Paradoxe… C’est plutôt le Léviathan qui a peur

Publié le par thruthway

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En deux mots, la peur est un sentiment d’insécurité. Sa mesure est fonction de la grandeur de la menace. La peur du Léviathan répond ici aux deux sens de son acception. Il inspire la crainte au peuple par sa monstruosité au sens où le philosophe allemand Friedrich Nietzsche peut dire que l’Etat est un monstre froid qui ment froidement et qui peut broyer froidement son peuple.

 

Un autre, anglais celui-ci dira que c’est de la crainte de la capacité de nuisance du Léviathan que provient la quiétude dans la société des hommes qui sont naturellement enclins à être des loups les uns pour les autres. Ici, aussi paradoxal que cela puisse paraître, c’est le Léviathan qui a peur. Non pas au sens où, il n’est pas au dessus de la loi et exonéré des représailles de son arsenal de répression, mais au sens machiavélique du terme. Le Prince de Machiavel enseigne que le Prince doit être craint, mais cependant ne pas être haï. S’il est haï, il retourne le peuple contre lui, s'il est seulement craint, il maintient son autorité et son pouvoir. Aussi est-il de ce point de vue de bonne politique de maintenir la peur, sans pour autant qu’elle se transforme en haine.

 

Un peuple maintenu dans la peur reste « tranquille ». Il n’ose pas se dresser contre le pouvoir. Un peuple qui se met à haïr son souverain cherchera à le renverser et il suivra ceux qui le conduiront à la révolte. Que faut-il dire de cette peur obsessionnelle qui trouble le quotidien du Prince ivoirien ? Qu’a-t-il fait au peuple au point d’en avoir une peur si bleue ? Faut-il penser que le Prince Dramane Ouattara a tellement traumatisé le peuple ivoirien qu’il a pris lui-même conscience que sa peur s’est transformée en haine ?

 

Une chose frappe aujourd’hui les observateurs attentifs de la vie politique en Côte d’Ivoire, un chef d’Etat ne s’est jamais autant soucié de sa sécurité. On en déduit qu’un chef d’Etat n’a jamais autant méprisé un peuple qui le lui rende donc bien.



Joseph Marat 

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