaires des travailleurs qui étaient au PSCN avant l’arrivée de Guy Hervé Pillah. Chose grave, les personnes qui bénéficient de ces contrats ont pour la plupart changé de poste ou ne sont plus au PSCN. Et pour ceux qui y sont encore, les salaires qui sont sur ces contrats sont bien en deçà de ce qu’ils reçoivent dans la réalité. Où va la différence ?

 

En dehors donc de ces personnes qui étaient déjà dans les effectifs du PSCN, tous ceux qui ont été recrutés dans cette période et qui travaillent ici (PSCN, ndlr) actuellement, n’ont aucun contrat avec le PSCN. Pourtant, ils sont payés sur le budget de la structure. Personne ne sait comment cela est possible. Le Coordonnateur actuel n’est pas fonctionnaire. Il a été nommé par arrêté du ministre Lobognon, or cela n’est pas possible. Il fallait un contrat et ce contrat n’existe pas. Pourtant, il est payé à plusieurs millions sur la base de cet arrêté qui n’a même pas été visé par le directeur du contrôle financier, de qui dépend directement le PSCN. Comment est-ce possible ? On joue avec l’argent public, l’argent qui devait servir à accomplir la mission du PSCN, c’est-à-dire, former et insérer des jeunes.

 

Depuis que cette nouvelle équipe est arrivée, aucun jeune n’a été inséré, aucun. Pourtant, des centaines de millions ont été déjà dépensés. Les auditeurs qui vont être désignés devraient demander au régisseur, comment il s’arrange pour payer des non fonctionnaires avec l’argent public alors que ces derniers n’ont aucun contrat avec la PSCN? »

 

Conventions et brouhaha médiatique

 

Les hauts faits de la nouvelle équipe dirigeante du PSCN, se résument en la signature médiatisée de plusieurs conventions avec des structures étatiques et non étatiques. Pourquoi ? Le PSCN a deux missions essentielles : Former des jeunes cibles (ex-combattants démobilisés, jeunes à risques, etc.) et les insérés dans la vie active à travers des activités génératrices de revenus financées par le PSCN. Et pour cela, le Programme bénéficie d’un financement étatique annuel d’environ 2 milliards FCFA. Il n’est nulle part écrit dans les documents portant organisation et fonctionnement du PSCN, que pour l’insertion des jeunes formés, il faille signer des conventions avec d’autres structures.

 

Depuis l’arrivée de la nouvelle équipe, aucun jeune n’a été inséré. Pour cacher cette réalité et abuser les décideurs, la nouvelle équipe ne fait que multiplier la signature de conventions. Ainsi, le 13 janvier 2012, le PSCN a signé un accord de partenariat avec le FNS (Fonds National de Solidarité), une structure sous tutelle du ministère de la Promotion de la Jeunesse et du Service Civique. Ce jour-là, sous les objectifs des caméras de la Rti (ameutées par Isabelle Anoh) (Voir la vidéo ci-dessous), Guy Hervé Pillah avait déclaré: « Dès la semaine prochaine, au sortir de cette signature de partenariat, ce sont 2181 jeunes qui seront visités par nos équipes conjointes PSCN-FNS afin d’examiner leurs profils et ouvrir les dossiers de candidature pour un financement garanti par le fonds ».

 

 

 


 

 

 

Depuis, aucun jeune n’a été visité. Pourtant, plusieurs missions fictives ont été organisées et financées par le PSCN. Comme si, c’était au FNS qui n’est qu’une structure d’intermédiation avec les banques, de financer la réinsertion des jeunes formés par le PSCN. Car c’est cette idée qui a été perçue dans les propos du directeur de cabinet du ministre Alain Lobognon (Moumouni Sylla), le jour de la signature de ce partenariat : « Il y a lieu de se réjouir car c’est la jeunesse qui gagne. C’est un partenariat gagnant-gagnant.

 

Le FNS par sa convention est un véritable partenaire appui conseil pour financer le PSCN dans ses activités d’insertion et d’enseignement des valeurs civiques et morales ». C’est donc à présent au FNS qui n’a pas de budget en tant que tel, de financer les activités du PSCN qui a un budget annuel de 2 milliards ? A quoi sert donc cet argent ?

 

Cette idée selon laquelle c’est le FNS qui doit financer l’insertion des 2181 jeunes formés a été rependue sur le terrain. Pendant nos investigations, un directeur de centre (centre fermé depuis 4 mois), nous a appris qu’ils attendent le financement du FNS pour prendre en compte les activités des 100 jeunes qui avaient été formés dans ledit centre, et payer aussi la facture en souffrance de la restauratrice qui avait donné à manger pendant trois mois, aux apprenants.

 

Le 22 février 2012, le PSCN et l’Union des villes et communes de Côte d’Ivoire (UVICOCI) ont signé un partenariat très médiatisé. Sur le terrain, ce partenariat n’a rien apporté au PSCN.

 

Le jeudi 29 mars 2012, le PSCN et la Commission Nationale de lutte contre la prolifération et la circulation illicite des armes légères et de petit calibre (Comnat-ALPC) ont signé un autre accord de partenariat. Encore sous les caméras de la Rti (Voir vidéo ci-dessous), Guy Hervé Pillah a déclaré, après le Président du Comnat-ALPC (Désiré Adjoussou) : « Cet accord de partenariat offre au gouvernement (ridicule, le Comnat-ALPC est une structure étatique sous tutelle du ministère de la Défense), l’opportunité d’un échange armes contre travail aux jeunes qui ont pris les armes, pour une raison ou un autre et qui doivent les déposer volontairement. La guerre est bien finie. Conjuguons nos efforts afin que le grand nombre parmi nos jeunes, puissent être formés et se prennent en charge». Et voilà comment l’on abuse l’opinion et les décideurs !


 

 


 

 

 

Combien de jeunes le PSCN, version Guy Hervé Pillah, a inséré depuis 10 mois ? A quoi ça sert de multiplier les conventions et accords de partenariat pour faire croire que l’on travaille alors que sur le terrain, tous les centres de formation sont en agonie et qu’aucune activité de formation ne s’y déroule depuis 8 mois ? Assurément, il n’y a qu’en Côte d’Ivoire, que l’argent public peut-être gaspillé aussi impunément! Mais, nous a-t-on promis à la Primature, Ahoussou Jeannot va sévir dans les jours à venir.

 

On l’espère bien !

 

Source: "Eléphant déchaîné" 

Publié dans Economie

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Pascal 06/04/2012 00:02


Bravo pour ce Copier-Coller d'article...