Paiement des salaires : BNI, BHCI, BFA, CNCE,VERSUS BANK RELÈVENT LE DÉFI

Publié le par thruthway

http://t0.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcRYUW1VPLnwsH-EpHW01zZtEGncP_lKgb1fRsdKngl9ccAAhaTm8gLes débordements et bousculades observées lundi, au premier jour de paiement des fonctionnaires et agents de l’Etat ont fait place, hier, à une meilleure organisation de l’accueil de ces nouveaux clients par les banques nationales appelées à la rescousse par le gouvernement ivoirien. Et ce, pour payer les quelques 151 000 fonctionnaires et agents de l’Etat anciennement clients des banques qui ont fermé. Ces quelques propos des concernés recueillis aux guichets et sites de paiement desdits banques prouvent que les choses se passent bien et que les bénéficiaires sont satisfaits. “On a souffert le premier jour, mais aujourd’hui ça va. Je viens de recevoir mon salaire et j’en suis heureux”, nous a confié Zéhi Gouzou Prosper, fonctionnaire au ministère de l’Education nationale. Il dit d’ailleurs comprendre les débordements du premier jour. “Nous-mêmes qui sommes concernés par la relocalisation dans les cinq banques nationales, comprenons que cela est dû au nombre de fonctionnaires que celles-ci ont été amenées à accueillir en si peu de temps”, a renchéri ce fonctionnaire désormais client de la Banque de l’habitat de Côte d’Ivoire (Bhci) qu’il n’entend plus quitter si, bien sûr, cet établissement lui offre des services satisfaisants.  D’autres fonctionnaires comme Yao K. Firmin ou Kouaho, respectivement à la Bfa et à la Bni ne disent pas le contraire. Après le calvaire que nous ont fait vivre les banques qui ont fermé, “nous avons décidé de consommer désormais ivoirien, c’est-à-dire avoir nos comptes dans des banques qui ne vont fermer pas pour un oui ou un non”. Si les nouveaux clients qui attendent, en files indiennes, avec patience et bonne humeur pour certains, ou avec un peu d’impatience pour d’autres, sont progressivement servis, les anciens clients des banques ne sont pas oubliés par les responsables de ces institutions. Ceux-ci ont pris des dispositions afin que “ces habitués” de leurs guichets soient servis dans des conditions décentes. Surtout que lundi dernier, il y en a qui n’ont pu avoir accès à leur banque à cause de la foule immense  et des débordements qui en ont suivi. “Ancien client de la Bhci, j’ai pu avoir accès à mon compte aujourd’hui grâce aux nouvelles dispositions nous permettant de nous adresser à un responsable de la banque désigné à cet effet. Seulement, nous aurions souhaité qu’ils soient deux à s’occuper de nous”, indique Alfred Koffi Bi, agent du Trésor dont le compte est domicilié à la banque de l’habitat.

Meilleure maîtrise

Dans l’ensemble, les clients reconnaissent que la journée d’hier a été marquée par une meilleure organisation des établissements bancaires. Et cela se ressent d’ailleurs dans le bilan que présentaient, en fin de journée, les patrons de la Bhci, de la Bfa, de la Bni, de la Cnce et de Versus bank. “Déjà à 10 heures, 1000 clients parmi les nouveaux fonctionnaires qui ont été affectés ont été payés, et le bilan de cette journée fait ressortir près de 3 000 d’entre eux payés à nos guichets”, révèle Souleymane Dogoni, Dg de la Bhci. Lequel fait savoir que le 28 février, ce sont 1 200 fonctionnaires qui avaient perçu leur salaire. Parce que, explique-t-il, “avant-hier, l’affluence et surtout la présence de ceux qui n’étaient sur la liste de ce jour ont fortement désorganisé notre organisation, totalement prise à défaut par les bousculades. Alors que tout avait été mis en place pour un meilleur accueil ce jour, puisque nous avions porter le nombre de caisses à notre agence principale à 13 contre 6 précédemment. Et en avons augmenté de deux à trois dans les autres agences”. Mais le Dg de la Bhci dit comprendre les clients qui ont été mis à mal par la fermeture brutale de leurs anciennes banques et à qui on a laissé faussement croire qu’il y aurait de problèmes de liquidité. “Nos clients peuvent se faire payer dans n’importe quelle agence Bhci, munis des documents exigés à cet effet, au cas où leurs agences d’affectation seraient débordées”, conseille Souleymane Dogoni.

A la Bfa, le son de cloche est quasi identique. Cette Banque du financement de l’agriculture créée en 2004 et dont le capital est détenu à 84% par l’Etat ivoirien, devait, elle aussi, faire face à la gestion des 25 000 fonctionnaires que le ministère de l’Economie et des Finances lui a affectés, comme ce fut le cas des quatre autres banques publiques. “L’affectation de ces fonctionnaires à notre banque est un véritable défi et nous sommes heureux de remplir un devoir, celui d’aider ces fonctionnaires qui ont souffert de la fermeture inattendue de leur banque et qui sont désormais dans nos livres”, a dit son directeur général, Wenceslas Appia. Pour y faire face, la Banque a dû mobiliser 25 chargés de clientèle grâce à des redéploiement et recrutement pour cette opération inédite. “Nous avons ouvert 7 nouvelles caisses pour porter leur nombre total à 13, afin de servir au mieux ces nouveaux clients sans oublier ceux qui avaient déjà leurs comptes dans nos livres”. Mais Wenceslas Appia reconnaît qu’au premier jour, le rythme de paiement a été lent pour des raisons sécuritaires et parce que tout le monde voulait être servi en même temps. En plus, il y avait des discordances au niveau des noms. “Il est arrivé que les noms sur le listing transmis par la direction de la solde et les papiers administratifs fournis par les agents de l’Etat ne soient dans le même ordre alors que le numéro matricule est exact. A cela s’ajoutent parfois des numéros de compte non adaptés que nous sommes obligés de vérifier auprès des personnes-ressources de leur banque d’origine”, souligne le Dg de la Bfa. Malgré tout, 1 300 fonctionnaires sur une prévision initiale de 5 000 ont été payés le 28 février. Il annonce que le résultat de mardi est nettement mieux, puisque plus de 2 000 ont pu recevoir leur paie. “Le système va être huilé au fil des jours”, promet le patron de la Bfa qui considère, comme bien des dirigeants bancaires ivoiriens, la fermeture des filiales des banques internationales comme une opportunité pour asseoir véritablement le secteur bancaire ivoirien et l’économie nationale.

Opportunité des banques nationales

“Car ce marché était totalement maîtrisé par des banques coloniales dont les stratégies étaient davantage axées sur l’éjection, hors du marché, des banques nationales. Cela est d’autant vrai que nos banques ivoiriennes étaient totalement mises hors des d’opérations d’interbancarité (opérations entre les banques consistant à se ressourcer à court terme auprès des banques liquides du marché pour financer des opérations et rembourser la banque prêteuse dès que possible). Ces banques dites internationales n’en faisaient qu’entre elles”.


Qu’en est-il de la Banque nationale d’investissement (Bni) ?

“Ces deux premières journées ont été très bonnes et calmes à la Bni. Les gens ne sont pas trop bousculés”, affirme serein, Eugène O. Amonkon, Dg de cet établissement de crédit créé il y a 50 ans (ancienne Caisse autonome d’amortissement, Caa). En effet, cette banque qui partage avec la Bfa, l’auditorium de la Caistab, y a ouvert 30 caisses pour le paiement de ses nouveaux clients, en plus de ses 24 agences (dont deux nouvelles bientôt à Daloa et Gagnoa) disséminées sur l’ensemble du territoire et ses 50 guichets automatiques. Lundi, bien que les fonds soient arrivés un peu tard, la banque avait pu payer tous ceux qui s’étaient présentés à ses guichets. Soit 1 500 fonctionnaires et agents de l’Etat (Abidjan et Yamoussoukro confondus). “Mais les choses seront plus faciles le mois prochain, parce que nous allons distribuer des cartes de retraits automatiques à tous ceux qui viennent d’ouvrir leur compte dans notre banque, afin qu’ils puissent facilement faire leurs opérations en tous lieux”. Ayant ouvert le 28 février jusqu’au-delà de 19 heures, la banque a récidivé, hier. Ce qui lui a permis, au dire de Eugène O. Amonkon, de pouvoir payer environ 3 000 fonctionnaires, transfuges des établissements fermés. Pour la bonne marche du dispositif, “j’ai affecté des directeurs sur le lieu de paiement, et y fais régulièrement des tours pour m’assurer du bon déroulement”, explique-t-il. Cependant, il annonce aux fonctionnaires dont les comptes ont été ouverts dans les agences Bni installées dans les zones Cno et qui, pour des raisons de sécurité, voudraient se faire payer à Abidjan, qu’ils devront attendre le lundi 7 mars prochain. “Ils sont d’ailleurs nombreux à vouloir attendre patiemment cette date pour avoir leur salaire”, assure le Dg de la Bni. Qui se félicite que les banques ivoiriennes aient pu relever ce défi, celui de s’organiser en moins de dix jours pour pouvoir payer les 151 000 fonctionnaires et agents de l’Etat. “Nous avons mis en place l’organisation et la logistique qu’il fallait en si peu temps pour répondre à l’attente du gouvernement”, se réjouit M. Amonkon. Qui fait savoir que la Bni que les bailleurs de fonds voulaient voir liquiditée est aujourd’hui, après sa restructuration en 2001, un établissement de crédit qui se porte bien, et qui est même, depuis janvier 2011, entrée dans une phase de profitabilité et de gestion moderne.

La Caisse nationale des caisses d’épargne (Cnce) qui a commencé, hier, à recevoir ses premiers fonctionnaires à lui attribués par le gouvernement (35 000), a pu satisfaire la quasi-totalité de ceux qui étaient programmés hier et compte en faire autant par la suite. Quant à Versus bank, ceux qui y ont désormais leur compte ne manquent pas de se réjouir de la fluidité du service et de la bonne organisation aussi.

Le constat que l’on fait dans ces banques, ce sont les dispositions qui sont prises pour fidéliser les fonctionnaires qui ont désormais leur compte dans leurs livres.

 

Gooré BI Hué

Source: Frat. Mat.

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