Panel des cinq chefs d’Etat de l’Union africaine sur la Côte d’Ivoire: 3 marionnettes et 2 chefs d’Etat souverains

Publié le par thruthway

http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQlnjYv3-HMqnU0DX3Q7kT0jqsG4HEBBNhBPca2Qq7nZPLI-NFowwVoici les cinq présidents du panel: Mohamed Ould Abdel Aziz (président du panel), d'Idriss Deby (Tchad), Jacob Zuma (Afrique du Sud), Blaise Compaore (Burkina Faso) et Jakaya Kikwete (Tanzanie).

Comme on le voit, les cinq Présidents délégués par l’Union africaine le 31 janvier dernier pour venir au chevet de la Côte d’Ivoire sont le mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz (président du panel), le tchadien Idriss Deby, le sud-africain Jacob Zuma, le Burkinabé Blaise Compaoré et le tanzanien Jakaya Kikwete. Parmi eux, trois sont de vraies marionnettes aux mains de la France et deux sont des représentants de l’Afrique digne et souveraine.
Nous allons voir le parcours de chacun d’eux et dire s’il est ou pas une marionnette.

Le Président du panel, le Président de la Mauritanie Mohamed Ould Abdel Aziz est un général de l’armée mauritanienne. C’est une marionnette et un putschiste invétéré aux mains de la France de Nicolas Sarkozy qui l’a installé au pouvoir par un coup d’Etat militaire le 06 août 2008. Il est né le 20 décembre 1956 à Akjoujt. Il a participé au coup d’Etat de 2005 dans son pays qui a déposé Maaouiya Ould Sid’Ahmed Taya puis a conduit un coup de force le 6 août 2008. Sidi Ould Cheikh Abdallahi et son Premier ministre, Yahya Ould Ahmed El Waghef sont alors renversés. Après ce putsch, il s’autoproclame président du Haut Conseil d’Etat de la Mauritanie. Ainsi, le 12 avril 2009, il annonce sa démission de l’armée et du Haut Conseil d’Etat pour participer aux élections présidentielles prévues le 6 juin 2009. Mais ces élections ne se tiendront pas à cette date. Et c’est finalement le 18 juillet 2009 qu'un scrutin consensuel est organisé en Mauritanie, en accord avec ses opposants. Il est proclamé président élu mais les résultats de ce scrutin continuent de soulever des doutes. Tout cela avec la bienveillance de la France qui a été la première à le féliciter par des propos dithyrambiques.

Le Président d’Afrique du Sud Jacob Zuma, représentant de l’Afrique digne, souveraine et réellement indépendante. Il est né lui, le 12 avril 1942 et est membre de l’aile gauche du Congrès national africain (ANC). Autodidacte, il est président de l’Afrique du Sud depuis le 9 mai 2009. Très influent et très populaire dans son pays, Jacob Zuma a été de tous les combats anti-apartheid. Il a été emprisonné pendant 10 ans à Robben Island au côté de Nelson Mandela pour son activisme à l’ANC et pour son appartenance à un groupe armé. Il a gravi tous les échelons de la politique sud-africainE avant de se retrouver à la tête de ce géant d'Afrique. Avec le président de l’Ouganda, Yoweri Museveni, il est médiateur dans le processus de paix au Burundi pour mettre fin à la crise ethnique entre les Hutu et les Tutsi.

Blaise Compaoré, Président du Burkina Faso, marionette en chef aux mains de la France depuis 24 ans, putschiste notoire et chef des déstabilisateurs de la sous-région, toujours réélu avec des scores soviétiques. Au pouvoir au Burkina Faso depuis 1987 (24 ans) après un coup d'Etat, Blaise Compaoré est accusé d’avoir fait assassiner son frère d’armes Thomas Sankara, la même année. M. Compaoré est le président fondateur de l’actuel parti au pouvoir dans son pays, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP). Il a été élu président de la République en 1991, puis réélu en 1998, 2005 et 2010 avec chaque fois des scores qui dépassent les 80% des suffrages exprimés. Il a été médiateur dans plusieurs crises politiques en Afrique occidentale notamment au Togo en 2006 puis en Côte d’Ivoire en 2007. Mais sa crédibilité dans ses médiations est contestée par des organismes internationaux comme l’ONG International crisis group (ICG) qui l’accuse d’avoir mené le coup d’Etat contre Thomas Sankara et participé à la déstabilisation de certains Etats de la sous-région. ICG l’accuse également d’être le parrain de l’ex-chef rebelle et ex-président libérien, Charles Taylor, actuellement jugé pour crime contre l’humanité. ICG trouve qu’il n’est pas « l'homme le plus fiable pour prêcher la démocratie et (favoriser) le pouvoir civil ».

Jakaya Mrisho Kikwete, Président de la tanzanien, représentant de l’Afrique digne et réellement souveraine. On le dit proche de Jacob Zuma. Il pourrait être considéré comme celui qui traine le moins de casseroles dans ce panel. Il est né le 7 octobre 1950 et est le président réélu de la Tanzanie depuis octobre 2010, après un premier mandat en 2005. M. Kikwete a été élu président en exercice de l’UA le 31 janvier 2008. Candidat du parti révolutionnaire, au pouvoir depuis 1961, ce n’est qu’en 2005 qu’il a remporté l’élection présidentielle dans son pays.

Idriss Deby Itno, Président controversé du Tchad, marionnette en chef aux mains de la France qui le manipule à souhait. Analphabète qui ne comprend que le langage de la kalachnikov. Chef de bande et de la tribu minoritaire des Zagawas au pouvoir au Tchad. Il est né en 1952 et est arrivé au pouvoir le 4 décembre 1990, avec l'appui de la France. En effet, il chasse du pouvoir son ancien compagnon d'armes Hissène Habré après une période de lutte armée menée à partir du Soudan et le remplace à cette date avec le titre de président du Conseil d'État. Il est ensuite désigné président de la République du Tchad le 28 février 1991 après l'adoption de la Charte nationale. Idriss Deby est depuis cette date à la tête du pays mais est confronté à une rébellion composée de plusieurs mouvements armés. En février 2008, il manque de se faire renverser par les rebelles qui avaient encerclé son palais. Idriss Deby exhorte alors l’Union européenne de dépêcher la force de paix EUFOR dont le contingent principal est français. Il organise des élections présidentielles dans son pays en mai 2011.
Ces 5 chefs d’Etat débuteront leur mission sur la Côte d’Ivoire dans trois jours. Une attention particulière sera portée sur les faits et gestes des marionnettes au sein de ce panel, qui par leurs actions nocives peuvent faire dérailler à tout moment la médiation de l’Union africaine.
L’un deux, Blaise Compaoré, a été à la base de la présence du Président Sarkozy à Addis Abeba, alors qu’il n’avait rien à y faire.

Serge Touré

Publié dans Diplomatie

Commenter cet article