VIOLENCES AU MEETING DU FPI, DES REVELATIONS QUI CONFIRMENT LA THESE DU COMPLOT…

Publié le par thruthway

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            Un civil victime de la barbarie de la milice pro-ouattara

 

 

 

 

 

Qui croyait prendre se trouve finalement pris. Le pouvoir qui ne veut pas d’une opposition, pensait tendre une embuscade au Fpi, le samedi dernier à la place Ficgayo, lors de sa rentrée politique. Finalement, il se trouve pris au point de s’enfoncer dans des explications pas du tout convaincantes. Evidemment, le monde entier attendait le Fpi à ce premier rendez-vous historique. Car le discours qui a été servi est que le Fpi ne pèse rien en Côte d’Ivoire. Même Choi, l’arbitre onusien s’est à son tour, vu obligé de s’inviter dans cette messe anti-Fpi pour dire que «Gbagbo ne pèse plus rien Côte d’Ivoire» A défaut donc d’interdire cette rentrée politique, le pouvoir a préféré user de coups bas pour casser du Fpi. A la vérité, le meeting devait avoir lieu dans la journée du jeudi 15 décembre passé. Mais le gouvernement a prétexté l’organisation des législatives en ce moment, pour demander au ministre Michel Amani le président d’organisation de reporter la manifestation. Ce qui a été fait sans problème.

 

«Le gouvernement nous a dit que les policiers et les gendarmes seraient occupés à sécuriser les élections législatives. Il nous a en plus dit qu’à la proclamation des résultats, il pourrait avoir des remous. Nous avons donc décidé de reporter notre meeting au samedi 21 janvier. Comme toujours, avant d’organiser nos manifestations, nous prenons le temps de rencontrer les nouvelles autorités pour avoir une autorisation. Pour ce meeting, j’ai personnellement rencontré les ministres de la Défense et de l’Intérieur. Nous leur avons écrit. Mais ils ne nous ont jamais répondu par écrits. C’est seulement le maire de Yopougon qui nous a fait des difficultés. Mais le ministre de l’Intérieur lui demandé de nous donner l’autorisation.

Peut-être qu’il n’était pas dans le coup», explique le ministre Amani, le dimanche dernier au siège du Cnrd à Cocody.

 

L’homme va même plus loin pour dénoncer le parti pris de la rti, version édulcorée de la Tci. Pour dire à quel point le pouvoir était prêt pour saboter le meeting du Fpi. Cette chaine qui se dit pourtant média d’Etat, n’a pas pu ôter ses habits du Golf hôtel où il a vu le jour. Le spot radio-télé qui devait annoncer cette rencontre a été carrément censuré par la direction commerciale. Pas même la direction générale. «Une dame qui dirige le service marketing nous a dit que la subversion ne passera pas», révèle Amani Nguessan. En fait, cette dame en question n’est que Mariama Da Chagas, l’une des activistes du rdr qui fait aujourd’hui la pluie et le beau temps à la rti. Tout compte fait, le Fpi n’en a pas fait un problème.

 

Cap est alors mis sur l’organisation du meeting. Le vendredi 20, c'est-à-dire la veille du rendez-vous, 2 cargos de policiers sont envoyés à la place Ficgayo par le pouvoir. Objectif, sécuriser le matériel déjà installé et faire une reconnaissance des lieux. mais la plus grande surprise viendra le jour du meeting avec le dispositif sécuritaire mis en place. Et ça, le ministre Amani ne manque de mots pour le dénoncer. «Le jour du meeting, nous avons été surpris par le dispositif policier très léger mis en place. Ils étaient en petite quantité et sans armes de dissuasion.J’ai vu moi-même des policiers prendre des cailloux pour repousser les agresseurs. Le rassemblement s’est passé paisiblement avant d’être attaqué. Cette fois-ci, on nous a laissés nous installer. L’attaque a eu lieu à partir de 9h. L’objectif reste le même. Mais c’est la stratégie qui change», constate-il avec amertume. Tout était mis en place pour le complot contre le Fpi.

 

L’organisation onusienne arrivée aussi avec un bon contingent se mettra dans la danse, en laissant faire par une complicité passive. «Chose curieuse, fait-il remarquer, la barrière de l’Onuci a été franchie sans opposition par les assaillants. Et ce sont les militants du Fpi qui étaient en légitime défense qui ont été gazés par les forces onusiennes». Et parmi ses casseurs, beaucoup avaient des grenades lacrymogènes, des armes qui ne sont pas à la portée des civils. Bien d’autres avaient en plus des armes sur eux. Au point que la police se trouve obligée d’abandonner les militants du Fpi à la furia des assaillants. Au final, le bilan est très lourd.

 

Dans la soirée de ce samedi, le jeune Attié Innocent, militant du Fpi est mort à l’hôpital à la suite de ses blessures. « On nous signale d’autres morts, mais nous attendons d’avoir la confirmation avant de vous l’annoncer. Dans le quartier de Yopougon Sicogi, un militant du Fpi a été bastonné avant d’être enlevé. Jusque là, on reste sans nouvelles de lui. » Confie le ministre, président du comité d’organisation.

 

Tout le matériel technique a été détruit par les casseurs. La sono a été en plus emportée, tout comme les 40 bâches dressées pour la circonstance. Ils ne se sont pas arrêtés là. Car les gadgets à l’effigie de Gbagbo ont été pris. Certains casseurs habillés étaient même dans des tee-shirts frappés des sigles du Fpi pour piller des magasins. Histoire de jeter l’anathème sur les pro-Gbagbo. «Le Fpi se réserve le droit de comprendre et de porter plainte ne serait-ce que pour l’histoire, parce que nous savons que ça ne donnera rien. Les nouvelles autorités veulent casser le Fpi. Cela n’est pas nouveau. Ce sont les acteurs qui ont quelque peu changé. Le pouvoir a une réserve militaire pour tuer dans l’oeuf, toute contestation. Ce sont les supplétifs de la rébellion disséminés dans les quartiers et les villages. Leur rôle, empêcher l’opposition de s’exprimer. Les nouveaux loubards sont de retour. Et c’est dangereux. On veut étouffer l’opposition par des agressions de tous genres. C’est intolérable. Le mal est profond. Il faut l’éradiquer le plus tôt serait le mieux», dénonce encore vertement le ministre. Et il ne s’arrête pas là dans sa colère.

 

Michel Amani se veut encore très clair. «Le pouvoir Ouattara est à la recherche d’une légitimité qu’il n’a pas. On ne peut pas cacher le soleil avec la main. L’onction du peuple ne s’acquiert pas dans la violence. Ouattara n’a pas le triomphe modeste. Alors que quand on a gagné dans ces conditions, on doit avoir le triomphe modeste», en tout cas, bien dit pour l’histoire.

 

 

Guehi Brence

Publié dans Actualités politiques

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