Abidjan/ CEREMONIE DE RECEPTION DES PRISONNIERS POLITIQUES PROCHES DU PRESIDENT GBAGBO AU CNRD
Les images de la réception des prisonniers politiques du régime Ouattara en liberté provisoire à la date du 12 Novembre 2011. Une cérémonie qui fut très émouvante.
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En intégralité, le discours de Laurent AKOUN, lors de la cérémonie d'accueil des Prisonniers Politiques
CEREMONIE DE RECEPTION DES CAMARADES PRISONNIERS POLITIQUES ELARGIS PAR LA JUSTICE DE COTE D’IVOIRE
Camarades militants du Congrès National pour la Résistance et la Démocratie (CNRD)
Camardes du Front Populaire Ivoirien (FPI),
Camarades ex- prisonniers des goulags du nord et du centre,
Nous vous saluons !
La cérémonie qui nous rassemble cet après-midi du 12 novembre 2011 est relative à la sortie de prisons de 20 camarades sur 67 civils et militaires écroués dans le nord et le centre du pays, par les gouvernants actuels, après la tempête postélectorale qui a soufflé sur la terre d’Eburnie.
Chers camarades qui sortez fraîchement de l’enfer du nord,
La présente manifestation est destinée certes à vous traduire notre affection et notre joie de vous avoir en liberté, mais surtout à vous témoigner que l’idéal pour lequel vous vous êtes retrouvés dans cet univers carcéral des plus ardus reste encore d’une noblesse rare.
Oui, la lutte politique qui a vu éclater cette guerre était fondamentalement destinée à maintenir en Côte d’Ivoire, une société hautement démocratique. L’artisan principal de cette œuvre, celui qui subit, à ce jour, une détention bizarre dans le nord du pays est Laurent GBAGBO.
Camarades, vous aviez dans cette noble lutte le projet de bâtir chez vous un Etat de droit, c'est-à-dire, une « situation résultant pour une société de sa soumission à un ordre juridique excluant l’anarchie et la justice privée ». Malheureusement, la crise postélectorale a vu le triomphe temporaire des armes contre la démocratie ; elle a vu s’installer un état de police et une volonté affichée de détruire tout ce qui est proche de Laurent GBGBO. Et ce combat contre la démocratie que Harris MEMEL FOTÊ qualifie brillamment de combat contre l’hivernage, vous a fait séjourner dans les prisons du nord et du centre durant cinq (5) longs mois.
Ce temps passé dans l’univers carcéral oh ! Combien hostiles du centre et du nord, a été assurément long, trop long même, jouant, par moments, sur votre moral, et à certains égards sur votre détermination à continuer la lutte. Nous voulons, ici même, vous dire que vous avez fait cette prison parce que vous êtes des acteurs ayant la conviction. Et c’est pour défendre la démocratie dont Alexis de Tocqueville vante les mérites, dans « de la démocratie en Amérique 1835 » en ces termes : « elle (la démocratie) émet dans tout le corps une inquiétante activité, une force surabondante, une énergie qui n’existerait jamais sans elle, et qui, pour peu que la circonstance soit favorable, peuvent enfanter des merveilles. Là sont les vrais avantages ». En fait, si nos lectures coïncident sur cette vision dynamique du juriste et politologue français, vous devez alors comptabiliser le temps passé dans les goulags du nord et du centre comme un gain.
Oui, alors que vous étiez en prison, billonnés et subissant une kyrielle d’humiliations, nous qui sommes restés en «liberté » avions la mission ardue de dire au monde entier que vous étiez injustement retenus dans les chaînes de la détention. Nous nous sommes essayés, dans une synergie d’actions entre acteurs multiples, et vous voilà avec nous.
Aujourd’hui où vous humez l’air de la liberté, fût-elle provisoire, nous avons au pied levé initié cette rencontre de retrouvailles pour vous dire que nous sommes fiers de vous, fier du combat noble que vous menez. Soyez-en convaincus, camarades, cette lute ne connaîtra son épilogue qu’à la sortie du dernier des prisonniers.
En effet, vouloir vous rendre individuellement visite aurait été une réelle gageure de notre part, quand l’on intègre les effets dévastateurs de la tempête postélectorale. Nous voulons la présente cérémonie sobre et conviviale. Nous la voulons un temps de complicité et d’émotions fortes, car une partie des nôtres est de retour à la maison familiale et que les autres sont en route vers la même maison. En fait, nous avons eu la vive envie de vous traduire simplement notre amour, la chaleur humaine qui vous faisait tant défaut, en vous ouvrant avant tout les bras politiques avec célérité. Nous voulons juste vous dire que vous nous manquiez tout cruellement, et notre joie est grande que la justice ivoirienne ait pris sur elle de vous élargir, exprimant ainsi sa volonté de jouer sa partition dans la marche vers une société réconciliée.
Pour finir, retenez chers camarades qu’on peut tuer des combattants, on peut emprisonner des combattants, mais jamais, l’on ne peut tuer, ni emprisonner le combat.
Camarades, dans la lutte et dans l’espérance, resserrons nos rangs ! Armons-nous de courage et de détermination.
Vive la Côte d’Ivoire !
Vive les prisonniers politiques de la crise postélectorale !
Vive la lutte pour la démocratie !
Dieu bénisse la Côte d’Ivoire !
Abidjan le samedi 12 novembre 2011
Pour le FPI/ CNRD, le Secrétaire Général du FPI, Porte-Parole
Laurent AKOUN