Tout sur le huis clos entre Bensouda et Ouattara, les dessous d’une visite encombrante…

Publié le par thruthway

Procès du 18 juin, mandat d’arrêt contre Soro, projet de Transfèrement de Simone…  Les vérités de Bensouda à Ouattara

 

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Lu pour vous dans le quotidien « Le Temps » du 04/04/ 2012

 

Le camp Ouattara est en sérieuse difficulté face aux juges de La Haye, dans le dossier des crimes commis en Côte d’Ivoire depuis 2002. Fatou Bensouda, procureur adjoint près la Cpi, est venu dire ses vérités à Ouattara, à propos du procès du 18 juin, du mandat d’arrêt contre Soro et les ex-Com Zone, et du projet de Transfèrement de Simone. Le dessous d’une visite.

 

 

 

Fatou Bensouda, procureur adjoint près la Cpi, qui doit remplacer Ocampo en juin 2012, n’est pas venue sur les bords de la Lagune Ebrié en promenade ou encore pour fraterniser avec le nouvel occupant du palais d’Abidjan, comme on veut le faire croire. La magistrate gambienne est arrivée en Côte d’Ivoire, pour dire ses vérités à Ouattara sur un certain nombre de points qui mettent mal à l’aise les juges de la Cpi, du fait du régime en place. Selon nos sources dans les milieux judicaire et diplomatique, le premier point abordé par le futur procureur principal de la Cpi est celui des mandats d’arrêt émis contre «un certains nombre de personnalités » en Côte d’Ivoire. A ce sujet, il s’agit en fait des mandats d’arrêt apprêtés depuis le mois de février 2012 par La Haye contre Guillaume Soro et les ex-seigneurs de guerre qui se sont rendus coupables de génocides et de massacres collectifs odieux, dès 2002. Les juges de la Cpi, qui attendent le transfèrement de ceux qui doivent répondre des crimes commis par le camp Ouattara, ne comprennent pas que « les autorités ivoiriennes s’opposent à l’exécution de ces mandats». Une situation que les juges de La Haye n’acceptent plus. Ils ont donc demandé à Fatou Bensouda de venir expliquer à Ouattara que ces hésitations ne peuvent plus durer.

 

Le tranfèrement de Soro et des ex-chefs de guerre, maintenant

 

D’autant plus que la Cpi est de plus en plus gênée par le dossier ivoirien, au fil du temps et au fur et à mesure que la mobilisation pour le président Laurent Gbagbo monte à La Haye. Car l’impartialité et la crédibilité de cette juridiction internationale sont sérieusement en cause dans l’affaire ivoirienne. En effet, l’opinion internationale ne s’explique plus pourquoi les mis en cause dans le camp Ouattara n’ont pas encore comparu devant les juges, alors que le président Laurent Gbagbo sera à sa seconde comparution le 18 juin 2012. Et les critiques qui, même dans la presse française et américaines, accablent le magistrat argentin Luis Moreno Ocampo et l’accusent de partialité et de complicité avec le pouvoir d’Abidjan (voici une preuve qui a finit par convaincre les plus sceptiques de cette complicité… Cliquez ici pour le découvrir) indisposent de plus en plus les juges intègres de la Cpi qui ont refusé de marcher dans la combine des conspirateurs. C’est pourquoi la future remplaçante d’Ocampo, qui ne veut pas hériter d’un dossier empoisonné exige que Soro et ses hommes soient transférés maintenant.

 

Sur la question, elle serait, dit-on, en phase avec les Etats unis qui attendent le transfèrement des criminels du camp Ouattara et qui reprocheraient, ces derniers jours, au dictateur d’Abidjan d’avoir manqué la «capture» de Soro il ya quelques temps. Une tentative de capture avortée qui avait, l’on s’en souvient, donné lieu à un course poursuite entre le mentor du Rdr et son filleul. Le premier s’était réfugié à Paris, en prolongeant sa «visite d’Etat» par une «visite privée». Pendant que Soro se retranchait à Bouaké pour des conclaves avec ses chefs de guerre. Ce rodéo a fait couler beaucoup d’encre et de salive, non sans susciter des interrogations auxquelles les partisans de Ouattara eux-mêmes attendent toujours des réponses.

 

Lors de sa récente visite à Abidjan, Hillary Clinton, secrétaire d’Etat américain, avait fait savoir que : «Soro et les personnalités proches du pouvoir qui pourrait avoir commis des crimes en Côte d’ivoire doivent comparaître cédant la Cpi…». Il faut dire que le dossier ivoirien pourrait bientôt alimenter les débats dans les élections présidentielles aux Usa. Ils y sont déjà en France. Et les alliés de Ouattara ne souhaiteraient pas qu’on leur reproche de protéger des criminels de guerre ou de couvrir des dictateurs en Afrique. d’où l’urgence de la comparution des pro-Ouattara. Fatou Bensouda a donc invité prestement son interlocuteur à «lever les entraves» à l’exécution des mandats d’arrêts contre le camp Ouattara. Ce qui, tout lien fait, nous renvoie au projet de comparution de Simone Gbagbo. Qui, tout comme son époux, Laurent Gbagbo, président de la république lors des faits, est devenue un os dans la gorge du pouvoir en place.

 

Sur ce point, Mme Bensouda a fait remarquer à Ouattara qu’on ne saurait la détenir au nord indéfiniment. Et qu’elle doit soit être libérée, soit avoir un procès équitable, dans les mornes, en bonnes et dues formes. Or, c’est là le danger pour le pouvoir en place qui, du coup, ne souhaite plus son transfèrement à La Haye. En effet, après que Ouattara ait manigancé avec l’aide de Sarkozy pour arracher un mandat d’arrêt contre Simone Gbagbo à Ocampo, on lui a conseillé de laisser tomber le projet de déportation de la Première Dame à La Haye. Dans la mesure où, le cas échéant, son mandat d’arrêt serait obligatoirement exécuté avec ceux de Soro et des ses chefs de guerre. Car les juges de la Cpi et les alliés occidentaux de Ouattara sont catégoriques : «On ne peut pas déporter un seul pro-Gbagbo de plus à la Cpi si les pro-Ouattara ne le sont pas dans le même temps. Ce serait une injustice trop flagrante et les Usa demandent l’équilibre des choses», nous a dit une source proche de l’affaire ivoirienne à La Haye. Il va donc effectivement de soit qu’un autre transfèrement qui frapperait le seul camp Gbagbo serait un discrédit pour la Cpi qui aura du mal à expliquer pourquoi elle ne s’acharne que sur un camp seulement.

 

Pour le procureur adjoint de la Cpi, il faut que, dorénavant, «les deux camps soient entendus, impérativement». Ainsi donc, ironie du sort, livrer Simone Gbagbo revient, pour le pouvoir, à livrer Soro et les chefs de guerre qui ont mis en place l’ex-rébellion armée dans le but d’installer Ouattara au pouvoir. Ce qui a été fait avec l’aide de l’armée française stationnée en  Côte d’ivoire. Un pas que Ouattara ne serait pas prêt à franchir, dans la situation délicate où il se trouve. Car, Soro, aujourd’hui dauphin constitutionnel de Ouattara, en sa qualité de président de l’Assemblée nationale, s’est dit en mesure de donner une réplique à son mentor. «Je suis (toujours) à la tête d’une armée», avait prévenu le chef de l’ex-rébellion qui occupe toujours le nord du pays avec des armes.

 

Un affrontement ouvert entre les deux «partenaires» aurait des effets désastreux pour le pouvoir. Et même si Ouattara venait, d’une façon ou d’une autre, à bout de son petit, la dislocation de l’ex-rébellion pas sa décapitation pourrait être fatale au pouvoir en place. D’autant plus que c’est l’ex-rébellion qui en constitue la substance première.

 

 

Le transfèrement de Simone, un casse tête

 

Aussi Ouattara, qui découvre subitement que «la justice ivoirienne est compétente pour juger les crimes de guerre», refuse-til que Simone soit transférée à La Haye. Car elle s’y rendra forcément avec avec Soro et le autres. «Ouattara refuse de faire feu maintenant que la cible est à bout de fusil», ironise un observateur. Mais face aux tergiversations de Ouattara, le procureur Bensouda l’a placé devant ses responsabilités. Parce que le fait de décréter que tous les criminels de guerre seront jugés en Côte d’Ivoire annule, par ricochet, les poursuites contre Laurent Gbagbo devant la Cpi, du moment que ce sont des faits de même nature qui sont reprochés à tous. Pourquoi, pour les mêmes crimes, le président Laurent Gbagbo serait-il jugé par la Cpi, alors que les autres le sont par la justice ivoirienne qui en a les «compétences», d’après Ouattara ? D’où la question de la relaxation pure et simple de Laurent Gbagbo par la Cpi et son retour en Côte d’Ivoire. Toute chose qui démontrerait à la face du monde que les accusations contre les prisonniers politiques de la France ne sont qu’un grossier montage, un complot honteux. Ce serait alors triomphe de la vérité sur la manipulation et l’imposture. Mieux, une grande victoire pour l’illustre prisonnier.

 

Un autre point à l’ordre du jour de la rencontre a été, à en croire nos sources, les enquêtes en cours à l’ouest de la Côte d’Ivoire sur les crimes des ex-rebelles pro-Ouattara. Là aussi, la Cpi aurait noté des «entraves ». C’est pourquoi le procureur adjoint Fatou Bensouda demande que tous les charniers et les fosses communes qui ont été identifiés par les experts de la Cpi fassent l’objet de fouille et que l’exhumation des corps soit possible. On sait que Ouattara prépare une tournée dans l’ouest montagneux où les ex-rebelles ont perpétré des atrocités d’une rare ampleur. Chercherait-on à cacher des choses ?

 

Enfin, le procureur adjoint de Cpi aurait fait part des «préoccupations» des juges de La Haye et des autorités néerlandaises au sujet des menaces du Rdr qui projette d’aller tout casser et frapper les démocrates à La Haye, le 18 juin prochain. Et demandé à Ouattara de déconseiller une telle démarche à son parti. La gambienne Fatou Bensouda a certainement noté les confessions d’Amadou Soumahoro, secrétaire général par intérim de Rdr, qui a révélé que : «tous ceux qui se sont attaqués à Ouattara sont actuellement au cimetière».

 

A la vérité, la visite de la future remplaçante de l’Argentin Luis Moreno Ocampo n’est pas de bon augure pour Ouattara. L’homme est bien emmerdé, à quelque mois du départ de son «ami» Ocampo qui s’est discrédité dans l’affaire ivoirienne.

 

 

K. Kouassi Maurice

Publié dans Actualité judiciaire

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KONE MAIMOUNA 05/04/2012 18:32


Merci Camarade Maurice pour cette information de taille. Ce n'est que le début pour dramane. Très bientôt, il n'aura que ses yeux pour pleurer. La VERITE finit toujours par triompher. Que Dieu se
souvienne de tous ceux qui sont en prison afin qu'ils soient libérés et des réfugiés et exilés pour leur retour dans leur pays. Ce n'est pas juste que des Ivoiriens (les vrais) soient hors de la
Côte d'Ivoire et les étrangers occupent illégalement leur pays. Sachons que Dieu est lent à la colère, mais il agit à coup sur.