Syrie : Enfin la vérité sur Alep, ce que la population syrienne veut vraiment

Publié le par thruthway

http://photo.europe1.fr/infos/international/syrie-alep-asl/21588361-1-fre-FR/syrie-alep-asl_scalewidth_630.jpg

 

 

A Alep, “les gens veulent voir l’ordre restauré”

 

Témoignage d’un habitant de la ville. Anti-Assad, il condamne les pratiques de l’Armée libre.

Sous le pseudo ”Edward Dark”, ce “militant pour une Syrie démocratique” participe à la révolte en Syrie. Pourtant, sous les bombes, à Alep, il condamne les pratiques barbares du régime mais aussi la violence des soldats de l’Armée libre syrienne. 


Quelle est la situation sécuritaire en ce moment à Alep ?


- Certaines zones, celles sous contrôle du régime, sont relativement calmes, tandis que les autres, sous contrôle des insurgés, subissent tous les jours des attaques. Le régime tente de bombarder les positions des rebelles, qui sont souvent dans des maisons, des écoles, des hôpitaux et des mosquées, avec une artillerie imprécise et des bombardements de l’aviation qui touchent les maisons des civiles. Les rebelles utilisent aussi des tirs de mortiers pour attaquer les positions du régime et les manquent également, touchant là-aussi les habitations.


Y a-t-il beaucoup d’habitants d’Alep au sein de l’Armée libre dans la ville actuellement ?

- Non, l’Armée libre à Alep est formée d’hommes de la campagne ou d’autres régions du pays ou encore de combattants étrangers. Ce ne sont pas des habitants de la ville.

Amnesty international évoque dans son dernier rapport sur Alep les corps de jeunes hommes menottés et torturés, retrouvés dans les rues de la ville. Les avez-vous vus? De qui s’agit-il ?

- Oui. Ces corps sont retrouvés après avoir été jeté dehors devant le QG du Renseignement de l’armée de l’air dans le quartier de Zahra. Ce sont des hommes suspectés d’être des rebelles ou des activistes proches des rebelles tués par le régime.

On parle de files devant les boulangeries visées par des bombardements, notamment dans le quartier de Tariq al-Bab…

- Oui, il y a eu des bombardements dans ces zones sur les boulangeries. Les deux camps s’attribuent la responsabilité des attaques.

Qu’en est-il de la situation économique dans la ville ? Comment les gens survivent ?

- La situation économique est très mauvaise. La plupart des usines sont fermées et les gens sont sans emploi. La nourriture et les produits de première nécessités sont devenus très chers, tandis que le lait pour bébé et les médicaments ne sont plus du tout disponibles.

 

Y a-t-il de l’électricité ? Savez-vous si les hôpitaux arrivent encore à fonctionner ?


- L’électricité a été coupée plus d’une semaine, un peu plus tôt ce mois-ci, mais est maintenant stable en dehors de coupures sporadiques de deux heures par jour environ. La majorité des hôpitaux sont fermés car la plupart des médecins ont fui et il y a un grand manque de médicaments et de fuel pour les générateurs. Seuls quelques services d’urgence fonctionnent encore.


Que souhaitent les habitants d’Alep à présent ? Vers qui souhaitent-ils se tourner selon vous les insurgés ou le régime ?


- Les habitants d’Alep détestent l’Armée syrienne libre en raison de sa désorganisation, de son manque de stratégie. Ils n’ont amené à la ville que pillages, destruction et mort et la plupart des gens veulent les voir partir et l’ordre restauré par le régime.


Et vous ? Qu’en pensez-vous ?


- Moi et ma famille, comme c’est le cas de la plupart des Syriens, sommes effrayés mais nous avons décidé de rester et essayons de survivre jusqu’à la fin de la crise. Nous ne voulons pas de la guerre et des destructions, nous voulons que les différentes parties trouvent enfin une solution et nous épargnent ces souffrances.


Propos recueillis par Céline Lussato, par email, jeudi 23 août 2012 du Nouvel Observateur.

Publié dans International

Commenter cet article