REBONDISSEMENT DANS L’AFFAIRE "SATAREM-GREENSOL" : OULOTO DANS UN AUTRE SCANDALE !

Publié le par thruthway

Gestion des déchets dans le district d’Abidjan

 

Anne Ouloto roule des investisseurs belges dans les ordures

 

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Pendant que l’adjudication du marché de la gestion des ordures dans le district d’Abidjan fait grand bruit, une autre affaire impliquant le ministère de la salubrité urbaine s’invite dans le débat.

 

 

On était habitué aux affaires de terrains urbains vendus à plusieurs personnes. Le nouveau régime vient de faire la preuve qu’un Etat peut aussi vendre le même produit à deux acheteurs.

 

Le 23 janvier 2012, Mme Anne-Désirée Ouloto, ministre de la salubrité urbaine officiellement annoncé l’adjudication du marché de la gestion des ordures dans le district d’Abidjan à la société Satarem-Greensol. Et cela au terme d’une procédure d’appel d’offre qui a allègrement mêlé délit d’initié et clientélisme.

 

La stratégie qui a consisté à cacher l’identité des vrais propriétaires de l’entreprise qui allait remporter l’appel d’offre deux semaines plus tard ressemble beaucoup plus à un acte de grand banditisme qu’à la transparence chantée par la ministre de la Salubrité urbaine. Et puis, comment une société radiée en France peut-elle subitement devenir la meilleure en Côte d’Ivoire ?

 

Les origines de la SAS

 

En attendant que Mme Anne-Desirée Ouloto explique comment cette magie a pu opérer, au nom de l’Etat de Côte d’Ivoire, elle devra s’expliquer devant la justice pourquoi elle a concédé le marché traitement des ordures à Satarem-Greensol alors que le même marché a déjà été concédé depuis 2009 à la société abidjanaise de salubrité. Doit-on croire que son désir d’offrir un marché juteux à un camarade de parti était si fort qu’elle a fermé les yeux sur tous les engagements que l’Etat avait déjà pris ? Pourquoi n’a-t-elle pas pris la peine de dénoncer le contrat qui lie la société abidjanaise de salubrité (SAS) à l’Etat de Côte d’Ivoire avant de lancer un nouvel appel d’offre?

 

La création de la SAS

 

C’est, en effet, en 2009 que, voulant résoudre d é f i n i t i v e m e n t l’épineuse question des ordures dans le district d’Abidjan, le gouvernement ivoirien a décidé de créer une société anonyme avec une participation minoritaire de l’Etat. Ainsi, avec l’appui du centre de promotion des investissements en Côte d’Ivoire (Cepici), l’Etat engage des négociations avec plusieurs opérateurs. Finalement, c’est la société belge Sirio Technologies qui est retenue parce qu’ayant présenté les meilleurs arguments techniques et financiers. Les négociations avec celle-ci aboutissent à la création de la société abidjanaise de salubrité (SAS), société anonyme de droit ivoirien dans laquelle l’Etat de Côte d’Ivoire détient 35% du capital. Les 65% revenant à Sirio Technologies. Une convention de concession du service public de gestion des déchets solides dans le district d’Abidjan pour une durée de quinze (15) ans est signé.

 

Le 25 novembre 2010, M m e N ’ G u e s s a n Kouakou Adelina, directrice générale de l’Agence nationale de la salubrité urbaine (ANASUR), adresse à la SAS un «Ordre de démarrage des prestations ». Moins de dix jours plus tard, soit le 3 décembre 2010, la SAS démarre ses activités au même moment où éclate la crise post-électorale. Elle travaille jusqu’en mars 2011 avant que ses activités ne soient interrompues par l’intensification de la guerre à l’intérieur d’Abidjan.

 

Dès la fin de la crise post-électorale, les dirigeants de la SAS comprennent très vite que leur société n’est pas la bienvenue dans le nouveau paysage économique. Car, malgré plusieurs relances, la ministre de la Salubrité urbaine n’autorisera jamais la SAS à reprendre les activités. Pis, elle refuse de payer les prestations de la société effectuées entre décembre et mars sous prétexte que M. Ouattara ne reconnaît pas les actes posés par le gouvernement Aké N’Gbo pendant cette période. Des prestations estimées à 864 438 736 FCFA. Qu’à cela ne tienne, la SAS manifeste régulièrement son désir de reprendre le travail. Ses dirigeants font, par courriers, diverses propositions aux nouvelles autorités. Ils estiment que le non paiement des prestations antérieures ne constitue pas forcément un facteur de blocage, mais demandent seulement que les nouvelles autorités lèvent l’incertitude sur la reconnaissance ou non de la convention de concession du service public par l’Etat de Côte d’Ivoire à la SAS. Cela rassurerait non seulement leurs banques qui commençaient à perdre patience, mais également leurs partenaires extérieurs.

 

Promesses non tenues

 

Le ministère de la Salubrité urbaine a fait d’abord croire que la concession n’est pas remise en cause. Puis on commence à leur faire des propositions indécentes avant qu’ils ne se rendent compte qu’ils ont été tout simplement roulés dans la farine pour ne pas dire les ordures.

 

« Le 7 juillet 2011, nous avons eu une séance de travail avec le directeur de cabinet adjoint du ministre de l’Economie et des finances. Il nous a fait mention de la volonté des nouvelles autorités de tout mettre en œuvre afin que la SAS soit confortée dans ses droits. Il s’agit pour eux de reprendre la convention de concession du service public accordée à la SAS et établir le marché qui l’accompagne afin que toutes les signatures autorisées y figurent », témoigne le directeur général de la SAS, M. Luc Bilau dans un mémo adressé à son conseil la Scpa Abel Kassi-Kobon et associés. Et il poursuit : « nous avons été ensuite reçus le 13 juillet par le ministre de la Salubrité urbaine. (…) Madame le ministre nous a confirmé que la convention de la SAS ne subirait aucune modification importante. Cependant, les prestations effectuées par la

SAS pour la période allant de décembre 2010 à mars 2011 ne seraient pas payées ».

 

Mais de toutes ces promesses, rien ne sera concrétisé. Puisque le ministère de la Salubrité urbaine a lancé un appel d’offre des plus controversé qui a abouti à la sélection d’un nouvel opérateur qui n’a aucune référence à faire valoir. Pendant ce temps, la SAS qui a investi près de deux milliards de francs pour acquérir du matériel de travail ne sait plus à quel Saint se vouer. Harcelée par les banques et son personnel mis en congé forcé, la SAS ne trouve pas une oreille attentive auprès des nouvelles autorités.

 

Maintenant que Mme Anne-Désirée Ouloto est allée au bout de sa logique et qu’elle semble tenir les dirigeants de la SAS dans un mépris royal, il ne reste plus que la solution judiciaire pour trancher. Et même si jusqu’à présent la justice ivoirienne tente de louvoyer elle sera bien obligée de dire le droit. Si elle ne veut pas décourager les futurs investisseurs étrangers.

 

Pour plus d'information sur cette scandaleuse affaire, cliquez ici

 

Augustin Kouyo

Publié dans Economie

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Affacturage 07/02/2012 08:44


Merci d'avoir présenté cette histoire...Je le trouve vraiment très important et bonne info à lire, je vais le partager avec mes potes