Missions de maintien de la paix en Côte d'Ivoire: Faut il brûler les casques bleus ?

Publié le par thruthway

 

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L'ONU  créa l'ONUST, sa première mission de maintient de la paix au Moyen-Orient, en 1948. Depuis lors, 66 opérations des Nations Unies se sont déployées dans le monde. Après plusieurs reformes, on est finalement arrivé aux casques bleus tels que nous les connaissons actuellement à travers le monde. Les opérations de maintien de la paix des casques bleus tels que définis par les textes de l'ONU sont:

 

de surveiller l'application d'un cessez-le-feu,

de désarmer et de démobiliser les combattants,

de protéger les populations civiles,

de faire du maintien de l'ordre, 

de former une police locale,

de déminer.

de protéger les réfugiés,

d'assurer le maintien des droits de l'homme

Ces  opération de l'ONU sont guidées par trois principes fondamentaux :

Consentement des parties;

Impartialité;

Non utilisation à la force (sauf en cas de légitime défense ou lorsque leur mandat le rend indispensable).

 

Les Casques Bleus en Côte d'Ivoire.

 

 Dans la nuit du 18-19 septembre 2002, un groupe d'ex militaires ivoiriens, et mercenaires entrainés au Burkina Faso attaquent la Côte d'Ivoire.  Abidjan, Bouaké, Korogho, et plusieurs autres villes ivoiriennes sombrent dans la violence. Les assaillants sont repoussés à  Abidjan, et doivent se replier au nord,  Bouaké et Korogho principalement. Ces assaillants dirigés alors par un  certain Guillaume Soro établiront leur quartier général au nord de la Côte d'Ivoire scindant de fait en deux le pays et consacrant la naissance d'une rébellion armée. Après une période de conquêtes et reconquêtes, les belligérants acceptent de s'asseoir sur la table des négociations. Laurent Gbagbo président élu démocratiquement en 2002 et la rébellion des forces nouvelles (FN) conduite par Guillaume Soro concluent  un accord de cessez le feu le 3 mai 2003. Conformément à cet accord, les forces de l’opération LICORNE (Soldats français déjà présents sur le sol ivoirien en vertu des accords de défense liant les deux pays)  et de la MICECI (mission de la CEDEAO en Côte d'Ivoire) sont déployées le long de la ligne de front entre les FANCI  (armée régulière ivoirienne) et les FN, le 24 mai 2003, créant une zone de confiance démilitarisée qui remplacera la zone tampon créée en 2002 par la force française. Les Nations Unies créent alors une première mission, la MINUCI - la Mission des Nations Unies en Côte d’Ivoire - qui sera remplacée le 4 avril 2004 par l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI).  Les casques bleus arrivent donc en Côte d'Ivoire dans le but de faire respecter un cessez le feu, ce qui fait absolument partie de leurs prérogatives.  Les soldats des nations unies en plus de leurs mentions habituelles dans ce genre de situations (veiller au respect des droits de l’Homme, protection des populations civiles etc etc) , durant leur mission  en Côte d'Ivoire, se verront attribuer d'autres missions, comme celle de veiller  à l'application des accords d' ACCRA III du 29 juillet 2004  et Yamoussoukro du l4 mai 2005  qui prévoyaient  le désarmement de la rébellion armée.

 

  La France entre en guerre contre l'armée réguliére ivoirienne.


Entre mai 2003 et décembre 2010, le cessez le feu sera plusieurs fois violé par les rebelles ivoiriens, qui sous des appellations diverses continueront à harceler l'armée régulière ivoirienne sous le nez et à la barbe des casques bleus. Ces provocations qui causeront plusieurs morts parmi le militaires ivoiriens, porteront l'armée régulière ivoirienne  à lancer une contre-offensive victorieuse et  de grande envergure contre les positions des rebelles en novembre 2004. Cette attaque prendra fin avec l'intervention de l'une des composantes de la mission des nations unies la LICORNE, qui sous le prétexte d'avoir perdu neuf de ses soldats durant les bombardements de l'armée ivoirienne, détruira au sol tous les aeronefs ivoiriens, et dans la même lancée cherchera à renverser le président Gbagbo en encerclant sa résidence.

 

Cette  première tentative de coup d’État des forces de  maintien de la paix, n'échouera que grâce à la grande mobilisation des populations civiles ivoiriennes qui formeront des boucliers humains afin de protéger leurs institutions. Les forces françaises  tueront durant ces événements  près de 100 civils  ivoiriens et en blesseront de milliers d'autres. (Voir les vidéos ci-dessous)

 

 

 


 

 

Crise Post-électorale en Côte d'Ivoire

 

Mais c'est entre Octobre 2010 et le 20 juillet 2012 que les soldats des nations unies en Côte d'ivoire ONUCI et la LICORNE vont véritablement s'illustrer de la pire des manière.

 

 Décembre 2010,  le conseil constitutionnel ivoirien seul organe habilité à le faire proclame le Président Laurent Gbagbo vainqueur de l'élection présidentielle. Le représentant des nations unies Young Chi Choi  et les ambassadeurs de France et des États-Unis  enlèvent en pleine nuit le président de la commission électorale indépendante CEI et le portent à l’Hôtel du golf,  QG du candidat Alassane Ouattara, où ce dernier est proclamé Président ivoirien. La Côte d'Ivoire se retrouve donc avec deux présidents. L'un choisi par les ivoiriens et leurs institutions, l'autre par la communauté internationale. De ce désordre créé et entretenu par les nations unies et les super puissances occidentales, va naitre une crise militaire plus connue sous le nom de crise Post-électorale en .Côte d'Ivoire.

 

 

  De décembre 2010 à avril 2011, les hélicoptères des nations unies et les chars de l'ONUCI vont transporter nuits et jours des centaines de rebelles qui infiltreront certains quartiers d'Abidjan, et notamment celui d'Abobo  où naitra une guérilla urbaine. Cette guérilla connue sous le nom de “commando invisible” sera responsable de la mort de plusieurs civils  ivoiriens accusés à tort ou à raisons d’être des supporters du président Gbagbo.  “Ce commando invisible” revendiquera même certaines de ses attaques contre les militaires de l'armée régulières ivoirienne. Pour plus d'informations, cliquez ici.

Au cours de leurs attaques certains individus supposés proches du président Gbagbo ont été brûlés vifs. Voici une preuve dans la vidéo ci-dessous.


 

 

 

 

Face à cette situation d'insécurité et de meurtres, et afin de déloger ces rebelles et mercenaires transportés par les nations unies à l'intérieur de la capitale économique  ivoirienne, l'armée régulière ivoirienne essaiera de répliquer en attaquant les positions du “commando invisible”. Se voyant en difficulté, ces derniers vont faire appel à leurs alliés des nations unies qui feront voter une résolution condamnant l'armée ivoirienne accusée d'utiliser des armes lourdes contre des “civils”. Aucune mention ne fut  faite de la guérilla urbaine, qui sévissait à Abidjan, ou des morts civils causés par le “commando invisible”, vrai objectif de l'armée ivoirienne.

 

 

Plusieurs fois durant  cette crise post-électorale,  des témoins affirmeront que les hélicoptères de l'ONUCI , et de la LICORNE, ainsi que les engins blindés de ces soldats de la paix feront d'éclaireurs au profit du commando invisible à Abidjan. Ce sera le cas lors de l'attaque de l'émetteur de la RTI à Abobo (cliquez ici pour voir la vidéo)  ainsi que lors de l'attaque du village  du village d’Anonkoua Kouté (cliquez ici pour voir la vidéo). Nous avons ici un témoignage poignant d'un habitant d'Anonkoua Kouté (cliquez ici

 

 

 

Duékoué ville martyre.

 

 A cause de ce qu'elle a subi avant, durant et après la crise post-électorale, la ville de  Duékoué mérite qu'on s' y attarde de façon particulière.  Car cette ville considérée l'un des bastions électoraux du président Gbagbo connaitra un sort dramatique tout particulier. Fin mars 2011, après le retrait des soldats de l'armée régulière ivoirienne acculés par la rebellion armée soutenue par l'ONUCI et la LICORNE, la ville de Duékoué et ses habitants sont livrés entre les mains d'assassins de tout genre.  C'est ainsi qu'entre le 27 et le 29 mars 2011, un véritable génocide s'opérera dans cette ville. La rebellion ivoirienne, qui entre temps est passée sous le commandement officiel de Dramane Ouattara, formée de chasseurs dozos, et autres mercenaires de la CEDEAO, va massacrer pendant trois jours toute personne (femmes et enfants compris) soupçonnée d'etre Guéré, une ethnie considérée par ces rebelles comme étant  proche du président Gbagbo. Les soldats marocains des nations unies présents sur les lieux laisseront faire sans intervenir. Au total on dénombrera entre 1800 et 2000 morts donc 800 dans le seul quartier CARREFOUR. Après les massacres comme l'a révélée une vidéo récemment postée sur INTERNET, les soldats des nations unies se contenteront de creuser des charniers où ils déposeront les victimes. Jusqu'à ce jour, aucun des responsables de ce génocide n'a été poursuivi.


 

-Scénes des massacres à Duékoué 

 

 


 

Après les massacres les pillages 

 

 

 


 

Difficile retour après les massacres 

 

 

 


 

Charnier à Duékoué le role des nations unies 

 

 

Après les massacres les populations civiles autochtones pour la  plupart guéré abbandonnant leurs maisons et leurs biens aux nouveaux maitres des lieux (rebelles ivoiriens, burkinabé et chasseurs dozos),  iront se réfugier dans plusieurs camps. Certains de ces camps seront mis sous le protection directe des casques bleus. L'un de ces camps c'est le camp de Nahibly, attaqué dans la semaine dernière entre le 19-20 juillet 2012 par l'armée de Ouattara, soutenue par les chasseurs dozos et des populations d'origine burkinabé. Bilan provisoire au soir du 20 juillet 2012, au moins 13 morts. Les casques bleus présents selon les témoins s'étaient retirés, abandonnant les populations civiles dont ils avaient en charge la protection  à leur tragique sort... Pour plus ds'informations, cliquez ici et ici

 

 

Les casques bleus incapables de protéger les civils.

 

La crise post-électorale s'acheva  le 11 avril 2011 par le renversement du président Gbagbo, après que les hélicoptères de la Licorne et des nations unies avaient bombardé sans répit  la résidence officielle du président ivoirien et les positions de l'armée régulière ivoirienne.  Sans armée, sans police, sans gendarmerie, les populations civiles furent abandonnées entre les mains des rebelles et brigands de toutes sortes devenus par la force des choses les nouvelles forces de sécurité. C'est ainsi que les chasseurs dozos dans certains quartiers se retrouvèrent policiers, ou gendarmes selon les besoins. Cette situation incroyable où des  brigands se retrouvent forces de maintien de l'ordre a occasionné depuis Avril 2011 la mort de centaines d'autres ivoiriens, tués directement par ceux qui seraient en principe  chargés d'assurer leur protection. Les Soldats des nations unies sont bien  présents, mais comme dans le cas du camp de Nahibly, ils se contentent très souvent d’être des spectateurs. Nous pourrions par exemple citer cet autre épisode qui eut lieu le 21 janvier 2012, lors du retour politique du FPI, le parti du président Gbagbo. Trois militants du FPI  trouvèrent la mort et des dizaines d'autres furent blessés, par des militants de Ouattara qui attaquèrent à l'arme blanche les militants du FPI, tout ceci sous les yeux des casques bleus . (Cliquez ici pour plus d'informations)

-Chasseurs dozos une des composantes importantes des nouvelles force de sécurité ivoiriennes 

http://ivoire.telediaspora.net/portail/portail/photo/image/dozos.jpg

 

 

Un Bilan absolument négatif

 

  Les casques bleus en Côte d'ivoire ont été tour à tour, incapables de surveiller l'application du cessez le feu, incapables de désarmer et démobiliser les combattants,incapables d'assurer la protection des populations civiles,  incapables de maintenir l'ordre, incapables de former une police qu'il avaient eux mêmes détruite, le tout en violant leurs principes d'impartialité et de non utilisation de la force, car il faut bien le dire, l'armée ivoirienne n'avait rien fait qui ait pu justifier l'utilisation des hélicoptères et des blindés de l'ONUCI  contre elle entre décembre et avril 2011.

 

 Après ces constats, nous nous posons donc la question de savoir, à quoi sert l'ONUCI en Côte d'Ivoire?  Pourquoi continuer à gaspiller les ressources de l'ONU , alors qu'il est pourtant clair aux yeux de tous que cette mission a complétement échoué? Que font donc les casques bleus en Côte d'Ivoire?

 

ACC-Communication 

Publié dans Droit de l'homme

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