Tout sur la stratégie d'enrichissement des chefs de guerre de Ouattara.

Publié le par thruthway

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Les larcins commis par les FRCI (Forces pro-ouattara) partout à Abidjan sont condamnables. Mais la responsabilité de la transformation d’Abidjan en vaste espace de racket à ciel ouvert revient aux hommes politiques qui ont crée une armée dont les soldats n’ont jamais été payés pendant neuf ans-et qui ne le sont toujours pas- et qui ont choisi de reproduire le schéma de « gouvernance par la violence » (selon l’expression du sociologue français Michel Galy) dans tout le pays.

La situation apparaît dans toute sa monstruosité lorsqu’on lit les rapports des Nations unies et ONG comme Global Witness. Cette dernière dans un texte intitulé « Cacao chaud », comment Koné Zakaria, par exemple, s’est enrichi grâce à la contrebande de cacao. Fin 2002, en plus des taxes de protection, le cacao a été assujetti à une taxe de 50 F.CFA (0,10 dollar us) par kilogramme. Les camions étaient pesés sur un pont bascule à Séguéla et la taxe était versée au commandant des FN (Forces Nouvelles) de Séguéla, Zacharia Koné.

Le système de pesage à Séguéla a été abandonné début 2003 pour un paiement standard de 2 millions de F.CFA (3 870 dollars US) par camion (ce qui équivaut environ au même tarif par kilogramme), à payer en début de trajet, à Man ou à Vavoua. Quand on sait que la production annuelle de cacao de la zone CNO (Centre-Nord-Est) est estimée à 130 000 tonnes (130 millions de kilos), on imagine les milliards brassés par l’ancien cuistot de ce chef de guerre pro-ouattara.

Plus scandaleux : dans son dernier rapport, dont la publication a été bloquée pendant plusieurs mois, le comité de sanctions de l’ONU a aussi établit que « Wattao » avait brassé, à travers la contrebande de cacao, des recettes équivalent à 2 milliards sept cent cinquante quatre millions de F.CFA. Dont l’utilisation n’a fait l’objet d’aucune forme de compte rendu.

Des années plutôt, un « câble » diplomatique français confidentiel, mis en ligne le 8 avril dernier, dénonçait  des prélèvements spontanés illégaux sur des denrées comme le carburant, le sucre, l’huile et le cacao transitant par le Burkina Faso.

Pour cette dernière denrée, le « câble » indexe nommément Issiaka Ouattara dit « Wattao ».

Ce sont donc des « aristocrates de la rébellion », s’étant enrichis grâce à leurs armes qui demandent aujourd’hui à leurs « sans culotes », qu’ils n’ont au demeurant jamais rémunéré, qui pour certains ont été payés en faux billets au moment de la bataille d’Abidjan, à qui il avait été promis en toute irresponsabilité la somme de cinq millions de FCFA par tête, et qui salivent devant les incroyables richesses d’Abidjan, une ville que beaucoup d’entre eux n’avaient jamais vue, de ne pas céder à la passion de la rapine qui caractérise leur entreprise politico-militaire. L’on comprend naturellement   pourquoi une telle « doléance » est porteuse de troubles, dont les honnêtes populations d’Abidjan, martyrisées par la guerre, seront les victimes muettes.

Source : Le nouveau courrier.

Publié dans Actualités politiques

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