OÙ EST DONC VOTRE VICTOIRE?

Publié le par thruthway

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Vive le 11 Avril 2011, Vive la France, Vive Sarkozy, vive le drapeau français, vive Ouattara, Vive Bédié !!!

 

Vous avez jubilé, arboré les images de la chute de Gbagbo. Vous avez dansé au son de Tiken Jah, Afou Kéïta, Fadal Day, N’Guess Bon Sens à la place Inch Allah. Vos militants ont tout dit sauf ce que la sagesse recommande, vos médias caporalisés ont joué leur partition (RdrTV, Rfi, France 24, Tv5, Onuci Fm). Votre ambassadeur Jean Marc Simon a lu sa tirade désolante sur votre radio internationale, Rfi dans son édition de 06h30 Gmt (11 avril 2012).

 

Nous avons vu jacques Chirac voler quelques forces à sa vieillesse pour aider Ouattara et le MPCI, nous avons aperçu De Villepin, puiser dans son nombrilisme, des galons de celui qui impose ses choix. Sarkozy de Nagy Bocsa s’est même éloigné du Yacht de son ami Bouygues pour filer une lettre à Youssouf Bakayoko et exiger  que celui qui a refusé d’être son Sganarelle (valet), cède le pouvoir à son ami, pour le bonheur du peuple. Nous avons vu, une certaine Salimata Porquet se vider de ses larmes lors d’un sommet de la Cedeao à Abuja. Ses larmes appelaient l’institution sous régionale à une intervention militaire en Côte d’Ivoire pour dit-elle, sauver la démocratie. Au nom du peuple! Vos supers Sganarelles qui peuplent la Cedeao, ont abandonné leurs pays et installé leurs quartiers à Abidjan, toujours, au nom du peuple!

 

Vous avez fait sortir la grande artillerie, plus puissante que celle que vous avez eu la gentillesse de déployer dans la nuit du 18 au 19 Septembre 2002. Vous avez enduit vos muscles de beurre de karité et copieusement, vous avez bombardé la résidence du chef de l’état. Ce Chef a résisté, comme l’a fait Salvador Allende retranché dans le palais de la Moneda, sous le feu des bombes de putschistes. Vous l’avez capturé et livré à Ouattara comme un esclave jeté aux pieds de son maître. Tout cela au nom du peuple qui ne se savait pas tant aimé. Pour le peuple, vous avez tué, cautionné des assassinats, déglingué la société dans son entièreté, brisé les alliances ethniques consubstantielles avec l’histoire de la Côte d’Ivoire. Vous avez fait des institutions de la république, le réceptacle de tout ce que la morale républicaine rejette. En véritables deus ex machina, vous avez libéré la Côte d’Ivoire comme vous le prétendez.

 

Vous avez fait tout cela mais vous avez oublié de dire au peuple ce qu’il a gagné. Chers sauveurs, qu’a gagné le peuple ivoirien? Nous entendons le peuple gémir de toutes parts, il gémit plus qu’il ne l’a fait hier. Il vous regarde les yeux larmoyants vous posant inlassablement la question suivante : «  qu’avez-vous fait pour moi?». Surtout, ne lui répondez pas qu’il a conquis la démocratie. Il vous regardera droit dans les yeux et vous dira : « Messieurs, retournez en Corée des Nord.»

 

De façon classique, l’alternance vise à offrir un mieux être à la population. Lorsqu’on s’écarte des règles classiques et que, dans le sang, on provoque l’alternance avant terme, le bien être du peuple devient plus qu’un devoir. Nous ne pouvons pas soupçonner votre bonne foi au regard des moyens humains, logistiques et financiers déployés pendant plus de 10 ans pour défaire un régime, à l’évidence, mal aimé. Le constat laisse pantois. Entre les rêves des bombes et les besoins du peuple ivoirien, c’est le jour et la nuit. Vous n’arrivez pas, en dépit de votre combat implacable pour le pouvoir, à donner au peuple un balbutiement de joie.  Nous pensions qu’il y aurait une unité de vue entre vous et votre peuple bien aimé, pourtant bien tué comme pour nous rappeler le meurtre de Nolivé, l’épouse de Shaka Zulu. Nous nous attendions à une symbiose qui projetterait l’opposition dans les bras de l’oubli. Mais hélas, mille fois hélas ! Vous êtes l’ombre de vous-même, enfermés dans vos tours d’ivoire, vous nourrissez allègrement vos enfants que sont : la justice des vainqueurs, les mesures anti sociales, le rattrapage ethnique, la terreur, l’insécurité, la médiocrité économique. La condition actuelle du peuple ne vous fait pas perdre le nord. Tous, vous êtes convaincus d’être dans le juste, le bon, et le merveilleux. Vous disposez d’énormes ressources qui peuvent vous aider à acquérir à vil prix l’adhésion populaire. Vos pensez encore à tous ses pas de danse affolés livrés aux yeux du réconciliateur, ces clubs d’amis de « rattrapés » qui scandent a vos oreilles que le pays est réconcilié, ces scribes, qui, pour justifier leur incompétences affirment que le pays va bien. Vous regardez, vos militants affamés, cacher leurs peines derrières des panégyriques flatteurs. Au fond, le peuple ivoirien est tout malheureux. Malheureux d’avoir perdu un pays, un mieux être.

 

Si le peuple pour qui vous avez épuisé votre énergie pendant plus de 10 ans, ne sait même pas ce que vous faites de lui, alors, où est donc votre victoire ? Si le peuple que vous aimez à mourir, souffre plus sous votre règne que sous celui des pires tyrans de l’histoire, où est donc votre victoire? Si la pauvre Côte d’Ivoire s’offre le luxe insolent d’être classée parmi les pays non démocratiques d’Afrique,  où est donc votre victoire Messieurs? Si s’offrir deux repas par jour, se soigner facilement, scolariser sa progéniture, trouver un emploi relèvent aujourd’hui d’une exception, alors messieurs dites-nous, où est donc votre victoire?

 

Merci de nous répondre

 


Les Pamphlets d’Alain BOUIKALO

Juriste-consultant

bouikhalaud10@gmail.com

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